Une O.N.G.D. luxembourgeoise au Népal
Une seule ONGD (organisation non-gouvernementale de développement) luxembourgeoise travaille actuellement au Népal, celle des "Eclaireurs et Eclaireuses pour le développement communautaire". Derrière ce nom un peu rébarbatif se cache en fait la FNEL (Fédération Nationale des Eclaireurs et Éclaireuses du Luxembourg), le mouvement scout mixte et laïque du Luxembourg. Cette associatio ... Une seule ONGD (organisation non-gouvernementale de développement) luxembourgeoise travaille actuellement au Népal, celle des "Eclaireurs et Eclaireuses pour le développement communautaire". Derrière ce nom un peu rébarbatif se cache en fait la FNEL (Fédération Nationale des Eclaireurs et Éclaireuses du Luxembourg), le mouvement scout mixte et laïque du Luxembourg. Cette association a décidé en 1989 de lancer une campagne d'aide au développement. En effet, comme le scoutisme rassemble des jeunes des pays riches aussi bien que des pays pauvres et si le concept-clé du scoutisme "frère/soeur scout/guide" veut garder un sens, le scoutisme ne peut pas ne pas faire de l'aide au développement un de ses engagements majeurs en cette fin de siècle. C'est pour cela que le Bureau Mondial du Scoutisme avait encouragé ses associations- membres exécuter des projets de développement entre eux. Fondée le 30 novembre 1989 et agréée parle "Ministère des Affaires Etrangères du Commerce Extérieur et de la Coopération" luxembourgeois (MAE) le 8 décembre 1989, l'ONGD de la FNEL a depuis lors été impliquée dans de multiples activités initiées par elle-même, mais aussi par d'autres organismes ou d'autres personnes et ceci exclusivement au Népal. Pourquoi précisément le Népal, pourquoi l'Asie et pas l'Afrique? Cette décision a été prise non pas après une longue étude, mais plutôt empiriquement, sur la base de contacts personnels que le Commissaire Général de la FNEL avait pu créer avec les NEPAL SCOUTS à la suite de nombreux voyages privés dans ce pays. Avec beaucoup de candeur, de naïveté, mais un coeur gros comme ça la FNEL se lançait dans l'aventure. Dès le début il était donc clair qu'il ne s'agirait pas seulement de recueillir de l'argent et de le transférer au Népal, mais bien d'engager les jeunes dans la réalisation concrète d'un projet de développement. Cet aspect, que je qualifierais pédagogique, de l'aide au développement pratiqué par la FNEL, est une caractéristique qui la distingue des autres ONGD (mises à part celles des autres mouvements scouts/guides du Luxembourg). On nous a reproché nos camps répétés au Népal, arguant du faible apport pour la population locale d'une présence dans le pays cible et de l'impact écologique globalement négatif de si longs voyages. L'argument est certainement valable. Mais c'était oublier que la visée d'une ONGD comme celle de la FNEL est double: l'aide au développement et l'éducation des propres november 1994 membres. Il ne faut pas oublier non-plus que tous ces voyages (250 participants à environ 50.000 francs hors frais personnels) ont drainé une somme considérable de fonds vers le Népal: au bas mot 12,5 millions de francs luxembourgeois. Inutile de préciser que les jeunes qui sont allés au Népal ont financé eux-mêmes leur voyage et leur séjour. Les arbres Tout commença avec un projet de reboisement dans la vallée de Katmandou. Les NEPAL SCOUTS avaient commencé avec des actions de reboisement et accueillirent favorablement notre intention de les y aider (tout comme celle des scouts danois l'ont fait d'ailleurs). Le reboisement est d'une importance capitale au Népal. Le bois est, en effet, la seule ressource énergétique pour la très large majorité des habitants. Or, jusqu'à récemment, ce déboisement massif n'a pas été suivi de reboisements, si bien que les collines et les montagnes, très abruptes dans l'Himalaya, ont connu une forte érosion. Les glissements de terrain qui en résultent constituent non seulement un risque permanent, mais grèvent aussi lourdement l'économie népalaise, car les routes et les ponts sont entraînés. Ainsi au cours de l'été 1993, toute l'activité économique du pays avait été mise en veilleuse après que des pluies violentes aient détruits le principaux moyens de communication. Concrètement le projet consistait à - reboiser un terrain de 4,5 hectares situé près du village de Godam Chowr (commune de Bisankhu Narayan) situé à une quinzaine de kilomètres de Kathmandu, la capitale du Népal; - entourer ce terrain d'une clôture afin de préserver la plantation de pâtures sauvages; - aider à sensibiliser la communauté locale à la nécessité de reboiser. Il s'agissait d'un projet à réaliser sur une période de 3 ans (1990/1991/1992) en collaboration avec les Ranger et Rover Népalais et il portait sur 2.584.500 FLUX. Il était cofinancé à 100% par le MAE. Le travail de plantation a été très pénible, car le terrain prévu était situé dans une colline très escarpée. La première année (1990) il fallait débroussailler le terrain et planter les arbres (épicéas et arbres fruitiers locaux). Il s'est avéré après une année qu'une partie des résineux n'avaient pas pris souche. Il a été décidé d'utiliser d'autres essences par après. AliP ^,^ • 25 Il ne devait pas s'agir seulement de recueillir de l'argent et de le transférer au Népal, mais bien (l'engager les jeunes dans la réalisation concrète d'un projet de développement. it i^,t►iv+► ' ^ 'j► ^i^^ :^^►^` ^ ..,L^* 1^ ^f; ^ Är^ ^^^^^^1^^^lt^ir^^^i ^/i^^^ ►^^^1^11^*a^^iJ^►I^ ^ 1.^^,t^►/^^S:r^^^^^^r^L`^^^^^^1^:-^^:^.,pi^i^ ^^"^!1 , ^, 1 ^ ^• ^. `=`;r^ •^,^`^;;i^^ll!'►^^^^ ..^ ^+^^^ ^^^ ^^110k ^ a• '^ ^^• =.t,n ^^^6^^^ • ^,` t^ , •" ^` ^ ^ i1^^^tt^ti ^;,^ ^► lo ^^^ P ',.1^ÿ w. ..^^ ^^ i ^, -^,^^ ►L1^^^^ ^ r •^ ,^) ^ .^^ti. ii..,,t •^ ►v>ii• wagt .; ^W ^ ^^^1i ^ i; •^1"^%1^^^1^^ ;^^ ►^^I to y ^^^►^^^t'^ ^/ ^^^^^ •.r1^^r•à .^^/ ►^y►^^1 1^tr^ ^ iI tI^I ►^`_;^ ^1! I^ ^' t1e11 ^^^^ ^^i^^► ^t^^`! 4►t e^/i^^^l .^^.^ e,. .^^1 `r ^ :^ /^^ ^ 4 ^`^^^i.^ , r^^^/ Dossier En 1992, un feu de forêt a brûlé une partie de notre plantation. Il faut dire qu'à cette époque le Népal connaissait une très longue période d'extrême sécheresse et que les feux de forêts étaient à l'ordre du jour. Les espèces à planter cette année ont été choisies par un ingénieur-agronome qui faisait partie de l'équipe et qui s'était informé sur place dans la littérature scientifique népalaise de la végétation locale. Il s'agissait de: 1) PINUS roxburghii; 2) PINUS wallchiana;3) POINU; 4) BAKAINO; 5) KALKI PHUL; 6) CHANT (CHAP); 7) GOBRAY SALLOW. Les espèces 3 à 7 sont des essences locales très intéressantes, car il s'agit de feuillus fruitiers dont la population locale pourra avoir un bénéfice par la vente des fruits. Il a été très difficile de faire un travail de sensibilisation. Au Népal il n'existe guère de structure comparable à nos villages, du moins en ce qui concerne les petites collectivités situées dans les campagnes. Les maisons sont éparpillées dans la nature, parfois sans véritable centre où les activités principales se dérouleraient. Ainsi nous avons mis longtemps à pouvoir délimiter exactement le village de Godam Chowr. En outre, il n'y avait en ces années-là guère d'autorité civile à laquelle on aurait pu s'adresser pour lier des contacts avec la population. népalais successifs commence à toucher les villageois. Par ailleurs l'intérêt pour notre équipe médicale (médecins et/ou infirmiers) était immédiat, et devant le nombre croissant de demandes, nous avons organisé durant trois de nos séjours d'été une "policlinique" dont les villageois pouvaient profiter tous les jours à heures fixes. A l'aide des Scouts et Guides Népalais qui figuraient comme interprètes, il a ainsi été possible de faire profiter jusqu'à une cinquantaine de personnes par jour de soins médicaux légers. Mais dès leur premier séjour, les jeunes, avec cette générosité qui les caractérise, ont voulu "faire quelque chose de plus". Le contact avec les villageois avait porté ses fruits. Il n'était guère concevable pour eux de repartir comme ça, d'avoir planté quelques arbres au Népal et de laisser ces villageois qui les avaient si bien accueillis. Comment aider la population de GODAM CHOWR? En juillet 1990 la situation politique au Népal était délicate. Les structures politiques traditionnelles (les panchayat) avaient été balayées par la révolution d'avril/mai de la même année. Il n'y avait surtout plus d'autorité locale, avec laquelle aurait pu être élaborée un projet d'aide pour les villageois. Le "pipai" népalais par Sabita Regmi Il n'en est pas moins vrai que les voisins immédiats du camp ont très bien compris le comment et le pourquoi de notre action. Ils ont pu profiter (de manière plus ou moins licite, mais là n'était pas le problème) des jeunes plants que nous gardions dans notre camp. De manière générale il semble bien que la sensibilisation faite par les gouvernements =^^ole En fait, la seule structure encore solide était le "Managing Board" de la "BISANKHU NARAYAN SECONDARY SCHOOL" située à Godam Chowr. Des contacts furent pris et un projet d'agrandissement de l'école vit le jour. Tout comme le premier projet, ce projet se ferait aussi en collaboration avec les Scouts/Guides népalais. Pourquoi un tel projet? Avant tout parce que l'école existante était en très mauvais état et qu'il y avait tout simplement péril en la demeure. En outre, il était évident qu'elle devenait trop petite pour la population scolaire potentielle. En 1990 quelque 400 élèves se pressaient dans dix salles de classes, mais surtout, beaucoup d'autres n'y venaient tout simplement plus parce que la qualité de l'enseignement se ressentait de ce manque d'infrastructures. Enfin, il faut compter avec un accroissement théorique de 5 -10% par an des effectifs scolaires. Quant au principe, la décision fut rapidement prise. Mais que construire au juste? Outre 9 salles de classes supplémentaires, le projet final prévoyait la réalisation d'un centre médical destiné à la population locale et d'un complexe sanitaire destiné aux élèves de l'école. En effet, il semble évident que l'on ne peut réaliser une école sans un bloc sanitaire efficace, car l'éducation à la santé est un "must" éducatif, surtout dans un pays comme le Népal. Par ailleurs, le bloc médical permettra ultérieurement à un médecin ou un infirmier de passer régulièrement à GODAM CHOWR et de pourvoir à la surveillance médicale de la population locale qui en a rudement besoin. Mais il s'agit-là d'un projet futur. Les travaux de levée du terrain ont été effectués en avril 1991 et le projet a pu êt, e présenté au gouver- _ 26 forum nr 155 Dossier MOU • 16.1=41141NOW.M. nement luxembourgeois le 29 octobre 1991. Le coût de ce projet à réaliser en 5 ans (1992/1993/1994/1995 et 1996) s'élevait à 7.802.972 FLUX. Il était accepté par le MAE qui le cofinança à 50%. En février 1992 sous l'égide de l'autorité scolaire de la "BISANKHU NARAYAN SECONDARY SCHOOL" commençaient les véritables travaux. Lors du camp d'été de la même année, 92 jeunes européens (âgés de 16 ans et plus) se sont engagés dans l'exécution de travaux durs et pénibles surtout sous ces latitudes. Creuser des tranchées, transporter des briques, réaliser un réseau électrique et une installation sanitaire modernes, aucune activité que l'on retrouve habituellement sur un chantier ne leur était étrangère. Parmi eux se trouvaient des professionnels de la construction qui ont pu ainsi montrer leur savoir-faire aux Népalais avec qui ils travaillaient en équipe. Mais il est évident qu'en trois semaines, même avec la meilleure volonté du monde, on ne construit pas une école de cette envergure. Pour que les travaux puissent tout de même continuer de manière constante, un bureau d'architectes a été chargé d'organiser et de surveiller la poursuite des travaux sous condition stricte que les habitants de Godam Chowr et de ses environs soient utilisée comme manoeuvres. Certains travaux ont été organisés et exécutés par l'autorité scolaire elle-même. Lors de ces travaux nous avons pu nous rendre compte d'une manière très concrète des problèmes qui se posent au Népalais dès qu'il y a de l'argent en jeu. Forts de notre bonne conscience et de notre portefeuille bien garni, nous avions proposé de payer les femmes au même tarif que les hommes, à savoir 60 roupies par jour alors qu'elles n'en gagnaient que 35 1 . Les autorités scolaires avaient vite fait de nous convaincre de n'en rien faire, car cela aurait mis le travail de la femme hors-prix pour des travaux ultérieurs. Néanmoins nous avons réussi à imposer notre point de vue 2 , confortés en cela par les NEPAL SCOUTS qui oeuvrent justement en faveur de la revalorisation du rôle de la femme dans la société népalaise. A l'heure actuelle les travaux sont terminés, l'ancien bâtiment a été démoli et l'école commence à fonctionner comme les bonnes écoles népalaises: le matin à 9h45 les enfants des 10 classes s'alignent dans la cour, par classe, bien propres dans leur uniforme (très en usage au Népal, mais guère à Godam Chowr jusqu'à maintenant), chantent une chanson et s'en vont dans leur classe pour travailler avec une application plus évidente que cela n'était le cas auparavant. Mais ceci ne doit pas faire oublier qu'il reste beaucoup à faire Ainsi la première année d'école primaire ne compte pas moins de 101 élèves inscrits (avec une présence d'environ 85 %) et un matériel scolaire adéquat fait toujours défaut (ce sera l'objet d'un prochain projet). Mais le personnel enseignant semble, en partie, bien motivé pour aborder les problèmes qui se posent à eux maintenant. Ceci n'est pas évident au Népal, car il faut savoir que le métier d'instituteur n'est pas du tout prisé chez les jeunes népalais, ceci d'abord pour des raisons financières. Un instituteur gagne 2 à 3000 roupies par mois et les écoles sont souvent en mauvais état. Mais la formation professionnelle semble aussi être en cause. Très peu formés pédagogiquement, les instituteurs se iiiV1n111111111111111MENEM1 Que valent nos soubresauts de charité bien ordonnée face à une réalité économique et sociale si oppressante, si lourde à gérer et peut-être impossible à changer? 11111111111111111111n1111111111111111E1 11111111111n1111111 Dossier retrouvent devant des classes très grandes, sont dépassés par les événements et se retrouvent frustrés et souvent sans motivation. Au cours de "brain-storming" avec les instituteurs locaux nous avons pu nous rendre compte de leur manque de flexibilité et d'idées, mais aussi du désir manifeste de quelques-uns d'en apprendre plus et de changer leur manière d'enseigner. C'est pourquoi nous recherchons un enseignant luxembourgeois qui accepterait d'aller à Godam Chowr pour une ou deux années afm de parfaire la formation de ces enseignants 3 . L'hôpital Dès notre premier voyage au Népal nous avions un bon contact avec un hôpital de chirurgie orthopédique pour enfants handicapés, car une Luxembourgeoise, Madame Monique Hary y travaillait alors comme infirmière. Un subside de 5 millions avait été alloué à l'ONG de la FNEL par la Ville de Luxembourg pour cet hôpital. Le 31 octobre 1990 l'ONGD de la FNEL présentait un premier projet concernant la transformation et I'- extension du "NURSING HOME FOR DISABLED CHILDREN" à JORPATI près de Katmandu. Cet hôpital avait été initié par "TERRE DES HOMMES - Suisse" en 1985. A cet effet T.d.H. avait dû s'associer avec une association locale, la NATIONAL DISABLED ASSOCIATION (NDA), propriétaire du terrain sur lequel T.d.H. érigea son bâtiment. Cet hôpital est unique en son genre au Népal. Sa population-cible sont les enfants handicapés physiques, soit de naissance, soit par accident. Ce groupe est anormalement important. Par exemple, les Népalais (vu les contraintes géographiques très particulières de ce pays) se marient très souvent à l'intérieur des mêmes familles, ce qui à la longue conduit à des dégénérescences importantes, les pieds-bots n'en sont que la manifestation la plus banale. Par ailleurs, comme les villageois cuisinent à feu ouvert à l'intérieur de leurs maisons, il n'est pas rare que les enfants s'y brûlent gravement. Souvent mal soignées, ces blessures très graves peuvent se développer en handicaps très lourds. Les enfants viennent de toutes les provinces du Népal, accompagnés de leurs parents qui restent près d'eux pendant le traitement et auxquels on inculque alors des rudiments de rééducation, pour qu'ils puissent continuer cette rééducation une fois retournés dans leur vallée, loin de la capitale. Afin de détecter les enfants candidats possibles à une telle opération et aussi de faire le suivi de la rééducation, les responsables de l'hôpital, tous Népalais sauf Robert Millmann le délégué de T.d.H à Katmandu, ont mis sur pieds des équipes d'infirmiers et de travailleurs sociaux disséminées dans tout le Népal. L'équipe chirurgicale est constituée de médecins Népalais, mais aussi de médecins étrangers de passage pour quelques semaines. L'hôpital produit soi-même les prothèses nécessaires au traitement. Le responsable du service est un ancien mécanicien de vélos qui a suivi des stages en Inde. Avec une incroyable imagination et une économie de moyens 28 ce bonhomme arrive à produire de magnifiques appareils. Au moment où notre premier projet entra dans une phase de préparation, les relations entre T.d.H. et la NDA se détériorèrent. Au cours de l'année 1992 il devenait de plus en plus clair que la situation ne pouvait plus durer et T.d.H. décida d'abandonner Jorpati et de recommencer à zéro en collaboration avec une ONG locale nouvelle à fonder pour cette fin. T.d.H. Katmandu ensemble avec T.d.H. Lausanne prit donc la décision de quitter l'ancien site et de reconstruire un hôpital entièrement nouveau pour pouvoir reprendre ses activités comme par le passé. A cette fin T.d.H. s'adressa à nous afin que notre projet de transformation et d'extension ait une nouvelle finalité, à savoir la construction de ce nouvel hôpital. Le projet total de T.d.H. porte sur quelque 51 millions de francs. Le 10 octobre 1993 après plusieurs essais infructueux (pour de purs amateurs il devient de plus en plus difficile d'organiser un tel projet, car il faut se retrouver dans les réglementations, les supposés connus etc. du Ministère), l'ONG de la FNEL présentait son projet qui garantit à T.d.H. le financement de 21.259.190 francs. Cette fois-ci le MAE acceptait le projet et le cofinançait à 200%. Le nouvel hôpital sera construit à Banepa, une petite bourgade à 25 kilomètres à l'est de Katmandu sur le "Arniko Highway", la route vers la Chine. Pour l'instant l'hôpital se trouve dans une petite maison Patan, deuxième ville de la vallée et il ne peut accueillir qu'une quinzaine d'enfants en traitement. Tous espèrent que le nouvel hôpital puisse être opérationnel fin 1995. D'autres projets Bien d'autres actions et projets de moindre envergure ont été ou seront initiés par l'ONG de la FNEL qu'il serait trop long de présenter ici. Qu'il nous soit permis ici de présenter deux projets qui bien que présentés par notre ONGD au MEA, n'en relèvent pas. Madame Claudine Hengesch, agent de la coopération du gouvernement luxembourgeois au Népal de 1991 à 1993 avait entrepris la rénovation et l'agrandissement de l'école de Kankali dans laquelle elle travaillait. Grâce à son action et son engagement, cette école, en piteux état sur une petite colline à l'ouest de Katmandu, peut offrir maintenant un enseignement de meilleure qualité à ses élèves. Les deux projets "Kankali" ont certainement eu un impact très positif. Un autre enseignant luxembourgeois qui s'est trouvé au Népal n'a pas eu de contacts avec l'ONGD de la FNEL. Enfin, il faudra signaler les séjours éducatifs de jeunes Népalais au Luxembourg. Ceci n'est pas évident, car le problème de la langue se pose de manière très crue. Les Népalais cultivés n'ont en règle générale que l'anglais comme langue étrangère. Il est donc pratiquement impossible de les intégrer dans un cursus scolaire luxembourgeois "normal". Des cours de langue intensifs sont normalement le seul enseignement qu'ils puissent suivre. Ce n'est qu'après un séjour prolongé au Luxembourg que forum nr 155 Dossier Jitendra, un de nos amis népalais, a pu s'inscrire à l'école hôtelière et suivre ces cours. Regards L'expérience faite lors du "projet hôpital" est en un certain sens la plus intéressante. Là nous avons pu voir à l'oeuvre des professionnels du développement et ceci n'est pas un reproche, loin de là! On a parfois tendance à se méfier de ces gens pour qui l'aide au développement est (aussi) un métier. Robert Millman qui est délégué de T.d.H. à Katmandu est un de ses "pros". Il a travaillé au Vietnam, au Sri Lanka et maintenant au Népal. Discret, tenace, respectueux des us et coutumes, rompu aux tractations sans fin , mais ayant toujours en point de mire le projet qu'il a à réaliser, il force le respect. Il est à la disposition des Népalais pour leur trouver et donner ce dont ils ont besoin pour cette clinique. D'autres encore sont impressionnants, tel cet ingénieur suisse auquel on demande quand les terrassements pour la route qui doit conduire à l'hôpital vont commencer, et qui répond froidement: 'en pleine mousson'. Personne ne construit durant l'époque des pluies, moins fortes qu'en Inde, au Pakistan ou au Bangladesh, mais période de pluie quand-même. Lui vous répond calmement que c'est alors qu'on voit d'où l'eau descend de la montagne et qu'on peut donc prendre les dispositions nécessaires. Banal, évident? Peut-être pas si l'on considère le nombre de routes qui, à peine construites, sont entraînées par les éboulements dus à la pluie. Pas moins intéressante est certainement l'expérience du "coefficient d'adversité des choses". A s'impliquer dans des projets de développement, on commence à mesurer (et encore) l'énormité des efforts qu'il faudrait consentir à faire pour changer la moindre petite chose. Au départ il y a les tracasseries inévitables avec l'administration gouvernementale luxembourgeoise, ensuite avec les instances responsables du pays-cible et enfin les problèmes liés à la réalisation concrète du projet. Notre projet "Hôpital" est assez éloquent à ce sujet: nous y travaillons depuis 1990 et les travaux ne font que commencer. Même un travail de bénédictin, si précieux soit-il, ne serait-il jamais qu'un grain de riz de toute la récolte qu'il faudrait avoir? Mais quels chambardements économiques faudrait-il donc pour qu'un réel transfert des richesses, un commerce juste puissent se mettre en place? Que valent nos soubresauts de charité bien ordonnée face à une réalité économique et sociale si oppressante, si lourde à gérer et peut-être impossible à changer? Et si ce que nous faisons là-bas n'était que du fignolage, nécessaire certes, mais si peu porteur de changement profond? Ce doute en soi-même serait déjà positif. Si tous ceux qui sont partis au Népal avec nous en revenaient avec cette légère incertitude et avec la conscience que les projets réalisés avec beaucoup d'engagement par toutes les ONGD ne peuvent qu'être une toute petite partie de l'aide que les pays riches fournissent au pays les plus démunis, alors seulement nos projets auraient eu une véritable finalité pédagogique. P. Ma. 1 On multipliera par 0,7 sur avoir l'équivalent FLUX. 2 Avec comme conséquence que Monsieur X ne venait travailler que le matin et envoyait sa femme au boulot l'agrès midi ..... puisqu'elle gagnait autant que lui! 3 Prière de s'adresser à la FNEL, Tél.: 48 49 55. 4 Parlant évidemment le népalais... 155 25 5 Anonym Une O.N.G.D. luxembourgeoise au Népal Nepal Dossierbeitrag
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