La scolarisation des enfants immigrés
Dire que rien ne se passe, quel mensonge!!
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Dire que rien ne se passe, quel mensonge!!
Depuis des années les problèmes que l’école luxembourgeoise crée aux élèves immigrés sont connus. Il faut cependant constater que rien ou presque rien ne se fait.
Commençons par les aspects positifs, par exemple l’expérience de Differdange. Enseignants luxembourgeois, portugais et italiens y collaborent dans ce qu’on appelle l’enseignement intégré. Pendant deux ou trois heures une partie du programme est donnée en portugais ou en italien par un enseignant de ce pays. De cette façon une collaboration s’instaure entre les enseignants et les enfants immigrés ont droit à leur après-midi libre pour faire du sport, de la musique ou autre chose. L’initiative de cette expérience est partie des enseignants de Differdange.
A Larochette les instituteurs ont mis en place eux aussi des cours intégrés, mais ils ont aussi cherché une solution aux difficultés des enfants portugais dans l’apprentissage de la langue allemande. Un instituteur donne aux élèves étrangers toutes les leçons d’allemand, avec des méthodes et livres spéciaux, élaborés en Allemagne pour faciliter l’apprentissage de la langue allemande. Cette initiative connaît un vif succès et donne de bons résultats depuis des années. Elle correspond parfaitement aux recommandations que le Ministre donne tous les ans aux communes pour adapter leur enseignement d’allemand.
Or l’inspecteur de cette zone, n’ayant sans doute pas bien lu les recommandations de son Ministre, voulait en finir avec cette initiative, et profitant des vacances d’été et de l’absence des instituteurs, réussit à convaincre le conseil communal d’abolir cette expérience. De retour des vacances les enseignants constatèrent les dégâts. Au lieu de résigner, ils luttèrent et, avec l’appui du Ministère (et donc contre l’avis de l’inspecteur), ils réussirent la veille du début des cours à la mi-septembre de faire réintroduire leur expérience.
En réponse à une question parlementaire sur cette histoire le Ministre de l’Education Nationale vient de répondre que la question de savoir si telle ou telle
mesure était meilleure pour résoudre les problèmes de la langue allemande devait être prise … par les autorités communales. Précisons que l’inspecteur de Larochette (qui a changé depuis lors), comme tous les inspecteurs, a pour rôle de mettre en pratique les recommandations et la politique du Ministre … Et si ces recommandations étaient trop vagues au point de permettre une chose et son contraire?
Revenons à un autre aspect: lors d’un grand débat public à la Chambre des Députés au mois de février 1983, (cela vient de faire 6 ans!!)) sur les problèmes de l’immigration et la scolarisation des enfants immigrés on avait parlé de beaucoup de projets, mais …aujourd’hui les résultats sont maigres. A ce moment le Ministre de l’Education avait parlé d’une grande étude qui était en train de se faire sur les problèmes des enfants immigrés en vue de trouver des solutions. Cette étude se faisait pour le compte d’une organisation internationale, l’OCDE. Depuis 1983 deux brochures avec des statistiques ont été éditées et puis plus rien. Récemment un député vient de demander au Ministre où en était l’étude. Il faut dire que le Ministère ne s’est pas reposé: depuis les 2 brochures 2 sondages ont été effectués par un institut de sondage auprès des immigrés au Luxembourg. D’après le Ministre l’étude devrait être terminée en 1990.
Une question? A-t-on le droit de se mquer de cette façon non seulement des immigrés, mais encore de ceux qui essaient de chercher des solutions pour la scolarisation des élèves immigrés. A force d’étudier pendant 8 ans un problème, on aura évité de faire quelque chose sur le terrain. Bien plus: après pareil le période le problème risque d’avoir changé, évolué au point qu’il faut faire une nouvelle étude sur les nouveaux aspects, étude qui sera peut-être terminée, si tout va bien, en l’an 2000. Belles perspectives.
Il faut en tout cas éviter de dire que l’on ne fait rien du côté du Ministère de l’Education Nationale, ce serait un mensonge: les faits nous montrent qu’on y travaille beaucoup; on étudie la question …à fond.
Serge
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