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Am 27.2.1982 erschien im L.W. auf Seite 9 eine Anzeige von 22,7 x 44,5cm, was 54% der bedruckten Fläche einer Seite ausmacht. Dieselbe Anzeige wurde durch einen zwei Kolonnen breiten, 10 cm hohen Hinweis auf der günstigen Seite 3 schon angekündigt. War somit die Form schon aussergewöhnlich, so war es der Inhalt nicht weniger: Die "Association pour la Défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété" (TFP), deren Hauptsekretariat in Brasilien ist, protestierte gegen die Tatsache, dass 6 grosse französische Tageszeitungen sich geweigert haben, eine von ihr in Auftrag gegebene Anzeige zu drucken, mit der sie die Franzosen vor ihrem Untergang in den Klauen des Weltkommunismus warnen wollte.
In nicht zu übertreffender Manier hat Lambert Schlechter im "tageblatt" (6.3.82) – weil das LW seine Leserbriefe ablehnt, "parce qu’elle provient de vous" – gegen diese Begünstigung einer faschistischen Vereinigung im L.W. protestiert. Teile seiner Interpellation, die an uns alle gerichtet ist, sind nebenstehend abgedruckt.
Durch diese Stellungnahme fühlten sich auch, endlich, einige Christen herausgefordert, zu protestieren und Lambert Schlechter für seine Ehrlichkeit und Unverdrossenheit im Kampf für die Menschenrechte zu danken. Auch dieser Brief folgt unten.
Die "forum"-Redaktion hat ihrerseits versucht, die Hintergründe dieser Anzeige auszuleuchten, sowohl was die auftraggebende Vereinigung als auch was die Ablehnung durch die französische Presse anbelangt. Wohl haben wir schon höchst interessante Informationen über die Rolle des chilenischen Zweiges dieser Vereinigung zur Zeit der Regierung des christdemokratischen Eduardo Frei in Erfahrung bringen können, aber da unsere Ermittlungen noch nicht abgeschlossen sind, möchten wir alle Hintergrundinformationen vorerst auf eine nächste Nummer verschieben. Zweckdienliche Hinweise von Seiten unserer Leser sind aber jederzeit willkommen.
Die Redaktion.
Lettre ouverte
à Mgr Jean Hengen,
Evêque de Luxembourg,
à M. Jacques Santer,
Président du PCS
- À quoi s’en prend la „Société Brésilienne pour la Défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété"?
Est-ce qu’elle s’en prend aux milliers d’expropriations de petits paysans au Brésil?
Est-ce qu’elle s’en prend à la destruction de la famille en Uruguay, en Argentine, au Chili où des dizaines de milliers d’assassinats politiques ont semé la terreur et le malheur dans les familles – assassinats perpétrés dans le souci de sauvegarder ce que l’extrême droite appelle la „civilisation chrétienne"?
Est-ce qu’elle s’en prend aux régimes qui depuis des générations violent la dignité humaine de la façon la plus abjecte?
Non, la „Société Brésilienne pour la Défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété" s’en prend au régime français, – comme si l’opposition en France n’était pas assez majeure et vaccinée pour le faire elle-même. Un pamphlet fasciste brésilien contre Mitterrand dans le quotidien catholique luxembourgeois: qui m’expliquera les raisons (et les dessous) de cette sinistre combine?
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Le communiqué reproduit dans le „Luxemburger Wort" constitue, je cite l’auteur, une étape de „l’histoire épique d’un des suprêmes efforts entrepris in signo crucis", afin d’éviter à la civilisation occidentale agonisante l’effondrement final auquel on la voit s’abandonner. La croix, bien entendu, est celle du Christ. C’est de votre Christ qu’ils parlent, Monsieur l’Évêque!
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Est-ce que le seuil de l’insupportable est atteint? Ou qu’est-ce qu’il faudra encore pour que du côté officiellement chrétien (église ou parti) une voix, une seule solitaire, singulière voix s’élève, se manifeste, se fasse entendre? Qu’est-ce que cette église du silence? Qu’est-ce que ce parti „chrétien" à la boîte de l’autoroute de la presse catholique?
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Le directeur du „Luxemburger Wort" vous répondra qu’il a agi au nom de la liberté d’opinion, menacée parait-il parce que les grands quotidiens français ne se sont pas laissés graisser la patte par le fric fasciste.
A ce propos, permettez une petite anecdote: J’ai envoyé à la presse il y a quelques semaines une „Lettre ouverte à l’Ambassadeur de l’URSS" dans laquelle je fustigeai, avec la dernière conséquence, le régime soviétique. Tout comme le journal de notre parti communiste, le „Luxemburger Wort" n’a pas publié ma lettre. J’ai voulu savoir pourquoi, voici la réponse que je reçus au sixième coup de téléphone: „La rédaction du LW a décidé de ne pas publier cette lettre, parce qu’elle provient de vous (sic)". Les fascistes brésiliens ont eu plus de chance. Et plus de sous. J’espère que M. Heiderscheid aura la décence d’envoyer au moins une partie des dollars encaissés vers les cuisines populaires de Santiago et de Recife, où on essaye quotidiennement de sauver de la famine des milliers de petits enfants qu’aucune „Société pour la Défense de la Famille" ne défend.
Il est vrai que ni ces enfants, ni leurs parents (s’ils vivent encore) n’ont la chance d’être propriétaires dans leur cas une „Société pour la Défense de la Propriété" serait sans objet…
- Je n’ai besoin ni de vos drapeaux, ni de vos dogmes, ni de vos programmes pour recevoir en plein dans le ventre la mitraille lumineuse, de Matthieu 25 c. 35-36. „J’ai eu faim…"
Je ne suis pas chrétien, mais votre Christ est l’un de ceux qui m’ont appris la rage. Vous comprendrez que je ne m’excuserai pas de vous avoir déranges.
Lambert Schlechter
Junglinster
Lettre ouverte
à Monsieur Lambert
Schlechter
- Le samedi, 27 février 1982, le „Luxemburger Wort" publia sur une demi-page un communiqué encadré et illustré de façon suggestive, provenant d’une „Société Brésilienne pour la Défense de la Famille, de la Tradition et de la Propriété" nous révélant que le socialisme autogestionnaire – incompatible avec les principes immuables de la civilisation chrétienne et la véritable Doctrine de l’Église" – serait en train de détruire la France et la civilisation occidentale entière.
A priori, une telle opinion politique est concevable: tout le monde a le droit de penser cela. Mais la provenance, le ton et le contenu du communiqué sentaient tellement – disons le poliment – l’extrême-droite, qu’on pouvait se demander
quels étaient les rapports entre ce communiqué et le journal qui le publiait sans la moindre remarque, sans même le placer sous le titre „tribune libre” — excepté l’impression microscopique du mot „Annonce” en bas de la page.
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La seule réaction publique qui nous soit connue fut celle de Lambert Schlechter dans le „tageblatt” du 6 mars 1982 (“Lettre ouverte à Mgr. Jean Hengen, Évêque de Luxembourg, à M. Jacques Santer, Président du PSC”). Il criait son indignation contre un pamphlet provenant de pays comme le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Chili, l’Uruguay, systèmes peu aptes à nous faire la leçon démocratique. Bien plus, il critiqua une attitude qui prétend au nom de la croix chrétienne („in signo crucis”) défendre la tradition, la famille et la propriété tout en bafouant les droits de l’homme les plus élémentaires. Enfin, il demanda comment un journal, se considérant comme le défenseur de la „vérité et du droit” et invoquant des principes chrétiens, peut prêter ses pages à des écrits pareils tout en niant et en éliminant des voix plus critiques. Comment expliquer alors le silence de l’Évêque et en fin de compte de tous les chrétiens qui continuent à accepter tout ce qu’on leur sert dans „leur presse”?
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La lettre de Lambert Schlechter était adressée à l’Évêque et au président du parti chrétien social; nous avouons que nous nous sentons aussi bien interpellés — faisant partie de cette „église du silence”. Voilà pourquoi nous
déclarons que nous ne voulons pas ignorer et accepter de façon lâche ou inconsciente des pratiques et des mentalités dont la publication du communiqué brésilien est un exemple parmi d’autres mais révélateur: les informations politiques et religieuses concernant les pays du tiers monde et surtout l’Amérique Latine sont des plus discrètes dans les publications chrétiennes officielles luxembourgeoises. Les soussignés auraient préféré lire un playdoyer de la famille brésilienne par Hélder Camara plutôt que par P.C. de Oliveira. Ils auraient préféré une prise de position en faveur de tous les opprimés, une dénonciation honnête de l’assassinat politique, des enlèvements, de la torture et de l’esclavage organisés: sinon l’épithète „chrétien” est réduit à une simple idéologie cachant le désir de puissance et de domination ou à une attitude irresponsable caractéristique pour un christianisme de consommation. Malheureusement il semble que pour le christianisme luxembourgeois la lutte contre toute forme de socialisme ou même contre le moindre non-alignement justifie tous les écarts. Dommage.
Nous remercions Lambert Schlechter de l’honnêteté et du courage qui nous ont fait défaut jusqu’ici.
Paul Maas, professeur, Françoise Maas, Pit Hornick, professeur, Michel Schaack, instituteur, Fernande Schaack-Rasquin, Fernande Hausemer-Freymann, Hubert Hausemer, professeur, Jos. Steffen, professeur, René Wirtz, professeur
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