Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Déclaration
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Déclaration de prêtres, de religieux et de religieuses du Pérou
‚Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour‘
Cette déclaration nous a été transmise (et traduite) par notre collaborateur Jean Feyder qui a séjourné plusieurs semaines au Pérou en 1979. Il nous signale que le père Mathias Siebenaller, qui travaille dans les bidonvilles de Lima, est parmi les 1000 premiers signataires, de même que le célèbre théologien de la libération Gustavo Gutiérrez.
Lors de la réunion hebdomadaire de réflexion dans une paroisse de quartier, une femme âgée dit: ‚Moi, comme
j’ai assez vécu, je suis en train de me préparer à mourir; nous les vieux, nous sommes plus près de la mort‘. Une jeune personne répond par la suite: ‚Non, madame, il en était ainsi jadis, maintenant ce sont les enfants qui sont plus près de la mort‘. Il suit un long silence qui souligne la gravité de la situation.
Comme prêtres, religieux et religieuses nous voulons transmettre les plaintes que nous écoutons chaque
moment dans les foyers de notre peuple, les clameurs que nous entendons chaque jour dans la rue et au marché. Bien des cris de protestation s’élèvent ces dernières années. Notre peuple se plaint-il peut-être sans raison? Sa clameur serait-elle l’expression d’une mauvaise foi ou d’intentions subversives? Non. Des faits comme celui que nous venons de raconter expriment la situation d’un grand nombre de personnes privées de ses droits fondamentaux et cruellement livrées à une mort lente. Voilà pourquoi, et à partir de notre foi dans le Seigneur, nous en appelons à l’opinion publique devant laquelle nous voulons être "la voix de celui qui ne peut pas parler ou de celui qui est réduit au silence" (Jean-Paul II, cité dans Puebla No 24).
NOUS ANNONÇONS LE SEIGNEUR DE LA VIE
Notre peuple a faim, et la faim d’aujourd’hui annonce la mort. La faim détruit la personne, réduit l’espoir la faim tue. Chaque jour, nous la voyons dans
- des milliers d’enfants condamnés à la mort ou à une diminution physique et mental irréparable faute de nourriture et de médicaments.
- des jeunes menant une vie frustrée à cause des déficiences du système éducatif et à cause du manque d’emplois.
- des pères et des mères qui luttent de façon désespérée pour gagner un salaire de misère et qui vivent dans des conditions infra-humaines; des familles attaquées par toute une série de maladies qui de plus en plus prennent les caractéristiques d’épidémies (p.ex. la tuberculose) sans disposer des moyens pour les combattre;
- les peuples natifs de notre selva (forêt amazonienne) que l’on veut dépouiller de toutes ses ressources; une majorité de paysans privés de terres et de crédits, et victime d’un système de commercialisation qui les exploite; des sans-travail, des sous-employés, des vendeurs ambulants et des travailleurs occasionnels qui dépassent aisément la moitié de la population active, victimes d’une politique qui ne crée pas des possibilités d’emplois et qui légalise l’instabilité de l’emploi; et encore des travailleurs dont les salaires sont chaque fois plus insuffisants pour vivre.
Cette situation de faim et de mort s’aggrave par l’augmentation constante du prix des biens de première nécessité: alimentation, transport, médicaments. Le poids d’une crise qui favorise une minorité de privilégiés assomme lentement le peuple, de façon
systématique et cruelle. Chaque "paquet économique" ou réajustement des prix signifie manger moins, se vêtir et se chausser moins, vivre moins.
Nous rencontrons dans notre peuple "les visages très concrets dans lesquels nous devrions reconnaître les traits souffrants du Christ, le Seigneur qui nous interroge et nous interpelle" (Puebla No 31). Pour les chrétiens, Dieu se manifeste comme le Dieu qui donne la vie, la maintient, la défend, la rachète de l’oppression et la rend pleine et définitive dans le Christ ressuscité. Nous croyons dans le Seigneur et pour cela, nous croyons dans la vie; et comme nous savons qu’il y a des ressources suffisantes pour tous, nous refusons d’accepter comme solution à la crise la faim, la mort et l’extermination du peuple.
NOUS ANNONÇONS UNE VIE DE JUSTICE ET DE FRATERNITÉ
Le système qui produit la faim et la mort "avec des riches toujours plus riches au dépens des pauvres toujours plus pauvres" (Puebla No 30) se maintient et se renforce chaque jour, parce qu’il "ne considère pas l’homme comme centre de la société et ne réalise pas les changements profonds et nécessaires pour une société juste" (Puebla No 64). Au contraire, les situations d’injustice et d’insensibilité devant la faim du peuple sont aggravées dans notre pays par les mécanismes suivants:
- l’information officielle qui nous envahit, cache de façon systématique la misère du peuple, et déforme ses protestations et ses luttes;
- la corruption administrative et le manque de moralité conduisent beaucoup à utiliser leurs fonctions élevées pour réaliser de grandes affaires. Des articles de première nécessité comme le pain, le lait, la viande et le riz manquent et deviennent plus chers de façon scandaleuse;
- la répression brutale est l’unique réponse du pouvoir contre toute lutte revendicative; nous l’avons vécu dans les cas des pêcheurs, des mineurs, des travailleurs licenciés et des enseignants; aux bombes, aux coups et au plomb s’ajoutent la qualification d’agitateurs pour tous ceux qui protestent, les menaces constantes, les persécutions et les détentions arbitraires, les tortures et les disparations;
- "la course aux armements, grand crime de notre époque, … engloutit d’immenses ressources pour l’achat d’armes au lieu de les utiliser pour résoudre des problèmes vitaux", comme la faim et la maladie (Puebla, No 67).
Nous dénonçons cette violation continue des droits de l’homme comme une situation permanente de péché social et personnel. Le message de Jésus que nous proclamons comme la Bonne Nouvelle pour les hommes, condamne une organisation sociale qui est basée sur le mensonge et l’exploitation, et nous demande de développer de nouvelles formes de relations entre les hommes.
Partout des hommes et des femmes de notre peuple s’organisent pour la défense du pain et de la vie; cet engagement s’est traduit et continuera de se traduire par des souffrances et la mort. Par l’exemple du Christ, nous savons que le Père convertit ces souffrances en source de vie. Voilà pourquoi les communautés chrétiennes dont nous faisons partie, éprouvent la force du Seigneur et la célèbrent dans ses nombreuses manifestations de la foi.
Nous sommes tous responsables de l’élimination des causes de la faim et de la mort afin de vivre dans une justice authentique et dans la fraternité. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons dire: "Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour".
Lima, 3 novembre 1979
Fête de Saint Martin de Porres
Patron de la justice sociale
Suivent plus de 1000 signatures.
D’autres vont s’ajouter.
Das in "forum" Nr 39 veröffentlichte
UNICEF – PREISAUSSCHREIBEN 1980
ist bislang ein voller Erfolg, obschon es (absichtlich) nicht sehr leicht ist. Unter den Dutzenden von Antworten liegt das beste Resultat bei 7/10. Um allen Interessenten Zeit zu lassen, um nachzuforschen und Antworten auszutüfteln, wurde der Einsendeschluß vom 15. Mai auf den 13. Juni verlegt. Also noch viel Glück!
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