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Appelés "Kathés", nom par lequel ils se désignent (à l’origine nom donné aux ramasseurs d’ordures), les enfants des rues se retrouvent dans une dizaine de quartiers de la ville.

Combien sont-ils? Plus de mille et peut-être beaucoup plus si on prend en compte les zones périphériques.

La plupart d’entre eux viennent des villages. Une étude faite sur 908 enfants a révélé que seulement 17% provenaient de la vallée de Katmandou, le reste venant de 30 districts du pays.

La majorité de ces enfants ont fui leur domicile, poussés par différentes raisons. Les uns ont été abandonnés, souvent rejetés par le beau-père, les autres sont orphelins. Les enquêtes montrent que les enfants dont la mère ou le père s’est remarié sont souvent maltraités.

Groupe d’âge
moins de 6 ans: 2%
6-9 ans: 8%
9-12 ans: 41%
12-15 ans: 43%
15-18 ans: 6%

Situation familiale
deux parents: 33%
orphelins: 31%
père vivant: 19%
mère vivante: 17%

Niveau d’éducation:
En dépit des apparences, les enquêtes ont montré que 50% de ces enfants savent un peu lire et écrire. 34% d’entre eux seulement seraient analphabètes.

Moyens de survie
ramassent les ordures,
font la récupération de sacs plastique: 64%
mendient: 19%
porteurs: 8%
aides travaux divers: 4%
vendent dans la rue: 2%
hôtels, restaurants: 1%
autres: 3%

Socio-psychologie de ces enfants

Ils détestent leur village où ils n’ont reçu ni amour, ni soin, ni compréhension. Ils détestent leurs beaux-parents.

La plupart ne veut plus retourner à l’école, même s’ils aiment dessiner et peindre. Ils aiment regarder des vidéos avec danse, violence et sexe. Ils aiment vivre en groupe, même s’ils ne cessent de s’y battre, et où c’est avant tout la loi du plus fort qui préside.

Beaucoup sont voleurs. Une grande majorité d’entre eux a l’expérience de la détention et de la violence policière.

Ils sont nomades et ne se fixent nulle part.
Ils ignorent tout de l’hygiène et de la santé.

Kathés et justice

Comme il est dit plus haut, la plupart d’entre eux a une expérience du poste de Police. Malgré les dires de la police, un petit nombre d’enfants, entraînés par des adultes, a réellement été impliqué dans des vols. Les enquêtes ont en revanche montré qu’ils sont systématiquement battus ou torturés.

En dépit du "Children Act" signé en 1992, les enfants arrêtés sont placés dans les mêmes cellules que les déliquants adultes. Durant les événements de 1990, plus de 60 enfants ont ainsi été emprisonnés à Tripureshwor pendant une semaine sans manger.

Actions en cours

Une dizaine d’associations népalaises ou O.N.G. ont organisé des programmes d’accueil et de prise en charge, provisoire ou définitive, pour ces enfants: Children Working in Nepal – CWIN; Children at risk Network group – CAR NWG; Children of Chhauni; Children Welfare Society – CWS; Education Programme for Helpless Children – EPHC. Environ 300 enfants au total pris en charge.

Hergé: "Tintin au Tibet"

Futur

Les changements survenus en 1990 ont apporté plusieurs éléments positifs pour les O.N.G. La restauration du multi-partisme a donné une nouvelle dimension au rôle de développement des organisations. Le gouvernement de transition de 1990 a ratifié plusieurs textes, dont la Convention des Droits de l’Enfant (ONU) et le gouvernement de 1991 a adopté l’Acte des Enfants qui statue sur les Droits de l’enfant.

Malgré tout, aucune mesure n’a réellement profité aux enfants dont il est ici question.

Conclusion

On peut estimer que l’existence au jour le jour de ces enfants les place dans une catégorie à haut risque. C’est l’un des groupes les plus vulnérables.

L’association népalaise CWIN estime que le gouvernement devrait reconnaître son impuissance (ou son indifférence) et favoriser le travail des O.N.G. et des associations (c’est le contraire actuellement), et que les associations gouvernementales telles que "Bal Mandir", "Child Care Center" ou "SOS Children Village" devraient se soucier du sort de ces enfants, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Sources: Voice of the child worker, nos 19 et 20.

In: La Crysalide, dossier no 3.

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