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DANS la province du Chimborazo, au centre de l’Equateur, 200 000 Indiens apprennent à vivre autrement. L’espoir leur est venu avec l’arrivée, en 1954, d’un évêque au diocèse de Riobamba, Léonidas Proaño. Vivant au milieu des campesinos, l’évêque a vite compris l’origine de toutes les duretés qui frappent ces paysans pauvres de la Cordillère des Andes. (…)
Depuis 1964, la réforme agraire aurait dû permettre aux Indiens d’agrandir leur exploitation trop petite, mais elle n’a pas été appliquée et les grands propriétaires continuent d’exploiter les terres des Incas, dont ils se sont emparé au mépris des besoins des indigènes. Par contre, un homme a décidé de faire un pas sur le chemin d’une meilleure répartition des terres. Il s’agit de Mgr Proaño, baptisé depuis par les propriétaires « l’évêque rouge ».
L’évêque rouge a donc distribué les propriétés de son diocèse. Trente et une familles, dont les chefs travaillaient auparavant comme ouvriers agricoles dans de grands domaines, ont reçu des titres de propriété. Mille familles au total devraient bénéficier de la réforme agraire du diocèse. Des travaux d’aménagement ont été entrepris, des coopératives ont été organisées et des cours de formation ont permis aux paysans de maîtriser les connaissances agricoles.
Plusieurs autres diocèses ont également fait don de leurs terres pour y entreprendre la réforme agraire. D’autres évêques, au contraire, ont gardé leurs propriétés afin de ne pas conduire leur diocèse à la faillite, disent-ils, et l’Eglise en Equateur est encore détentrice d’immenses domaines. (…)
Ainsi, peu à peu, depuis vingt ans, des actions collectives sont engagées et elles sont reliées les unes aux autres par Proaño lui-même. Chaque semaine, il parle à la radio en quechua, la langue des Indiens. Les communautés se réunissent pour l’écouter. Il parle des réalisations en cours. Il commente les événements. Ses paroles sont lumineuses, car il parle de la vie de tous les jours, de la situation concrète. Chacun retrouve un peu de lui-même et la volonté d’aller plus loin.
Tout cela déplaît fortement aux militaires et aux possédants. C’est trop dangereux. Dans les milieux conservateurs, l’évêque est menacé. En 1973, il est dénoncé à Rome, en vain. En 1974, la police s’en mêle. Elle pénètre dans l’église et tue un paysan. En août 1976, lors d’une réunion pastorale, dix-sept évêques et vingt et un prêtres du continent invités à Riombaba sont arrêtés, puis expulsés.
Ainsi Mgr Proaño, l’évêque des pauvres est menacé. « *Peu importe, dit-il. Si je venais à disparaître, le travail de conscientisation, lui, est indestructible. Et, quand les hommes
mes ont compris qu’ils sont exploités, ils ne l’oublient plus.* »
Thérèse Nallet in: CJN 193/mars 1978
Rassenkonflikt wird importiert
Nun sollen die Rassenprobleme Südafrikas tatsächlich nach Südamerika verpflanzt werden. Kurz vor dem Weihnachtsfest wurde bekannt, daß die bolivianische Regierung der Übersiedlung von 50 weißen südafrikanischen Farmersfamilien nach Nordost-Bolivien zugestimmt und ihnen kostenlose Bereitstellung von jeweils 50 Hektar Land und einem Haus zugesagt hat. Weitere 300 Burenfamilien haben, wie es verläßlich heißt die Einreise nach Bolivien beantragt. Das Vorhaben ist Teil eines Planes der bolivianischen Regierung, die weiße Bevölkerung des Landes durch Aufnahme von insgesamt 150 000 Farmern aus Europa und anderen Teilen der Welt zu verstärken.
Den Südafrikanern, die unter den Gesichtspunkt der Wohlhabenheit ausgesucht werden, soll in Bolivien gestattet werden, sich bis zu 4000 Hektar Land zusätzlich anzueignen.
Deshalb sollte es nicht wundern, wenn die indianischen Kleinbauern Boliviens bereits scharf gegen die „Zuwanderung rassistischer weißer Südafrikaner“ protestiert und angekündigt haben, daß „sie ihr Leben einsetzen“ würden, um dies zu verhindern. Von den 5,8 Millionen Bolivianern sind 50 Prozent Indianer, knapp 30 Prozent Mestizen und 15 bis 20 Prozent Weiße. Boliviens Militärregierung holt sich den Bürgerkrieg ins Land. Die Welt sollte diesem Treiben nicht einfach tatenlos zusehen. in: Publik – Forum Nr. 1/78 Albert Sibora
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