Guatemala

La violence aurait fait quatre mille morts depuis le début de l'année

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„Sie geben also zu, Sie Dissident, dieses Beweisstück gehört Ihnen, und Sie haben es auch benützt?“

Zeichnung: Wolter/Dt. Allg. Sonntagsblatt

Guatemala

La violence aurait fait quatre mille morts depuis le début de l’année

La situation est dramatique au Guatemala, où l’on compte en moyenne une trentaine de morts par violence politique chaque jour. Les organisations paramilitaires d’extrême droite portent, semble-t-il, la principale responsabilité de cette violence incontrôlée par le gouvernement et qui aurait fait quatre mille victimes depuis le début de cette année.

Une trentaine de cadavres de personnes assassinées, parfois après avoir été torturées, sont apportés chaque jour à la morgue de l’hôpital principal de Guatemala.

On estime généralement que seize professeurs d’université, une trentaine de dirigeants étudiants, des centaines de syndicalistes et plusieurs milliers de paysans ont trouvé la mort au Guatemala depuis le début de l’année. Le recteur de l’université de San-Carlos a, pour sa part, chiffré à quatre mille le nombre des victimes de la répression pour la même période.

La conférence épiscopale guatémaltèque, se référant aux « nombreux membres du clergé » eux aussi victimes de la violence politique, a récemment estimé que « dans son histoire, le Guatemala a rarement vécu des jours aussi amers ». Un parlementaire, M. Oscar Enriquez, a, pour sa part, affirmé dans des déclarations à la presse qu’« il n’y a plus une seule famille guatémaltèque qui n’a pas été affectée par la mort d’un parent ou d’un ami proche ».

Officiellement, la plupart de ces assassinats politiques sont commis par des « inconnus », qui disparaissent ensuite sans laisser de trace. En fait, les organisations paramilitaires d’extrême droite et, dans une moindre mesure, d’extrême gauche sont responsables de la plupart de ces crimes.

Ainsi, l’armée secrète anti-communiste (E.S.A.) a publié à diverses occasions des listes de personnes qu’elle se propose d’éliminer. Elle a notamment revendiqué l’assassinat, le 29 mai dernier, d’un ancien député démocrate chrétien, M. Hamilton Noriega, dans un collège de Santa-Cruz-del-Quiche (nord-est du pays), où il donnait un cours.

Dans un communiqué rendu public le jeudi 5 juin, l’E.S.A., qui avait déjà proclamé son intention de tuer vingt « communistes » pour chaque extrémiste de droite assassiné, vient d’affirmer que les chiffres « n’ont plus d’importance ». « Ce qui compte maintenant, dit-elle, c’est que tous les communistes et tous les traitres soient tués. » (in: La Monde 8-9/6/80)

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