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Vers 1963, les premiers Cap-Verdiens arrivent au Luxembourg.

Il n’y avait pas de problèmes de travail (au contraire, c’était les patrons qui cherchaient les travailleurs).

Mais le logement posait de graves problèmes. L’hiver paraissait très dur à ces aventuriers venant d’un pays ensoleillé. Les maisons étaient sans chauffage. Les pensions louaient une chambre pour 3 à 4 personnes.

La plupart ont trouvé du travail dans des entreprises de construction et quelques-uns avaient la chance que le patron se charge de leur trouver un logement. Les femmes (très peu) trouvaient du travail surtout dans les hôpitaux. Dans les années 70, beaucoup ont pu faire venir d’autres membres de la famille (frère, soeur, cousin, etc.) avec un contrat de travail déjà en main.

Les gens de couleur n’étaient pas partout acceptés. Des problèmes se posaient quand un Cap-Verdien entrait dans certains cafés du pays, et quand on lui disait que les noirs n’étaient pas admis ou bien que c’était un club privé.

Un des grands problèmes qui se pose aux émigrés encore de nos jours, est l’adaptation à la langue du pays. Au Luxembourg, l’émigré cap-verdien s’est tout de suite penché vers le français. Peut-être est-ce plus facile pour lui, étant donné qu’il fait partie d’un peuple parlant une langue latine. Mais selon la plupart des Cap-Verdiens au Luxembourg, s’il n’y avait que le luxembourgeois, ils l’auraient appris comme ils ont appris le français. Mais au début quand les premiers Cap-Verdiens sont venus au Grand-Duché de Luxembourg et qu’ils allaient faire des courses, ils se faisaient comprendre par des gestes, et parfois ils étaient incompris. Ce qui leur a valu (tels qu’aux Portugais) de belles anecdotes!

Voici le témoignage d’un Cap-Verdien, venu de l’île de Santiago et père de 6 enfants.

  1. En quelle année avez-vous quitté le Cap-Vert? En 1970

  2. Où aviez-vous l’intention de vous fixer?

J’avais l’intention de me diriger vers la Hollande. Mais il me fallait passer par le Portugal et attendre un visa pour l’étranger, et ainsi, je suis resté un an à Lisbonne. Je me suis rendu en Hollande en train. N’ayant pas trouvé de travail en Hollande, je me suis rendu au Luxembourg.

  1. Aviez-vous une famille avant de quitter le Cap-Vert?

Oui, j’étais déjà marié et j’avais 5 enfants.

  1. Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter votre pays?

Plutôt l’illusion, puisque j’avais en ce moment un travail, et je gagnais assez pour nourrir ma famille.

  1. En arrivant au Luxembourg, avez-vous rencontré

d’autres Cap-Verdiens?

Je suis arrivé ici en 1971 et à ce moment-là il y avait déjà d’autres Cap-Verdiens.

  1. Quels sont les problèmes que vous avez rencontrés en arrivant au Grand-Duché?

On peut dire tous les problèmes. A commencer par la langue, puis l’adaptation au nouveau travail. Ayant trouvé du travail dans la construction il fallait travailler dehors et donc devoir affronter le froid. Et puis le problème que, je crois, nous avons tous rencontré, était le fait de ne pas être accepté par tout le monde à cause de notre couleur. Mais il y avait aussi des gens sympathiques, tel que notre prêtre au Grand.

  1. Avez-vous trouvé tout de suite du travail? Oui. Mais au début, c’était difficile puisque je ne parlais pas encore français. Un ami portugais m’a accompagné.

  2. Vos enfants se sont-ils adaptés facilement au climat?

Pas tout de suite. Ils ont connu beaucoup de problèmes (santé, langue, etc.) surtout la première année.

  1. En quelle année sont-ils venus au Luxembourg? En 1975

  2. Quels sont les problèmes qu’ils ont rencontrés à l’école?

Ils n’étaient pas très bien acceptés par les autres enfants. Et puis la langue allemande posait beaucoup de problèmes.

  1. Ont-ils fait le métier qu’ils voulaient?

Non, puisqu’ils n’ont pas commencé leurs études ici. Mais les deux aînés ont quand même appris un métier.

  1. Auriez-vous au Cap-Vert une meilleure possibilité de faire faire des études à vos enfants?

Peut-être puisqu’ils auraient commencé l’école là-bas. Et bien sûr si ma situation le permettait.

  1. Pensez-vous que dans quelques années ils retourneront au Cap-Vert?

C’est à eux de décider. Mais je pense que pour vivre là-bas il leur faudrait un certain capital. Et puis ils sont déjà habitués ici.

Transport

Le problème des routes est évident au Cap-Vert!

Le Cap-Vert manque de machines nécessaires à ces travaux et tout doit se faire à la main. Pour atteindre un moyen de transport, les gens habitant des régions éloignées des grands centres doivent faire de longues marches à pied, durant parfois des heures, et ceci sous des conditions souvent pénibles. Pour avoir une voiture vers sept heures -de préférence avant que les chantiers ne commencent- il faut partir 2-3 heures à l’avance.

La plupart des îles étant très rocheuses, la construction des routes n’avance que lentement et souvent on peut voir des chantiers finachéves et abandonnés.

Pour comble de malheur, des travaux accomplis dans les régions montagneuses sont souvent détruits par les intempéries.

L’Etat se voit donc confronté à un grave problème et envisage d’autres mesures pour lutter contre l’inefficacité du système routier.

  1. Quelles sont les relations avec les luxembourgeois au travail? Elles sont assez bonnes.

  2. Est-ce que le passeport cap-verdien vous pose des problèmes?

Oui, puisque si je veux aller hors du Luxembourg, il me faut un visa.

  1. Avez-vous fait une demande de naturalisation luxembourgeoise? Oui.

  2. Pourquoi?

Ce n’est pas parce que je renie mon pays, mais c’est plus sûr et plus pratique pour mon avenir et celui de mes enfants. L’ambassade se trouve en Hollande, ce qui ne facilite pas les démarches administratives.

  1. Avez-vous encore de la famille au Cap-Vert, pour laquelle vous devez subvenir financièrement?

Oui. J’ai ma mère et mes beaux-parents.

  1. Pensez-vous retourner au Cap-Vert lorsque vous serez en pension?

Je ne pense pas encore à la pension. Mais le Cap-Vert devra beaucoup évoluer. Et puis, je suis déjà habitué à vivre ici.

Je vous remercie de votre collaboration.

Les dessins d’enfants utilisés pour l’illustration de ce dossier sont extraits d’un album que les autorités cap-verdiennes ont publié pour commémorer le 5e anniversaire de l’indépendance de leur pays.

L’album reproduisant des poèmes et des dessins d’enfants (en couleurs!) porte le titre: Cabo Verde visto pelas crianças (Le Cap-Vert vu par les enfants).

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