forum-Redaktion, Paulino Evora
L'Eglise au Cap-Vert
Interview avec l'évêque du Cap-Vert Dom Paulino Evora
Lors du séjour de DOM PAULINO EVORA, évêque du Cap-Vert, au Luxembourg, nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec lui et de lui poser quelques questions sur la situation générale de l'Eglise catholique au Cap-Vert, sur ses problèmes et difficultés spécifiques, sur son foctionnement et ses projets d'avenir.
Après la découverte du pays au XVe siècle, ce sont les Franciscains q ...
Lors du séjour de DOM PAULINO EVORA, évêque du Cap-Vert, au Luxembourg, nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec lui et de lui poser quelques questions sur la situation générale de l'Eglise catholique au Cap-Vert, sur ses problèmes et difficultés spécifiques, sur son foctionnement et ses projets d'avenir.
Après la découverte du pays au XVe siècle, ce sont les Franciscains qui ont pris en main l'organisation d'un diocèse. Les évêques nommés venaient du
Portugal et faisaient également partie, la plupart du temps, de la congré-gation franciscaine.
Le pourcentage des catholiques est aujourd'hui
tres eleve. On peut compter 9o% et meme un peu
plus, tandis que d'autres communautes ne sont representees
que minoritairement. Il n'existe pas
de religion d'origine africaine proprement dite,
meme si quelques petits groupes religieux subsistent
ici et la, qui sont nes par opposition, soit
aux methodes nouvelles des missionaires venus
apres 1941, soit pour des raisons d'opposition
politique.
Le Cap-Vert ne constitue qu'un seul grand diocese,
comptant 3o paroisses. Le pays souffre dun manque
de pretres important. Actuellement il compte 45
pretres (religieux et eveque inclus) pour servir
l'Eglise. La plupart des pretres font partie d'une
congregation religieuse et ne dependent pas de
l'eveque, ce qui rend difficile l'elaboration
dune conception pastorale globale.
Parmi les religieux on compte beaucoup d'etrangers
et les Cap-Verdiens eux-mémes sont peu nombreux.
Les Congregations envoient leurs pretres a travers
le monde entier et il peut arriver que des Cap-
Verdiens travaillent dans d'autres pays et non sur
leurs Iles. L'eveque actuel lui-meme, est le premier
eveque d'origine cap-verdienne. Il avait
d'abord ete professeur au Portugal, ensuite
avait ete envoy@ en Angola et ce n'est qua partir
du moment ()CI il a ete nomme eveque qu'il est revenu
au pays.
Les religieuses sont un peu plus nombreuses, mais
beaucoup d'entre elles travaillent et etudient
egalement en dehors des Iles.
Les seminaristes cap-verdiens vont faire leurs
etudes de theologie et de philosophie soit au Portugal,
soit au Bresil. Actuellement il y en a 3
au Bresil et 2 au Portugal, et ceci malgre un
grand seminaire bien frequente au Cap-Vert. Dans
la mentalite des gens, le seminaire a une fonction
de lycee o0 les jeunes recoivent une bonne formation
et education. Nombreux sont ceux qui s'inscrivent
au seminaire, mais peu se sentent appeles
a devenir pretres.
L'eveque du Cap-Vert ne fait pas partie d'une conference
episcopale. La communaute chretienne est
directement rattachee au Saint Siege. Actuellement
des demarches sont en cours pour le rattachement
au Senegal, malgre des mentalites assez differentes
dans les deux pays. Cependant, le contact avec
d'autres serait tres important, car les Iles sont
fortement isolees et il est difficile de travailler
tout seul. Malgre des problemes differents
d'un pays a l'autre, certains eveques tentent donc
de creer une conference episcopale.
L'Eglise est independante de l'Etat. L'etat laic
laisse en principe faire les Eglises et cherche a
professer la tolerance. Il ne donne aucune subvention,
aucune aide financiere. Des ecoles confessionnelles
proprement dites n'existent pas au Cap-
Vert. Certains cures ont fonde ici et la quelques
ecoles pour aider les eleves defavorises, p.ex.
ceux qui n'ont pas assez d'argent pour se deplacer
dans les grands centres pour faire leurs etudes.
Souvent l'Eglise prete des salles a l'ecole publique.
Les cours de religion cependant sont
defendus dans les ecoles. La catechese se fait en
dehors de l'horaire scolaire et l'eveque trouve
cela plus profitable pour la communaute.
Les laics participent activement a la catechese.
Pour le moment le diocese compte 3000 et quelques
catechistes. Il y a une ecole pour catechistes a
l'Ile d Fogo. Les candidats restent dans l'ile
pendant deux annees et ne rentrent que pour les
vacances. L'ecole est financee avec l'aide du
Saint Siege et de Missio. Apres leur formation,
les catechistes retournent dans leur paroisse et
leur renumeration dependra de chaque paroisse. Les
uns seront payes, les autres resteront benevoles.
La plupart d'entre eux cependant sont tres motives
pour leur travail. Ils ont ete envoyes, choisis
par leur paroisse pour se devouer a ce servi-
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ce. Certains animateurs sont payês frace au support
de Missio, Miseror et d'autres organisations.
Les paroisses prennent en compte les missionnaires)
mais les prëtres gagnent três peu, moins que le
salaire minimum accordê a un ouvrier dans le cadre
de l'Etat.
L'Eglise est propriêtaire de quelques terres, mais
les habitants qui les exploitent n'ont pas les
moyens de payer une location. Le Cap-Vert est un
pays pauvre. Les immigrês hêsitent d'investir dans
un pays dont on ne connalt pas l'avenir. D'aprbs
Mgr. Evora la situation est dramatique. Pour
l'Eglise il s'agit d'aider les gens a connaitre
leurs problêmes afin de chercher des voies nouvelles
pour les surmonter. Il faut dêcouvrir des
valeurs nouvelles, rendre conscients les gens,
chercher de nouvelles mêthodes de travail, bref
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