"Des bases saines et solides"
Interview avec Flavio Becca, fondateur de Leopard SA
Monsieur Becca, avez-vous décidé de vous lancer dans le sport cycliste en tant qu’homme d’affaires ou en tant qu’homme privé ?
Flavio Becca: Les deux.
La marque Leopard Trek envisage de créer un nouveau «business modèle pour le cyclisme» (Gwenaël Hanquet cité dans L’Echo du 8 mars 2011). La marque Leopard Trek cherche-t-elle la rentabilité? Et, si oui, à quelle hau ...
Monsieur Becca, avez-vous décidé de vous lancer dans le sport cycliste en tant qu’homme d’affaires ou en tant qu’homme privé ?
Flavio Becca: Les deux.
La marque Leopard Trek envisage de créer un nouveau «business modèle pour le cyclisme» (Gwenaël Hanquet cité dans L’Echo du 8 mars 2011). La marque Leopard Trek cherche-t-elle la rentabilité? Et, si oui, à quelle hauteur et à quelle échéance?
F.B.: Comme je l’ai toujours fait dans toutes mes activités, je m’inscris aussi à long terme dans ce projet. Dans ce cadre il n’est pas important de savoir quand ce projet sera «rentable», l’important étant que celui-ci soit conçu sur des bases saines et solides. À cet égard, ma famille et moi-même avons cautionné les engagements souscrits par Leopard tant vis-à-vis de l’UCI que d’autres organismes ou personnes et ce pour une
période initiale de 4 ans.
Vous suscitez l’intérêt public, au plus tard depuis que vous avez assisté aux côtés du prince héritier et de quelques ministres au lancement en fanfares de Leopard Trek devant 5000 spectateurs et 120 journalistes accrédités. Pourtant vous ne donnez presque jamais d’interviews. Êtes-vous toujours une personne privée ou peut-on vous considérer désormais comme une personnalité publique?
F.B.: Je ne me cache pas et beaucoup de gens savent ou me trouver, p.ex. lors des matches de foot dans le stade du F91 ou à des courses cyclistes. Je pense que la crise récente a rappelé à nous tous qu’un minimum d’humilité et de retenue s’imposent à nous. Je ne pense pas que j’ai tant de vérités ou de révélations à asséner pour me permettre d’abreuver l’opinion publique de paroles souvent éphémères et inutiles.
Dans le contexte du lancement de Leopard Trek, la crainte a été formulée que le mélange entre intérêts privés et la sphère politique pourrait nuire à l’image de la politique, voire du Luxembourg. Comment y réagissez-vous?
F.B.: Dans le World Tour il y a 18 équipes cyclistes qui toutes n’existent que par le soutien financier de sociétés, de groupes, d’établissements publics, … pense-t-on partout dans le monde que ces entrepreneurs font prendre des risques à la démocratie pour autant? Je ne le pense pas. Alors ne boudons pas notre plaisir d’avoir au Luxembourg deux grands champions qui ne doivent plus parcourir le monde pour réunir les moyens de pratiquer leur discipline et que cette énergie précieuse, ils puissent la mettre dans leur sport. De plus, le Luxembourg voit ainsi ses couleurs rayonner dans le monde et pas en défrayant la rubrique financière ou judiciaire des medias.
À travers les partenariats médias de Leopard Trek (avec le Luxemburger Wort et RTL), vous êtes désormais intimement lié avec les médias luxembourgeois. Cette proximité ne risque-t-elle pas de favoriser une certaine complaisance de la part des médias envers quelques-uns de vos projets immobiliers (comme Livange) ?
F.B.: Auriez-vous préféré que l’équipe Leopard Trek – et non ma personne –
établisse un partenariat avec des médias autres que nationaux ? La RTBF et le journal la Dernière Heure par exemple? Cette critique est à mon estime méprisante pour votre profession, puisqu’elle suppose que très facilement on peut vous faire perdre votre indépendance et votre liberté d’analyse et d’expression. u
(Entretien réalisé le 26 juin 2011 par e-mail. BT)
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