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La question de la législation relative à l’avortement suscite aujourd’hui bien des prises de position passionnées. Puisqu’il m’est demandé, après tant d’autres, d’exprimer mon avis, je me contenterai de formuler quelques remarques.
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Il m’est impossible de considérer l’avortement comme un acte banal; les traumatismes vécus aujourd’hui par les femmes qui se font avorter, dans des conditions parfois atroces, ne sont pas dus uniquement à l’atrocité de ces conditions et au caractère répressif de notre législation. L’avortement touche les deux domaines qui éveillent en nous les plus profondes résonances: la sexualité et la mort. C’est dire la légèreté de certaines manières de revendiquer "l’avortement libre et gratuit".
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Il m’est impossible également d’accepter certains simplismes tels que l’assimilation pure et simple de l’avortement à l’homicide. Je suis même révolté lorsque j’entends parler avec sentimentalité de tout avortement comme du "meurtre d’un être innocent" sans que la moindre attention soit portée au drame vécu par la femme enceinte et parfois par toute une famille.
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Certaines problématiques m’apparaissent sans issue. Quand commence un être humain? Lors de la pénétration d’un spermatozoïde dans l’ovule? Lors de la nidation? Lorsqu’un courant électrique commence à parcourir les cellules nerveuses?
La notion de commencement absolu d’un être humain a-t-elle un sens? Ce n’est pas sûr. L’attitude qui me paraît la plus humaine en la matière est la modestie. Nous ne le savons pas. Cela nous invite à la fois au respect devant l’embryon, cette potentia-
Weltgefächerte Hilfen sind notwendig, um die vielfachen Notlagen zu beheben und die Ursachen der Abtreibung zu bekämpfen
- Wir sind uns der schweren Verpflichtung bewußt, die uns das Bekenntnis zur absoluten Unantastbarkeit des Lebens auferlegt. Denn wir haben diesem Gebot nicht schon dadurch Genüge getan, daß wir die Abtreibung ablehnen. Die Frage ist nicht allein, was wir über die Abtreibung denken und sagen, sondern was wir für oder gegen dieses Übel tun. Und diese Frage betrifft uns alle ohne Ausnahme. Hat doch Christus uns deutlich gemacht, daß die Tötung bereits dort beginnt, wo die Liebe verletzt wird (vgl. Mt 5, 21-22). Ebenso beginnt auch der Angriff auf das ungeborene Leben dort, wo durch Hartherzigkeit und Rücksichtslosigkeit Frauen in ihrer Not allein gelassen werden, wo ledige Mütter durch
Diskriminierung in die Enge getrieben werden, wo den Familien durch Gewinnsucht und Mietwucher unzumutbare Lasten auferlegt werden, wo durch die Förderung maßlosen Konsums oder sexueller Hemmungslosigkeit ein kinder- und familienfeindliches Klima geschaffen wird. Jeder von uns muß sich prüfen, wieweit er in einer oder der andern Weise für diese oder ähnliche Zustände mitverantwortlich ist. Dabei müssen wir uns auch fragen, was wir für die Behebung ungerechter Zustände tun, denn hier muß der Schutz des ungeborenen Lebens ansetzen. Je entschiedener wir die Abtreibung ablehnen, um so entschlossener müssen wir ihre entfernten und näheren Ursachen bekämpfen. Je eindeutiger wir den Schwangerschaftsabbruch als sittlich vertretbare Lösung der oft dramatischen Konflikte zurückweisen, um so mehr müssen wir in einer erfinderischen und tatkräftigen Liebe andere Mittel und Wege suchen um die vielfachen Notlagen zu beheben.
lité de vie humaine, et au respect envers ceux, qui eux, sont pleinement éveillés à la vie humaine et affrontés aux plus graves problèmes, ce qui est le cas parfois pour la femme enceinte.
De ce qui précède, aucune règle opératoire ne peut être tirée, sinon le refus de certains simplismes. Mais ce dont je suis sûr, car j’en ai rencontré un certain nombre, c’est que bien des médecins, honnêtes et respectueux de la vie humaine, après avoir longuement réfléchi, pris de multiples avis et être ainsi sortis de réactions instinctives et passionnelles, jugent en leur conscience que dans certaines situa-
tions dramatiques l’avortement s’impose. En de tels cas, ils participent parfois eux-mêmes à un avortement illégal; le plus souvent, ils laissent la femme qui les a consultés à son angoisse ou bien ils donnent une adresse à l’étranger. C’est un drame pour ces médecins chez lesquels le respect de la loi n’a pas étouffé le sens humain et la compréhension d’autrui. Et que penser d’un pays qui se repose sur ses voisins pour pratiquer des actes jugés inévitables? Sans parler de la différence de situations ainsi créée entre riches et pauvres.
Le drame de conscience vécu par ces médecins est un signe de caractère anachronique sinon même hypocrite de la législation actuelle. Mais quelle loi faire? Une énumération plus large de cas où l’avortement serait ‚permis‘ ou seulement toléré ne résou-
**Dem ungeborenen Leben
muß der umfassende Schutz
des staatlichen Gesetzes, des Strafrechtes
wie der Sozialgesetzgebung, gesichert bleiben**
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Wir müssen also, auch nach ernster Überprüfung der Gegengründe an der sittlichen Forderung der Unantastbarkeit des ungeborenen Lebens festhalten. Soll der Staat diese sittliche Forderung durch das Strafgesetz sanktionieren, oder wird er die Erfüllung dieser Forderung nicht besser der Gewissensentscheidung der einzelnen überlassen?
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Gewiß kann der Staat nicht jede Übertretung des Sittengesetzes strafrechtlich verfolgen: Viele sittliche Vergehen, wie Haß oder Neid, sind für die staatliche Gesetzgebung und Gerichtsbarkeit nicht erfaßbar. Wo jedoch durch eine äußere Tat wichtige Rechte eines einzelnen verletzt werden oder das Gemeinwohl schwerwiegend gestört wird, kann der Staat nicht neutral oder indifferent bleiben. Ist es doch seine vornehmste Aufgabe, die Rechte des einzelnen zu schützen und das Gemeinwohl zu gewährleisten.
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Das gilt in besonderem Maß, wenn das höchste Rechtsgut, das Leben selbst, bedroht ist. Der Staat ist verpflichtet, das menschliche Leben auf jede Weise, auch durch Androhen von Strafen, zu schützen. Vor allem bedarf gerade das wehrlose ungeborene Leben des strafrechtlichen Schutzes.
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Damit soll nicht geleugnet werden, daß es in schwerer Bedrängnis zu Konflikt- und Zwangssituationen und infolgedessen zu Fehlschlüssen und Fehlhandlungen kommen kann, die den Verzicht auf Strafverfolgung nahelegen. Aber ein Gesetz kann nicht auf schwer zu umschreibende Notfälle aufbauen, wenn nicht die Ausnahme zur Regel werden soll. Der Gesetzgeber soll die Berücksichtigung und die angemessene Beurteilung dieser Fälle der richterlichen Gewalt überlassen. Der Justiz steht es zu, das Gesetz auf die Notfälle anzuwenden und gegebenenfalls durch Zuerkennung des Notstandes, der rechtlichen Entschuldigungsgründe oder mildernder Umstände auf eine Mindestbestrafung oder auf Freispruch zu erkennen. So verbleiben beide Gewalten in ihrer Rolle: das Gesetz sanktioniert den wesentlichen Grundsatz der Unantastbarkeit des ungeborenen Lebens; der Richter beurteilt das Benehmen der Personen aufgrund der konkreten Umstände ihres Handelns. Auf diese Weise wird sowohl das Gemeinwohl wie das Interesse der einzelnen am besten gewahrt.
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Eine besondere Aufmerksamkeit verdient in diesem Zusammenhang der glücklicherweise immer seltener werdende Fall, wo die Mutter durch das Ausdragen des Kindes in ernste Lebensgefahr gerät, und das Leben des Kindes gegen das Leben der Mutter steht. Tatsächlich spitzt sich hier die Konfliktsituation aufs äußerste zu, weil die Rechtsgüter, die hier konkurrieren, auf derselben Ebene liegen. Aus diesem Grund sieht die Gerichtspraxis auch bereits unter der jetzigen Gesetzgebung von Strafverfolgung ab, wenn ein ärztlicher Schwangerschaftsabbruch als der einzige Ausweg erscheint, um die Lebensgefahr von der Mutter abzuwenden.
drait pas le problème des avortements clandestins, à moins qu’elle ne soit délibérément tournée et conduise ainsi à la législation de tout avortement. En ce cas l’avortement risquerait de devenir le moyen le plus utilisé de régulation des naissances: solution de facilité, qui risquerait de créer bien des traumatismes et qui encouragerait l’irresponsabilité.
C’est à une attitude de responsabilité que la société doit, au contraire, éduquer ses membres. Et dans le domaine de la fécondité, cette attitude de responsabilité passe d’abord par la contraception. Or la diffusion des méthodes contraceptives se heurte aujourd’hui à un refus plus au moins conscient de beaucoup de couples, refus alimenté par une certaine presse, entretenu par des tabous, des angoisses irraisonnées, une mauvaise information médicale, la pression d’autorités religieuses. Il est urgent qu’une information honnête et claire soit faite en ce domaine, où persistent bien souvent les pires obscurités. La responsabilité de l’Etat est ici engagée, car il n’y aura pas d’information et de formation sans l’existence de centres disposant d’un personnel qualifié et des crédits nécessaires.
Malheureusement, l’expérience d’autres pays le montre, la contraception, même acceptée sans angoisse par le couple, ne supprimera pas totalement la question de l’avortement. Il serait urgent d’élaborer une législation qui concilie l’attention due à la particularité de chacun des drames humains et la nécessité pour la société de ne pas encourager ses membres à l’irresponsabilité. Des groupes de recherches y travaillent actuellement. (1)
Aux chrétiens qui s’opposent au nom de leur foi à toute réforme de la législation actuelle, il me paraît important de faire remarquer (et je revendique moi aussi le titre de chrétien) que la loi pénale n’a pas à prévoir nécessairement la répression de
tout ce que leurs convictions personnelles réprouvent. Il y eut peut-être un temps où les mêmes convictions morales étaient partagées par toute une nation; même en ce temps-là, la loi ne réprimait pas tout ce qui était désavoué par la conscience collective. A fortiori, aujourd’hui, où l’unanimité de cette conscience collective n’existe plus. Moins que jamais on ne peut confondre éthique et législation. On ne peut confondre non plus éthique et déontologie: en raison de ses convictions personnelles, un médecin peut sans doute refuser de pratiquer même un avortement thérapeutique accepté pourtant par la déontologie médicale. Inversément, la déontologie, c’est-à-dire l’ensemble des règles régissant l’exercice d’une profession, n’a pas à s’immiscer dans le domaine des convictions personnelles et de leur expression publique. Bien des débats actuels auraient été moins embrouillés si l’on n’avait pas confondu abusivement éthique, déontologie et législation.
Patrick Verspieren
aumônier du centre Laennec
(1) Cf. par exemple l’article de P. Antoine dans "Cahiers Laennec", mars 1971, et l’article à paraître dans "Etudes" janvier 1973. in: Le Monde, 12/12/1972
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Wenn ich als Bischof den Staat an seine Verpflichtung erinnere, das ungeborene Leben auch durch eine Strafgewalt zu schützen, bin ich mir bewußt, daß damit nicht alle Probleme gelöst sind. Das beginnende Leben bedarf eines weit umfassenderen Schutzes, als ihn das Strafrecht allein sichern kann. Gesellschaft und Staat sind verpflichtet, auf erzieherischem und sozialpolitischem Gebiet positive und wirksame Maßnahmen zum Schutz des Lebens zu ergreifen und ähnliche private Initiativen zu unterstützen.
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Wir alle sollten eine positive Einstellung zum Leben, zur Familie und zum Kinde fördern und die Jugendlichen zu einer Haltung des Vertrauens, des Mutes und der Hochherzigkeit erziehen, damit sie sich in einer bewußt partnerschaftlichen Gesinnung auf die Aufgaben in Ehe und Familie vorbereiten können. Das setzt voraus, daß die öffentliche Meinung und speziell die Massenmedien den Wert des Lebens achten und nicht die Achtung vor dem Leben herabmindern. Das bedingt eine gesunde Sexualerziehung, durch die der Mensch auch geistig zur Reife und zu einer frei bejahten und verantworteten Annahme seiner selbst kommt.
Das ist nur möglich in einem Klima, das die tief im Menschen verankerte Bestimmung anerkennt und fördert, für einander dazusein und im Glück des andern das eigene Glück zu suchen.
- Mutig ist auch eine Politik fortzuführen, die der Familie, besonders auch der kinderreichen Familie, genügend Lebensraum und genügend Lebenshilfe gibt. Familiengerechte und wirtschaftlich preiswerte Wohnungen sind bereitzustellen. Angemessenes Kindergeld und Studienbeihilfen sollten die Familien auch weiterhin mehr und mehr entlasten. Werdenden Müttern sind finanzielle und andere Hilfen zu gewähren. Gerade für die könnte man auch die Möglichkeit der Halbtagsarbeit näher studieren. Der ledigen Mütter und der unchelichen Kinder sollten wir uns mehr als bisher annehmen und sie nicht in liebloser Überheblichkeit sich selbst und ihrer Not überlassen, sondern ihnen in menschenwürdiger Form und ohne Diskriminierung erfolgreich zu helfen suchen. Auch die Gesetzgebung zur Erleichterung der Adoption, gegebenenfalls schon vor der Geburt, wäre weiter auszubauen.
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