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Le texte suivant est la suite du document publié par la "Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité" des Eglises européennes, dont les deux premiers chapitres concernant les acquis de la révolution nicaraguayenne, les difficultés économiques ainsi que la politique intérieure parurent dans "forum" no. 72. Comme le 5e chapitre sur "L’Eglise et ses tensions" n’apporte rien de nouveau à nos lecteurs qui ont pu lire l’analyse du père François Routart (in "forum" no. 64/21.5.83), nous en ferons l’économie à cet endroit.
3. Politique externe; conflit et désir de paix
Le Nicaragua subit depuis plusieurs mois une agression armée à partir de l’extérieur de ses frontières.
3.1. Les « Contras » : qui sont-ils ?
Au Honduras, près de la frontière du Nicaragua, se trouvent de 8 à 12.000 hommes dont la volonté est d’envahir le Nicaragua. Ce sont d’abord d’ex-gardes de Somoza, auxquels le Honduras a donné refuge et appui. Puis des Indiens Miskitos, de la côte Atlantique, ralliés volontairement ou non à l’opposition, et aussi
des paysans non intégrés à la révolution, qui sont passés au Honduras. Enfin des bataillons entiers de Chiliens et d’Argentins, mercenaires appelés à la rescousse. Et avec eux tous, des conseillers militaires américains, avec de l’argent pour payer et nourrir toute cette armée, et de l’équipement moderne de guerre.
Au Sud, sur la frontière du Costa Rica, Eden Pastora (qui avait participé au renversement de Somoza), avec environ 2.500 personnes, que tous s’accordent à décrire comme mal préparées et mal équipées, et sans proposition valable. Les Américains ne semblent pas l’avoir en haute estime, et les propos de Pastora indiquent que ce sentiment est réciproque.
3.2. Invasions et agressions
Ces forces guerilleros d’opposition n’ont en fait qu’un but : envahir le Nicaragua. L’occupation d’une partie du territoire leur permettrait de former un gouvernement provisoire, et de demander alors une aide officielle des Etats-Unis, aide militaire que Reagan
Die USA am Isthmus
Rund um Nicaragua postieren die Vereinigten Staaten ihre Militärmacht. Honduras ist die wichtigste
Bastion Washingtons in der Region; in das Bürgerkriegsland El Salvador kann Reagan jetzt mit Einwilligung des Kongresses großzügige Militär-
hilfe lenken. Vor den Küsten Mittelamerikas begannen jetzt wieder Manöver der amerikanischen Kriegsflotte.
in: Die Zeit, 1.6.1984
„Der Kessel um Nicaragua ist geschlossen“
US-Streitkräfte für Lateinamerika einsatzbereit
von Paul Lindenberg (Washington)
Die kleine amerikanische Fregatte, die am Donnerstag morgen im Gulf of Fonseca aufkreuzte, ist der letzte entscheidende Schachzug der Regierung Reagan im Bemühen, das Sandinista-Regime Nicaraguas ohne offizielle Blockade zu blockieren. Diese Fregatte nimmt in einem Gewässer Aufstellung, das El Salvador und Nicaragua trennt, und zwischen den Küsten beider Länder liegen nur 30 Kilometer. Eine andere US-Fregatte hatte hier bereits zu Beginn der Woche Posten bezogen, und beide US-Kriegsschiffe werden ab Freitag gemeinsam dafür sorgen, daß über die Golf-Enge hier keine nicaraguanischen Waffen mehr auf dem Seewege an die aufständischen El Salvadors transportiert werden. Wie alle US-Streitkräfte in der Region, so werden auch diese beiden Fregatten nicht direkt aktiv: aber sie werden die Marinestreitkräfte von Honduras und El Salvador dann alarmieren und mit Detail-Informationen versehen, wenn sie ein verdächtiges Schiff gesichtet haben – die Exekutive liegt dann bei diesen Staaten.
Die Aufstellung dieser beiden US-Fregatten beendet praktisch das, was ein Pentagon-Offizier mit der Bemerkung umriß: „Der Kessel um Nicaragua ist geschlossen“.
Die vollendete „Einkesselung“ Nicaragua konstatiert auch der kürzlich in Pension gegangene US-Obersteutnant Edward L. King, der an den rund einjährigen Vorbereitungen der verschiedenen einzelnen
militärischen Schachzüge mitgewirkt hat: „Wir sind jetzt unabhängig vom US-Südkommando in Panama. Das war aus politischen Gründen erforderlich. Unsere Streitkräfte könnten jetzt, so erforderlich, aktiv werden, ohne Panama als Sprungbrett benützen zu müssen“.
Im Klar-Text heißt das: eine US-Streitmacht zu Lande, zu Wasser und zur See ist im zentralamerikanischen Raum einsatzbereit geworden, wobei nicht unterschlagen werden darf, daß Präsident Reagan und Verteidigungsminister Weinberger auch weiterhin unterstreichen, daß an eine „Amerikanisierung der Auseinandersetzungen“ nicht gedacht sei. Aber: Für „den Fall der Fälle“ haben die USA Position bezogen.
Und dabei handelt es sich um massive Positionen, wie eine taktische Analyse zeigt: In Verbindung mit den beiden erwähnten US-Fregatten ist die US-Radarstation von La Choluteca im Honduras-Grenzgebiet zwischen El Salvador und Nicaragua von entscheidender Bedeutung. Hier sind 100 Elite-Marines stationiert. Im hondurischen Palmerola, nördlich der Radar-Station, sind elf Ovmohawk-Aufklärungsflugzeuge des 224th Military Intelligence Battalion zu finden, und das CIA-„Mutterschiff“, das die Verminung nicaraguanischer Gewässer beaufsichtigte, ist noch immer in den Pazifischen Gewässern stationiert. „Gegenüber“, auf der Atlantik-Seite des „Kessel“, hat die
US-Armada seit einer Woche, als das „Manöver“ „Ocean Venture One“ begann, ihre zahlenmäßig größte Stärke in dieser Region überhaupt erreicht: Eine Flugzeugträgergruppe besteht aus 350 US-Kriegsschiffen mit 30 000 Mann an Bord, südlich von ihr kreuzt ein Verband aus einem weiteren CIA-„Mutterschiff“ und zwei Zerstörern, und die Zahl der zugeordneten U-Boote ist bisher unbekannt geblieben.
Für die US-Luft- und Landtruppen ist Honduras zu einer Bastion geworden. In San Lorenzo und Trujillo sind riesige Munitionslager vorhanden, bewacht von US-Special Forces. Allein 2 000 Soldaten des 864. Pionierbataillons sind mit dem Bau von einem Dutzend US-Luftwaffeninstallationen in Honduras befaßt. 1 700 Luftwaffenangehörige sind auf der Palmerola-Luftwaffenbasis stationiert, wo sich das US-Hauptquartier befindet.
Zug für Zug ist dieser „Aufmarsch“ binnen kurzer Zeit vollzogen worden, unter größtmöglicher Geheimhaltung. Er dient, so das Weiße Haus, der „Einschüchterung“ der Salvador-Rebellen und ihrer sandinistisch-nicaraguanischen Helfershelfer, nicht der Vorbereitung einer aktiven Rolle des US-Militärs – aber die wird auch nicht völlig ausgeschlossen. Was allerdings den „Fall der Fälle“, den Reagan zu verhindern bemüht ist, auslösen könnte, will in Washington niemand definieren.
LW-Leser trauten am 27.4.1984 ihren Augen kaum. Nachrichten, die bisher in ihrer Zeitung immer als kommunistische oder zumindest antiamerikanische Propaganda abgetan wurden, wurden diesmal auf Seite 2 100% bestätigt. Und selbst, dass der ganze militärische Aufwand sinnlos ist, oder jedenfalls in keinem Verhältnis zum vorgetäuschten Zweck steht, wird ihnen klargemacht, denn das angebliche Ziel der Blockade Nicaragua wird nur in einem halben Nebensatz erwähnt! Schade, dass LW-Leitartikler die eigene Zeitung nicht lesen …
s’empresserait de leur donner ouvertement (alors qu’il le fait aujourd’hui souvent en cachette et contre le Congrès).
Mais malgré des mois d’efforts, les «Contras» n’ont pas réussi. Ils n’occupent aucune partie du Nicaragua. Et ils continuent d’attaquer. Des bandes de 50 à 100 «Contras» viennent attaquer villes et villages de la frontière, tuer des leaders et des miliciens (700 tués déjà depuis le début de 1983); ils bombardent au mortier les communautés et les villes, du haut des montagnes. Ils viennent kidnapper des populations villageoises entières qui sont emmenées au Honduras pour y être
souvent présentées au monde comme des réfugiés qui ont fui le Nicaragua. Certains, bien sûr, sont allés volontairement au Honduras; mais il s’agit d’une minorité.
Toute la frontière avec le Honduras, et une partie de la frontière sud, sont affectées par ces conflits. Pour raison stratégique et de protection, on a dû évacuer une grande partie de la population qui vivait près de la frontière, population installée dans de nouvelles colonies situées plus à l’intérieur du pays.
3.3. La défense
Pour se défendre, le Nicaragua compte sur son peuple.
— Quelques bataillons ont été envoyés à la frontière. Mais toute l’armée n’a pas été mobilisée. Pour résister à l’invasion, on a organisé les milices; des comités de défense existent dans les villes, fermes, villages, et on a donné « toutes les armes au peuple » (slogans et posters le répètent à travers tout le pays). Il faut que le gouvernement ait la certitude de l’appui que lui donne le peuple pour armer ainsi celui-ci.
— C’est donc sur les paysans, travailleurs, jeunes que repose en grande partie la défense. Mais ils assurent cette défense en continuant leur travail. A Jalapa, sur la frontière du Honduras, on aura cette année la cueillette record de l’histoire. Près de là, à 4 km. de la frontière, nous avons rencontré dans une école un groupe de moniteurs d’alphabétisation venus apprendre pour ensuite, au cours de la semaine, transmettre leurs connaissances à leur groupe, chacun dans son village. Et les nouvelles colonies créées pour les populations évacuées des frontières ne sont pas simplement des camps ou des refuges: il s’agit de véritables colonies où les paysans reçoivent des terres, ou des coopératives sont organisées, des écoles et des postes de santé construits. Un missionnaire canadien qui travaille dans cette région fait remarquer: « Ces gens ont atteint en quelques mois, à cause du conflit, un degré de développement qu’ils auraient mis 10 ou 15 ans à atteindre autrement ».
Et c’est peut-être là une des surprises du Nicaragua: malgré conflits et invasions, la vie continue normalement, la production reste importante, l’éducation progresse comme la santé et tout le reste; la Révolution fait son chemin, malgré les difficultés.
3.4. « No pasarán »
Tout indique donc que, sur la base de l’actuel rapport de forces, les « Contras » ne réussiront pas à passer. Cette guerilla pourra durer encore longtemps, mais tous se sont montrés d’accord, chez les Sandinistes comme chez les opposants politiques au régime, pour dire que personne, sauf l’U.S.A., n’était en mesure de faire renverser le régime sandiniste.
Mais des dangers sérieux existent. Et une certaine crainte n’est pas absente chez quelques-uns:
— on craint que les « Contras » obtiennent plus d’alliés (payés bien sûr par les USA), surtout de pays comme l’Argentine, le Chili;
— On craint les manœuvres conjointes USA et autres pays d’Amérique centrale, qui se déroulent au Honduras et qui peuvent être l’occasion d’attaques plus violentes;
— on craint surtout ce que pourra décider l’administration Reagan, si les Etats-Unis lui permettent une intervention plus directe.
3.5. Négociations et possibilités de solution pacifique
— Deux positions s’affrontent:
- les Etats-Unis voudraient une solution globale, régionale, pour tous les conflits de l’Amérique centrale;
- le Nicaragua, pour sa part, veut le respect de la souveraineté de chaque pays et désire que chaque conflit se règle bilatéralement par les parties intéressées.
Le 19 juillet dernier, le Coordonnateur de la Junte a rendu public un plan de paix en six points pour l’Amérique centrale, basé sur ce principe.
Les Etats-Unis, pour leur part, dès qu’il est question de négocier avec le Nicaragua, de maintenir de bonnes relations ou de reprendre leur aide économique à ce pays, po-
In: Le Monde, 28/7/1983
sent dès le départ les conditions suivantes, qui nous ont été répétées par un diplomate américain :
- la « redémocratisation » du pays, le pluralisme politique et des élections ;
- une économie mixte ;
- des réformes sociales ;
- ne pas exporter leur révolution (c’est-à-dire ne pas faire passer d’armes pour la guerilla du Salvador) ;
- enfin, la plus récente des « conditions préalables » est la « réconciliation », soit la réadmission dans le pays de tous les « Contras » qui en sont sortis.
— Les négociations semblent donc difficiles entre les parties en conflit. Mais certaines perspectives et espérances se dessinent :
- avec les USA, un dialogue a été entamé, qui pourra se poursuivre ;
- on attend beaucoup des efforts et des propositions des pays de la Contadora.
— Le rôle de l’Eglise dans les efforts de paix n’a pas toujours été très positif. Le Nonce y travaille et voudrait une action des deux Eglises du Nicaragua et du Honduras pour la paix.
Le futur du Nicaragua, en ce qui regarde le conflit armé actuel, semble assez incertain et dépendra pour beaucoup de la politique des Etats-Unis. Le Nicaragua, lui, compte sur les efforts de la Contadora, sur l’opinion publique américaine, et sur la solidarité internationale.
Cette solidarité internationale se manifestera principalement sous deux aspects :
— l’aide aux personnes déplacées de la frontière, qu’il faut installer en de nouvelles colonies, avec tout ce que cela comporte de secours immédiat, de réorganisation et de développement de tous les secteurs vitaux ;
— l’appui au peuple nicaraguéen dans ses efforts d’autodétermination et de développement ; les pressions internationales, d’Eglises et d’organismes divers, pour dénoncer l’agression et empêcher toute intervention et invasion, ont actuellement une importance capitale.
4. Organisation sociale et droits humains
Dans le cadre de l’organisation sociale et des
droits qui la constituent, il y a trois secteurs qui posent actuellement des questions à l’opinion publique interne ou externe au Nicaragua.
4.1. Education et collèges privés
— L’éducation, tant des adultes que des jeunes, a fait de nets progrès au Nicaragua. Le campagne d’alphabétisation de 1980 a été continuée par des cours divers pour adultes, et a permis de créer une infrastructure dont on se sert pour toute l’éducation. Les écoles rurales se sont multipliées, et le nombre d’étudiants universitaires a plus que doublé depuis 1979.
— Certains responsables et associations de parents de collèges privés, et plus spécifiquement catholiques, ont cependant des plaintes contre le gouvernement en ce qui concerne leurs écoles.
4.1.1.
On accuse le gouvernement de ne plus respecter les listes de professeurs présentés par les collèges catholiques, et d’imposer la substitution de plusieurs professeurs pour placer des gens favorables au sandinisme.
Il y eut en fait des cas de professeurs changés ; les anciens professeurs étaient considérés par le gouvernement comme incompétents ou trop doctrinaires de l’opposition. Pour leur part, des Congrégations religieuses ont aussi éloigné de l’enseignement dans leurs collèges des religieuses et professeurs plus ouverts au processus. On cite par exemple le cas de religieuses nicaraguéennes envoyées en Espagne.
Questionnés sur cette politique gouvernementale, les groupes et personnes impliqués n’ont pu fournir que quelques exemples de cas isolés ; il ne semble pas s’agir d’une norme générale.
4.1.2.
On dit aussi que les nouveaux programmes véhiculent une idéologie marxiste, et que les textes scolaires sont aussi teintés de marxisme et édités à Cuba.
On reconnaît en général que, sans être doctrinaux ou propagandistes, les programmes et textes véhiculent de nouvelles valeurs, sont basés sur la réalité sociale, culturelle et économique du peuple, et sont pro-sandinistes. Pour beaucoup de professeurs, religieux et religieuses, on y voit là beaucoup d’aspects positifs, et un nouveau défi : comment évangéliser cette réalité ?
Nous avons pu consulter quelques uns des textes utilisés pour l’éducation des adultes, qui ne nous ont pas posé de problèmes idéologiques ou doctrinaux.
Il est vrai aussi que plusieurs textes sont imprimés à Cuba. L’explication donnée en est purement économique: alors qu’ils ne coûtent presque rien s’ils viennent de Cuba, ils seraient à des prix inabordables s’ils devaient être achetés en dollars ailleurs.
4.1.3.
L’enseignement de la religion dans les écoles soulève aussi des questions. On reproche au gouvernement de ne pas permettre l’enseignement religieux durant les heures de classe, même dans les collèges privés.
Les autorités reconnaissent des erreurs commises à ce sujet, surtout par des cadres intermédiaires mal préparés ou mal informés. On reconnaît aussi que les programmes réguliers sont chargés. Mais on affirme que l’enseignement religieux est permis et peut se faire, durant les heures normales de classe, et en fait il se donne. Les cas problèmes qui nous ont été cités semblent s’être produits quand l’enseignement «religieux» était plus ouvertement politisé et d’opposition.
Mais dans la plupart des collèges catholiques, l’enseignement religieux est donné normalement, pendant les heures de cours. Il y a eu des cas de religieuses à qui des directeurs sandinistes avaient demandé d’enseigner la religion dans des écoles publiques.
4.1.4.
Enfin, des collèges catholiques se plaignent d’une crise financière, dont ils rendent responsable le gouvernement. Il est vrai que, pour permettre à tous (et pas seulement aux riches) l’accès aux collèges privés, les frais de scolarité payés par les parents ont été gelés et que, pour le paiement par le gouvernement de professeurs des collèges privés, des contrats doivent être établis régulièrement. Il faut dire aussi que plusieurs maisons mères de Congrégations religieuses (d’Europe en particulier), devant la crainte de voir leurs collèges du Nicaragua devenir sandinistes ou publics, ont coupé des fonds pour ces collèges.
D’après le Nonce apostolique, il faut s’assurer que les contrats actuels soient respectés, et
que les collèges aient, dans l’immédiat, les ressources suffisantes pour survivre. Ensuite, une décision sur les collèges catholiques devra être prise, et cette décision reviendra à la Conférence des évêques.
En fait, ce débat sur les collèges catholiques, qui risque de créer un nouveau conflit entre Eglise et gouvernement, apparaît d’abord comme un problème politique.
4.2. Liberté d’expression et censure
Aux attaques de l’opposition, critiques, déni- grements et diffamations à l’intérieur comme à l’extérieur, le gouvernement a répondu par la censure. Celle-ci s’exerce surtout contre le journal d’opposition La Prensa, et contre certains émetteurs de radio et tv.
La censure s’exerce surtout à Managua: des prêtres de Leon et d’autres villes nous ont affirmé qu’aucune censure n’était faite dans ces villes. Et elle s’exerce surtout contre certains chefs de l’opposition, comme Mgr. Obando y Bravo et d’autres prêtres ou chefs de partis, qui doivent soumettre à l’avance les textes des allocutions destinées aux média.
Plusieurs nous ont assuré aussi que cette censure était mal faite, par des personnes mal préparées.
Questionné à ce sujet, le coordonnateur de la Junte, le commandant Daniel Ortega, admet que la situation n’est pas normale et que des améliorations peuvent être faites. Mais il justifie cette mesure en disant que le gouvernement a réfléchi à l’expérience du Chili, et à tout le travail de déstabilisation et déniement provoqué volontairement contre Allende, qui a amené sa chute; le gouvernement dit qu’il ne peut permettre la répétition de cette expérience au Nicaragua.
4.3. Prisonniers politiques
Dans le passé et à plusieurs reprises, le ministre de l’Intérieur, Tomas Borge, avant longuement parlé de cette question et de ses plans pour, d’abord, faire la rééducation des prisonniers et non seulement les punir, puis pour implanter un réseau de prisons qui ne soit pas les prisons immondes et inhumaines héritées de Somoza (prisons qu’ont d’ailleurs connues la plupart des dirigeants actuels du Nicaragua).
Nous avons pu constater premièrement que le nombre de prisonniers politiques a diminué sensiblement : de 8.000 environ en 1980, il est actuellement de 2.500 (incluant les « Contras » arrêtés récemment).
Nous avons pu aussi constater que des prisons ouvertes ou semi-ouvertes s’organisent (nous en avons visité 3), où les « internes » (on n’utilise pas le mot prisonniers) ont à leur disposition des terres où produire, organisent eux-mêmes leur vie, avec une surveillance minime : ils vont eux-mêmes vendre leurs produits à la ville, et bénéficient de 2 semaines de congé par année. Ils ont des cours et des activités de loisir. Les ex-gardes somozistes qui s’y trouvent, les « Contras » et Miskitos de l’opposition pourraient facilement en fuir, mais aucun ne le fait.
On sait aussi distinguer les idéologues ou ex-gardes, et les paysans ou Miskitos qui ont le plus souvent été victimes de la propagande ou des pressions. Pour ces derniers, après une brève rééducation et de la formation (alphabétisation, agriculture), et parfois sous
pression de la Commission nationale de Droits humains, on les relâche et on essaye de les réinsérer dans une communauté.
CHILES KINDER
Seit 14 Jahren arbeitet Sr Karoline Mayer in den Elendsvierteln im Norden von Santiago de Chile. Das Problem arbeitender Mütter, die nicht wussten, wo sie ihre Kinder lassen sollten – ihre Männer waren arbeitslos und kümmerten sich nicht um die Kleinen – bewegte sie dazu mit Frauen aus den Armenvierteln eine Kindertagesstätte aufzurichten. Diese Erfahrung machte Schule, so dass bald 7 Nachbarsiedlungen das Beispiel nachahmten. Bis 1974 konnte Sr Karoline u. ihre Freunde diese solidarische Arbeit mit Mitteln durchführen, die die arbeitenden Müttern und verschiedene Spender im Land bereitstellten. Doch durch zunehmende Arbeitslosigkeit fehlte das nötige Geld, um das Projekt weiterzuführen, wenn nicht internationale Hilfe – vor allem die Kindernothilfe – ihnen unter die Arme gegriffen hätte.
Wir freuen uns, dass auch wir immer wieder Freunde finden, die diese wichtige Erziehungsarbeit mittragen helfen. Dazu schreibt Sr Karoline: "Die Kinder lernen im persönlichen wie im gemeinschaftlichen Bereich, ihre Welt zu verstehen und sie zu verändern."
Wir danken, im Namen von Sr Karoline, allen Spendern, diesmal aus Bettemburg, Dahlheim, Diekirch, Junglinster, Lamadelaine, Luxemburg und Mensdorf.
Spendeneinnahme (4.Mai-12.Juni1984): 13 250 F
Gesamtbilanz (Feb.80 -12.Juni 1984): 1 201 353
Die Aktion läuft weiter: CCP 36440-65
Michel Schaack
Crauthem
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