Notre sidérurgie est-elle sortie de la crise?
1984: ARBED et MMR-A réalisent un bénéfice respectivement de 645 millions et de 113 millions de francs luxembourgeois.
Ce sont les premiers bénéfices depuis 1974.
Mais ces bénéfices bilantaires sont évidemment insuffisants pour résorber les pertes accumulées depuis le début de la crise. En effet, celles-ci se
sont élevées au 1er janvier 1985 à plus de 18 milliards pour ...
1984: ARBED et MMR-A réalisent un bénéfice respectivement de 645 millions et de 113 millions de francs luxembourgeois.
Ce sont les premiers bénéfices depuis 1974.
Mais ces bénéfices bilantaires sont évidemment insuffisants pour résorber les pertes accumulées depuis le début de la crise. En effet, celles-ci se
sont élevées au 1er janvier 1985 à plus de 18 milliards pour l'ARBED et à plus de 1,6 milliards pour la MMR-A.
De plus, il est tentant de relativiser encore "la bonne nouvelle" en rappelant que le montant des aides publiques a largement dépassé, en 1984, le montant des bénéfices.
Deux autres remarques s'imposent alors: La sidérurgie luxembourgeoise est de loin celle qui, dans la Communauté des Dix, a touché le moins d'aides publiques
nationales en comparaison avec les reductions
de capacites de production en aciers lamines
a chaud. D'autre part, les resultats d'exploitation
de 1984, compte non tenu des aides publiques, sont
largement positifs et meme parmi les plus favorables
jamais enregistres par la siderurgie luxembourgeoise.
C'est ce qui, du point de vue industriel
et commercial, est le plus decisif.
LA RESTRUCTURATION FINANCIERE DOIT ENCORE ETRE
ACHEVEE
L'objectif de la restructuration financiére, fautil
le rappeler, est de reduire la charge financibre
des societes siderurgiques a un pourcentage acceptable
du chiffre d'affaires. Pour contribuer a ce
faire, l'Etat luxembourgeois s'est propose d'injecter
dans la siderurgie quelque 9,1 milliards de
francs en augmentant en contrepartie sa participation
financiere dans les deux societes. Bien que le
Gouvernement estime qu'il s'agit la d'un echange
equilibre, la Commission des Communautes Europeennes
qui doit recevoir communication de toutes
les interventions publiques dans le secteur siderurgigue,
n'est pas prete a considerer que les 9,1
milliards ne comportent aucun element d'aide. Sa
reponse se fait encore attendre. Si elle conclut a
la presence d'elements d'aide, exigera-t-elle des
compensations? Si oui, lesquelles?
LA RESTRUCTURATION INDUSTRIELLE NEST PAS ENCORE
TOTALEMENT REALISEE
Certes, les reductions de capacites exigees par la
Commission (96o.000 t de lamines chaud) ont ete
effectuees; la fermeture du Steckel a meme abouti
a un excedent de suppression de capacites de l'ordre
de 335.000 t. 25o.000 t en ont ete temporairement
mises a la disposition de Cockerill-Sambre.
Toutefois, les investissements prevus par le plan
de restructuration industrielle sont loin d'être
realises. Le seront-ils aprbs 1985, dernibre annee
du code des aides specifiques a la siderurgie communautaire
et du dispositif anti-crise? Si oui, a
l'aide de quels moyens seront-ils finances?
QUELLE POLITIQUE SIDERURGIQUE COMMUNAUTAIRE APRFS
LA FIN DE CETTE ANNEE?
Comme evoque ci-dessus, le 31.12.1985 est one date
fatidique puisqu'elle marque la fin de l'interventionnisme
voire du dirigisme communautaire en mati@
re de siderurgie: expiration des r@gles d'organisation
du marche communautaire (quotas de production
et de livraison, prix, etc.) et de la politique
commerciale vis-a-vis des pays tiers. Ces mesures
seront-elles reconduites tel quel? Serontelles
assouplies de mani@re a assurer une transition
avec un avenir non interventionniste? Ou estce
que, les objectifs du plan Davignon semblant
plus ou moins atteints d'ici la fin de l'annee, la
siderurgie communautaire sera-t-elle soumise aux
seules forces du march-6?
Cette dernibre hypoth@se ne parait ni realiste, ni
souhaitable. Differents faits sont la pour en convaincre;
nous n'en citerons que deux:
1) la nécessite qu'il y aurait a supprimer encore
une fois des capacites de production considerables
dans la siderurgie communautaire (2o-25
millions de tonnes d'ici 199o?),
2) le protectionnisme reaganien qui frappe durement
les acieries europeennes, de meme d'ailleurs
que les acieries de nombreux pays tiers
qui, en cas de liberalisation totale du march@
europeen apr@s 1985, risquent d'y deverser
leurs productions excedentaires.
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