Travail communautaire avec les jeunes dans les quartiers

Le concept d'Inter-Actions Faubourgs

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Qui sont ces jeunes?

Les jeunes visés sont âgés de 12 à 25 ans. Ils sont en évolution permanente par rapport à l’étude, l’apprentissage, l’emploi. La famille, les relations amicales et le quartier dans lequel ils habitent, jouent un très grand rôle dans cette évolution.

La situation des jeunes est souvent marquée par une dégradation individuelle. Celle-ci va généralement de paire avec une dégradation de la famille. Dans un contexte aussi défavorable, le jeune ne peut évidemment pas développer un plan de vie. Il compense en s’adonnant à une consommation exagérée. Alcoolisme, brutalité, endettement, délinquance en sont la conséquence. Leurs bouées de sauvetage sont la famille, les amis, le quartier, la maison des jeunes.

Les jeunes que nous rencontrons dans nos structures sont surtout de nationalité luxembourgeoise et portugaise ; les autres nationalités sont moins représentées. Les garçons profitent plus des clubs de jeunes que les filles.

Les jeunes et leur famille. La famille joue un rôle central pour les jeunes. Le jeune définit son projet de vie par rapport à celui de ses parents.

  • Pour les jeunes luxembourgeois il est important d’atteindre le même niveau social que les parents : ceci veut souvent dire qu’il faut essayer d’être engagé à l’administration communale. Cette sécurité d’emploi leur permet de rendre une stabilité à leur vie. En général nous constatons que ces jeunes Luxembourgeois n’ont pas de grandes aspirations sociales – ils essaient de gérer leur vie avec le peu de moyens dont ils disposent, à l’image de leurs parents.

  • Les jeunes immigrés, surtout portugais, se définissent autrement par rapport à leur famille. Ils ne veulent pas vivre de la même façon que leurs parents. Ils aspirent à une ascension sociale qui peut être atteinte par un meilleur emploi que celui que le père détient. Alors que le jeune Luxembourgeois a tendance à dire : "Je veux travailler ce que mon père travaille", le jeune immigré dira : "Je vais tout faire pour ne pas devoir travailler comme mon père". Cette conception éman-

cipatrice se retrouve aussi bien chez les filles que chez les garçons.

La famille représente la sécurité pour les jeunes, mais aussi la facilité et la possibilité de se permettre un certain luxe. Si on habite sous le toit des parents, l’argent gagné sur le loyer permet une certaine flexibilité. La famille est un microcosme économique qui demande, en contrepartie de la solidarité, son tribut: celui qui veut être logé, nourri et blanchi doit aller travailler pour rendre sa contribution à la famille. Dans ce système les parents n’ont pas tendance à soutenir outre mesure les jeunes en cas de difficultés scolaires.

Cette importance accordée à la famille n’empêche pas une fragilité des relations entre les différents membres.

Les jeunes et le quartier. La famille étant un premier cercle de sécurité, le quartier en est un deuxième. Pour les immigrés, le groupe national est souvent un cercle intermédiaire supplémentaire. Le quartier est vécu comme ressource, et toute attaque structurelle contre le quartier est vécue comme une situation d’insécurité grave.

Was ist aufsuchende Jugendarbeit?

Der Begriff aufsuchende Jugendarbeit ist zunächst einmal zu verstehen als Abgrenzung zu konventionellen Bereichen der Jugendarbeit, die gängigerweise jugendorganisierend (in den Jugendverbänden) oder jugendzentrierend (in offenen Jugeneinrichtungen zusammenführend) angelegt sind. Grundmuster ist dort jeweils eine Komm-Struktur: Es werden Organisationen und Einrichtungen angeboten, zu denen Jugendliche eingeladen werden, hinzukommen. Wer nicht kommt, wird nicht erreicht. Dagegen setzt die aufsuchende Jugendarbeit die Geh-Struktur. Mit der Geh-Struktur sollen solche Jugendlichen erreicht werden, für die nach der pädagogischen Einschätzung Angebote von Jugendarbeit eigentlich wichtig wären, die aber durch die vorhandenen Angebotsmuster nicht erreicht werden.

Indem der Begriff aufsuchende Jugendarbeit das Aufsuchen heraushebt, führt er ein bislang sehr vernachlässigtes methodisches Prinzip in die Jugendarbeit ein, das Helmut Lessing schon 1982 so umreißt: "Orte der Jugendarbeit (sind) nicht irgendwo (…), sondern dort, wo sich der alltägliche Lebenszusammenhang der Jugendlichen entfaltet". Jugendarbeit habe demnach zu den Jugendlichen zu gehen, statt zu erwarten, daß die Jugendlichen zu ihr kommen. Der Begriff aufsuchende Jugendarbeit läßt zunächst völlig offen, ob damit eine Erweiterung konventioneller Jugendarbeit gemeint ist oder die Schaffung eines eigenständigen Arbeitsfeldes und ob das Ganze eine Ergänzung oder eine Alternative zur bisherigen Praxis sein soll. (…)

Unter dem Begriff Straßensozialarbeit wurde der aufsuchende Ansatz bislang ausschließlich in der sozialen Arbeit mit extrem auffälligen Jugendlichen in innerstädtischen Problemgebieten praktiziert und dabei die jeweilige Zielgruppe über jeweils spezifische Problemlagen definiert (Straßensozialarbeit mit Drogenabhängigen, mit Prostituierten, mit Strichem, mit Trebern, mit extremen Jugendszenen u.ä.). Nicht wer hier wohnte oder hier seine Lebenszusammenhänge hat, sondern nur, wer hier einer spezifischen Problemgruppe zugeordnet wurde, wurde zum Adressaten von Straßensozialarbeit.

Aufsuchende Jugendarbeit dagegen ist nicht problem(gruppen)-, sondern lebensweltorientiert.

aus: Prof. Dr. Franz Krafeld, Aufsuchende Jugendarbeit – aber wie? in: sozialmagazin, 20. Jg 1995, H.11, S. 39

Les "traditionnels" restent dans les bistrots locaux et sortent tout au plus du quartier pour aller en clique à un bal ou à une kermesse.

Les "émancipatifs" (surtout immigrés) se libèrent de leur passé en sortant dans d’autres lieux. Ils organisent leurs sorties en insistant sur la tenue vestimentaire, sur la voiture, sur le groupe. Ils recherchent l’anonymat: "sortir du quartier pour trouver un nouveau départ." Nous constatons que ce groupe a tendance à sortir dans les villes limitrophes comme Arlon: là ils sont moins perçus comme "immigrés".

Les jeunes et l’école/l’emploi. Les parents semblent influencer très fortement l’évolution scolaire des jeunes au-delà de l’obligation scolaire et ceci d’une manière assez brutale: ou bien les résultats scolaires sont satisfaisants et l’école ne coûte pas trop, ou bien le jeune doit travailler et gagner sa vie. La famille a tendance à exiger une productivité à court terme du jeune.

L’école opère une coupure parmi les jeunes: il y a ceux qui espèrent encore (terminer avec un diplôme, même si celui-ci n’est pas trop prometteur) et ceux qui n’espèrent plus!

On peut constater que les jeunes filles investissent plus dans l’école. L’école est vue par elles comme un espace de liberté, d’émancipation, par rapport à la famille.

Les jeunes qui ne fréquentent plus l’école et qui n’ont pas d’emploi ne sont souvent pas enregistrés comme demandeurs d’emploi: ils survivent par la prestation de petits boulots, le travail au noir ou la petite criminalité.

Les objectifs de notre présence

Inter-Actions Faubourgs essaie de créer un espace dans le quartier qui permet au jeune de se retirer en vue de digérer ses problèmes rencontrés au milieu familial, au milieu scolaire, au milieu du travail. Nous estimons qu’il est important pour le jeune d’apprendre à gérer sa vie, ses transitions vers l’âge adulte. L’objectif global visé est l’autonomie du jeune en vue d’une intégration optimale dans la vie sociale.

L’autonomie. Le jeune voit le club des jeunes comme le premier endroit où il échappe un peu à la surveillance de ses parents et de son entourage.

Cet espace de liberté doit lui permettre de franchir certaines barrières pour arriver à une autonomie. Ceci est un apprentissage pour les jeunes qui acceptent certaines responsabilités à l’intérieur du club. Il est important de les amener à réfléchir et à préparer des activités en commun. C’est un apprentissage de structuration de démarches, en vue de la réalisation d’un objectif commun.

Dans ce cadre, il faut retenir qu’il y a une frontière étroite entre le moment où on "écrase" le jeune parce qu’on lui donne trop d’autonomie et le moment où on ne lui accorde pas assez d’espace pour s’exercer à

l’autonomie. En tout cas, nous sommes plus convaincus d’un modèle de "gestion assistée" que du modèle autogestionnaire.

Nous estimons que l’animateur est le point central de la maison des jeunes. Il est la personne de référence pour le jeune et c’est lui qui doit juger à chaque fois combien d’autonomie il peut accorder à un groupe dans une situation ou activité précise.

C’est lui aussi qui doit fournir des repères de valeurs et participer ainsi à un aspect fondamental de la socialisation du jeune.

La gestion des phénomènes d’exclusion. Dans la situation de tous les jours le jeune vit des phénomènes d’exclusion:

  • exclu de prises de décisions familiales
  • exclu d’un type d’enseignement
  • exclu d’un emploi
  • exclu d’une clique.

Ces exclusions se répercutent dans le déroulement journalier du centre de jeunes, présentant à chaque fois l’occasion pour une vraie façon de démocratie. L’animateur qui saura saisir cette occasion devra faire appel à toute sa professionnalité pour gérer ces phénomènes d’exclusion.

Il est évident que le jeune peut avoir des comportements qui produisent son exclusion. D’un autre côté, c’est lui qui opère aussi des exclusions par rapport à d’autres jeunes.

La maison des jeunes a pour but de constituer un espace adapté aux besoins des différents groupes de jeunes. Savoir gérer les phénomènes d’exclusion est donc une capacité indispensable de l’animateur.

La méthodologie

L’approche d’Inter-Actions Faubourgs se veut multidimensionnelle: toucher le jeune dans sa globalité avec ses points forts et faibles en vue de lui faciliter le passage à l’âge adulte.

Si la famille perd en importance pour le jeune, c’est le quartier, son milieu de vie qui prend la relève. C’est à ce niveau que le jeune se retrouve avec ses copains dans les lieux publics (bistrots, pont, arrêt de bus…) et où ils sont reconnus, souvent à tort, par les autres habitants comme "fainéants qui dérangent".

Le travailleur social doit aller à la rencontre du jeune dans le quartier, là où le jeune se trouve. C’est le travailleur social qui doit faire le premier pas envers le jeune (Aufsuchende Jugendsozialarbeit, streetwork, Geh-Prinzip). L’approche acceptante du jeune permet au travailleur social d’atteindre une relation de confiance avec les jeunes. Cette approche se distingue de celles que le jeune à l’habitude de connaître au foyer familial, à l’école et/ou à l’entreprise.

Tout comme la famille, le quartier vit également une crise. Les noeuds de contact traditionnels que représentent le boulanger, l’épicier, l’instituteur disparaissent et laissent souvent un vide. Le travailleur social et la maison des jeunes peuvent devenir de nouveaux

noeuds dans la vie social d’un quartier et aider ainsi à stabiliser le quartier comme sous-système.

Il est important que le travail avec les jeunes soit intégré dans un projet de développement communautaire plus large: le contact avec les jeunes d’une part et avec les autres habitants du quartier d’autre part, évite une stigmatisation trop importante des jeunes. Le travail social communautaire vise à créer ou à fortifier les liens entre habitants du quartier. C’est ainsi que le quartier peut représenter une ressource supplémentaire à tous les habitants, notamment aux jeunes qui en sont un sous-groupe particulièrement vulnérable.

La présence du travailleur social doit être visible dans le quartier: que ce soit en tant qu’interlocuteur dans la rue ou en tant qu’animateur dans une maison des jeunes. L’existence d’un lieu de rencontre pour les jeunes nous paraît primordiale. Ce lieu doit pouvoir être approprié par les jeunes comme leur espace propre, mais il doit être aussi présent dans le quartier (transparence).

Le contact avec le jeune se fait dans le temps des "loisirs". Notre intervention se fait donc en dehors des heures de classe ou des heures de travail. Pour certains jeunes ce temps des "loisirs" peut être assez important vu leur situation de chômage. Par ailleurs, nous estimons que ce temps va augmenter sensiblement dans les années à venir.

Dans ses loisirs le jeune veut se divertir, prendre du recul, oublier ses problèmes de famille, de relation, d’école, d’emploi. C’est à ce niveau que le travailleur social doit être à la disposition du jeune pour le "chercher là où il se trouve". Il s’avère important de souligner l’approche acceptante du travailleur social. Il ne doit pas exprimer des jugements hâtifs, mais il doit plutôt montrer des alternatives qui soulignent sa fonction de repère de valeurs. Le travailleur social est

Butschkow
in: Publik-Forum

Jugendhäuser

l’interlocuteur que le jeune peut rencontrer pour ses problèmes multiples. Maintenir le contact ne pas cou-

per définitivement les ponts sont des mots d’ordres capitaux.

Extrait d’un document d’Inter-Actions Faubourgs asbl

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