Initiativen: Les Marolles

Une rénovation pour les habitants du quartier

Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.

Une rénovation pour les habitants du quartier

Vous savez où se trouve le Palais de Justice à Bruxelles? N’importe, le quartier qui s’étend en contre-bas de cet immeuble, c’est la Marolle. Ce quartier regroupe quelque 1 200 habitants, en majeure partie des artisans, des vieilles personnes et des Nord-Africains. Les conditions de logement sont loin d’être satisfaisantes.

En 1969 l’Etat voulait exproprier le quartier et y construire les archives du Palais de Justice. Une véritable tempête d’indignation s’éleva contre ce projet de la part des habitants. Par leur lutte, ils réussirent à faire casser cet arrêté d’expropriation et d’expulsion.

Mais ils n’en restaient pas là. Sous l’impulsion du vicaire, ils s’organisaient en comités de lutte. Ils forçaient le Ministre des Travaux Publics et la Ville de Bruxelles à élaborer un plan d’aménagement en faveur des habitants actuels.

Pour éviter la spéculation le terrain fut exproprié et loué par bail emphytéotique (1) à une association de logement social. Une grande fête du quartier en 1972 célébrait l’enterrement du couple "Promoteur et Bureaucratie et de leur rejeton l’Expropriation". Des sous-comités se créaient dans les quartiers voisins (le tout étant Les Marolles). Ils sont coiffés par le comité général d’action des Marolles.

Ce comité impulse non seulement la rénovation urbaine mais il s’efforce d’établir une participation maximale des habitants en discutant avec eux les plans d’urbanisation. Un centre d’accueil a été aménagé à cet effet. Né des luttes, le comité anime aussi la vie socio-culturelle des Marolles. Citons quelques réalisations:

  • Une unité de production: la Société de développement des Marolles procure du travail de nettoyage surtout aux femmes. Cette entreprise prend la forme d’une coopérative autogérée. Elle fonctionne depuis 2 ans.

  • Le centre espagnol Ayuda mutua qui existait depuis longtemps dans le quartier participe aux efforts du comité.

  • Un centre d’accueil pour Nord-Africains a été créé par le comité d’action.

  • Un atelier populaire essaie d’intégrer les clochards dans la vie sociale en leur permettant de s’installer dans des maisons vides.

  • Une école pilote a été créée. Les jeunes de 13 ans et plus frustrés par l’école traditionnelle, y trouvent un climat favorable: ils y apprennent des techniques de rénovation de maisons tout en suivant d’autres cours. Ainsi ils auront des débouchés tout en pouvant rester dans le quartier. L’école est depuis peu reconnue par l’Etat.

Chaque année trois jours de fête relancent les luttes. Ces fêtes sont constituées à partir de ce qui se fait dans le quartier (école, atelier populaire, activités cul-

turelles des différentes nationalités). Tous les obstacles ne sont pas levés pour autant. La Marolle étant seule expropriée, d’autres parties des Marolles restent soumises aux lois de l’offre et de la demande en matière de loyer. Ainsi la création d’une zone piétonnière a attiré un certain nombre de restaurants tout à fait inaccessibles aux gens du quartier. Les loyers ont grimpé immédiatement. Preuve supplémentaire que la municipalisation des sols et des logements sociaux sont des moyens efficaces contre la spéculation.

La renovation se fait avec des fonds publics, seule garantie pour que les loyers restent à peu près stables. Mais la bureaucratie n’est pas plus rapide à agir à Bruxelles qu’ailleurs. Et ce n’est que cette année que la renovation des maisons a vraiment commencé.

Restent à analyser les relations du comité avec les autorités. Une très forte résistance se manifestait de la part des autorités locales. Mais une fois l’appui du gouvernement acquis au comité la municipalité a emboîté le pas de telle sorte même qu’aujourd’hui elle fait état dans ses publications officielles du projet des Marolles.

A travers le gouvernement belge le travail du comité a pu trouver l’appui des Communautés Européennes. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté les Marolles ont été déclarées expérience pilote et la manne européenne s’est déversée sur elle. Le projet est financé pendant cinq ans à parts égales par le gouvernement belge et la CE. La survie du comité des Marolles est garantie par la participation des habitants et par l’institutionnalisation de ses réalisations. (école et centre d’accueil reconnus et donc subsidiés, unité de production "rentable").

Quelques rapprochements s’imposent:

La renovation de quartiers est à l’ordre du jour au Luxembourg aussi. Ne citons que Pfaffenthal/Grund et Al Esch.

L’exemple des Marolles n’est pas une chimère gauchiste, mais une lutte des habitants qui a réussi à secouer les pachydermes lointains

de l’administration nationale et locale.

Nos hommes politiques, si alertes et avertis sur la scène européenne seront-ils capables de prêter oreille aux populations défavorisées des quartiers précités ou succomberont-ils aux sirènes des promoteurs? Dans un prochain numéro nous allons revenir sur le sujet du travail de quartier en Belgique et plus précisément en Flandre.

(1) emphytéotique: de longue durée (18 à 99 ans) qui confère au preneur un droit réel susceptible d’hypothèque.

Wie kann man verhindern, dass ein Kamel durch ein Nadelöhr geht?

Indem man ihm einen Knoten in den Schwanz macht.

Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.

Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!

Spenden QR Code