Source: Voice of child workers, Source: Child Labour in Nepal
La situation des filles
Il faut d'abord rappeler que la discrimination la plus grande règne entre hommes et femmes, et dès la naissance, au Népal. L'hindouisme, en partie régenté
par le système des castes, laisse peu de place aux libertés et droits de la femme, et celle-ci se trouve exposée à l'exploitation des hommes.
Parmi les formes de discrimination et d'exploitation
dont elles sont victimes, il faut ...
Il faut d'abord rappeler que la discrimination la plus grande règne entre hommes et femmes, et dès la naissance, au Népal. L'hindouisme, en partie régenté
par le système des castes, laisse peu de place aux libertés et droits de la femme, et celle-ci se trouve exposée à l'exploitation des hommes.
Parmi les formes de discrimination et d'exploitation
dont elles sont victimes, il faut citer la prostitution,
le traffic des petites filles vendues, l'exploitation
sexuelle sur les lieux de travail, dans la rue, et dans
les familles où elles sont servantes, les formes de
prostitution déguisées "Deuki et Badi", le SIDA,
l'esclavage dès l'enfance, souvent pour payer les
dettes des familles, les différences au plan des
salaires, de l'éducation et des droits civiques, les
meurtres à la naissance, les faux suicides des veuves,
les mariages arrangés des petites filles et l'analphabétisme.
La prostitution
Elle a lieu dans la rue, dans les parcs, sur la route, sur
les lieux de travail, dans les quelque 200 bordels, aux
villes frontières et dans les familles où elles sont
servantes. La prostitution concerne essentiellement
les filles dès le plus jeune âge pour une "clientèle"
principalement népalaise et indienne. Sur les deux
cent mille prostituées de Bombay, 50% sont
népalaises.
Des enquêtes récentes ont notamment révélé que les
fabriques de tapis servaient en outre de "centre de tri"
pour le trafic des filles et de bordels.
Quelques chiffres
Lors d'une observation sur six mois faite en 1988
dans la presse, 50 viols d'enfants avaient été rapportés,
dont une morte, viols perpétrés sur des enfants de
4à 12 ans.
Plus de 90% des viols ne sont pas dénoncés.
Selon le code civil, la peine prévue pour un violeur
est de 3 à 5 ans pour le viol d'un enfant de plus de 14
ans; 6 à 10 ans pour le viol d'un enfant de moins de
14 ans. La prostitution des enfant augmente de façon
alarmante dans les villes où pas moins de 200 bordels
ont été recensés.
50% des deux cent mille prostituées de Bombay sont
népalaises. 40% sont séropositives. 40% des femmes
sont mariées avant l'âge de 14 ans.
L'éducation
Des chiffres de 1976 évoquaient un taux de 96%
d'analphabétisme chez les femmes népalaises.
Si la situation a aujourd'hui évolué, surtout dans les
villes, on ne peut qu'être préoccupé par la situation
dans les villages où les petites filles secondent les
mères pour les travaux domestiques et de la ferme.
Analphabètes et naïves, elles sont exposées là plus
qu'ailleurs au SIDA.
Recrutées, enlevées dans les villages principalement,
parfois dans les rues, elles finissent souvent comme
servantes chez des particuliers. Elles sont parfois
vendues par les parents eux-mêmes, souvent trompés
par les intermédiaires recruteurs. Des dizaines de
témoignages révèlent qu'elles sont victimes de viols,
harcellement ou exploitation sexuelle sur tous les
lieux de travail où elles ont un statut d'esclave.
Des statistiques de 1988 (garçons et filles) estimaient
que 30% des personnes étaient alphabétisées, pour
une population de 19 millions de personnes.
On peut estimer la forte discrimination entre le droit
à l'éducation des filles et des garçons par les préjugés
suivants:
- Une vue traditionnelle qui juge l'éducation des
filles inutile et coûteuse;
- Les filles doivent garder les plus jeunes enfants de
la famille et s'adonner aux travaux domestiques, ce
qui rend impossible leur scolarisation;
- Les mariages arrangés qui jouent un rôle social
primordial, surtout dans les villages;
- Les raisons religieuses, surtout dans l'hindouisme
qui prohibe ou condamne la mixité. 50% des deux
cent mille
prostituées
de Bombay
sont népalaises,
40%
sont séropositives.
40% des
femmes sont
mariées
avant l'âge de
14 ans. Travail ,..,:rvage et esclavage
Pamii les travaux auxquels sont soumises les filles,
on peut citer.
- Le travail à la maison;
- Les travaux ruraux et notamment la cueillette du
thé, la culture du riz, les fardaux à porter,
- La fabrication du gravier à partir de rochers, travail
épuisant souvent réservé aux filles, les travaux les
plus nobles allant aux garçons. Les fabriques de tapis.
Servantes dans les hôtels et dans les familles.
Il existe une dizaine de formes d'esclavage et de
servage déguisées au Népal, qui feraient à elles seules
l'objet d'un dossier: celles destinées à payer les
dettes pour l'acquisition d'un terrain ou pour sa
location. Garçons et filles se retrouvent alors à
travailler sans salaire pour les propriétaires.
Deux formes de prostitution
déguisées:
Le système Deuki
Implanté dans l'Ouest du Népal, il existe encore de
nos jours et remonte à la préunification des petites
principautés du Népal. Les enfants illégitimes des
soldats en garnison étaient appelés "NAYAC". Les
filles Nayacs étaient (et sont encore) offertes aux
dieux des temples afin d'exaucer les voeux de succès
politique ou d'obtention d'un enfant mâle.
La fille ainsi offerte devient ainsi "Deuki" rostituée
sacrée). Elle n'a pas l'obligation de vivre dans le
temple mais elle a le devoir de prier la déité à laquelle
elle a été offerte et de participer à certaines cérémonies.
Sa filiation divine lui confère un statut particulier:
elle porte bonheur et elle devient le lien entre
l'homme et les dieux; on prend garde de ne pas
l'offenser.
Ce sytème crée un espace religieux et rituel où elles
sont respectées par les gens du peuple. Derrière cette
façade religieuse, les filles des Deuki sont ellesmêmes
vendues à des notables qui souhaitent en faire
l'offrande aux dieux.
Selon un rapport du Ministère des Affaires sociales
fait sur trente et une Deuki:
- 34% avaient été offertes entre 1 et 5 ans;
- 25% entre 5 et 10 ans.
Ces chiffres sont loin de représenter la réalité dc cette
population estimée à plus de 17000 femmes et
enfants.
Une fois vendues au temple, une somme d'argent ou
un lopin de terre leur sont attribué pour qu'elles
puissent subvenir à leurs besoins, sauf quand elles
sont très jeunes. La croyance populaire voulant qu'on
ne puisse pas épouser une Deuki, conjuguée à la
précarité de leur statut économique les oblige en fait
à se prostituer pour survivre ou à vivre avec un
homme.
Les enfants des Deuki ne peuvent obtenir de citoyenneté
à cause de l'absence de père légal et se retrouvent
vite marginalisés, ce qui les pousse à faire
comme leur mère et se prostituer. L'ironie dramatique
de ce système réside donc dans un statut
religieux et l'obligation de vendre son corps pour
survivre.
Lu
Les filles de cette communauté jouaient jadis le rôle
de troubadours auprès de rois et de seigneurs. Le
développement social et la déperdition culturelle ont
contraint les filles de cette communauté autrefois
nomade (Ouest du Népal) à se prostituer (principal
revenu de la communauté). C'est généralement la
police locale qui sert d'intermédiaire auprès des
élites politiques et des notables de l'administration
qui en abusent.
Sources: "Child Labour in Nepal", Omar Sattaur.
Anti Slavery internatrional. "Voice of child
workers", nos 15 et 16, CWIN.
In: Dossier no 4 de l'association "La Crysalide" 155 32 2 Sattaur, Omar. "Voice of child workers" La situation des filles. Nepal Dossierbeitrag
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