Cornélius Castoriadis: „Capitalisme moderne et Révolution“

Note de lecture

Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.

Cornélius Castoriadis

Capitalisme moderne et Révolution

2 tomes Editions 10/18 No 1303 et 1304

Castoriadis continue dans ces deux volumes l’édition de ses textes, publiés d’abord dans la revue ‚Socialisme ou Barbarie‘. Certes, à qui a lu son maître-livre ‚L’institution imaginaire de la société‘ (Ed. du Seuil 1975), commenté naguère dans ‚forum‘ No 9 et 10 (1976), ces deux volumes n’apprennent rien de très nouveau. Toutefois, le deuxième d’entre eux, sous-titré ‚Le mouvement révolutionnaire sous le capitalisme moderne‘, a l’avantage de présenter sous forme très abordable et brève l’essentiel de l’analyse que fait Castoriadis du capitalisme moderne ainsi que de sa critique du marxisme. Or, les conceptions de Castoriadis me semblent capitales pour penser un socialisme qui à la fois refuse de se laisser figer par le dogme marxiste et se veut à la hauteur de l’adversaire, le capitalisme moderne, qu’il entend combattre.

Le principal reproche que Castoriadis fait à Marx, c’est que celui-ci, pour le moins dans le Capital, considère les lois de développement du capitalisme sur le mode des lois naturelles: nécessaires et contraignantes, elles régiraient les hommes et la société sans que ceux-ci aient sur elles la moindre prise. ‚C’est en effet comme des purs et simples objets qu’ouvriers et capitalistes apparaissent dans le Capital. Ils n’y sont que les instruments aveugles et inconscients réalisant par leurs actes ce que les ‚lois économiques‘ imposent.‘ (2, p.102)

De cette erreur au coeur même du marxisme découlent deux conséquences néfastes: d’abord, il n’y a aucune place, dans la théorie marxiste, pour l’initiative historique des hommes, qui donc également dans la pratique politique est bridée et embrigadée: voir à ce sujet la structure bureaucratique du mouvement ouvrier tant au niveau politique que syndical. D’autre part, Marx a méconnu la véritable nature du capitalisme: certes, Castoriadis ne nie pas la lutte des classes, mais elle n’est qu’un conflit, et non pas une contradiction au sens propre du terme, c’est-à-dire une impasse absolue et finalement mortelle pour le capitalisme. Aux yeux de Castoriadis, il y a pourtant une vraie contradiction à la base du capitalisme, ce

qui fait qu’à long terme il ne peut subsister: ‚Le système capitaliste ne peut vivre qu’en essayant continuellement de réduire les salariés en purs exécutants – et il ne peut fonctionner que dans la mesure où cette réduction ne se réalise pas; le capitalisme est obligé de solliciter constamment la participation des salariés au processus de production, participation qu’il tend par ailleurs lui-même à rendre impossible. Cette même contradiction se retrouve, en termes presque identiques, dans les domaines de la politique ou de la culture.‘ (2, p. 106-107)

Comme les forces en présence et en opposition, que Castoriadis préfère d’ailleurs appeler les ‚dirigeants‘ et les ‚exécutants‘, ne sont pas ‚agies‘ par des lois et mobiles économiques, comme le prétend Marx, ‚l’évolution du capitalisme est une histoire au sens fort du terme, à savoir un processus d’actions d’hommes et de classes qui modifient constamment et consciemment les conditions mêmes dans lesquelles il se déroule et au cours duquel surgit du nouveau.‘ (2, p. 113) Ceci amène Castoriadis à tenir compte des importants changements intervenus depuis Marx dans le capitalisme, qu’il ne cherche pas, à l’encontre de tant de marxistes, à figer au stade caractéristique du temps où Marx l’étudiait. (Voir à ce propos surtout les chapitres ‚Quelques traits importants du capitalisme contemporain‘ 2, p. 59-69 et ‚La crise de la société moderne‘ 2, p.293-316) Et enfin, il montre également quels doivent être les traits et la stratégie d’un mouvement révolutionnaire moderne, capable de lutter contre le capitalisme tel qu’il existe actuellement.

Ce qui par contre manque plus ou moins dans les ouvrages publiés jusqu’ici par Castoriadis, c’est une vision d’avenir de la société: vers où aller? Pour quel type de société faut-il lutter? Quelle conception de l’homme se profile dans ces luttes? Ces renseignements sont peut-être à trouver dans le volume ‚Le contenu du socialisme‘ dont la parution est annoncée dans la même collection 10/18 pour le mois d’octobre.

Hubert Hausemer

Puzzle-Tip

Langeweile an Winter abenden
ist nicht nötig. Nehmen Sie
eine Tüte Semmelbrösel
und setzen Sie diese so zusammen,
bis Sie wieder ein Brötchen haben.

Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.

Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!

Spenden QR Code