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Sur la place publique, le débat associe souvent les caisses vides aux prestations sociales élevées. De nombreuses publications s’attardent sur les transferts sociaux réalisés par l’Etat et supposés trop importants et le besoin de réforme des politiques sociales et de l’emploi. Il ne fait aucun doute que l’Etat luxembourgeois pâtit de l’écart grandissant entre les dépenses et les recettes. La dette publique se creuse et fait fondre les dernières réserves. La responsabilité de cette situation déplorable n’est toutefois pas imputable à la seule progression du budget social, mais est également à trouver dans les frais fixes que l’Etat a endossés au cours des périodes d’investissement précédentes et qui explosent depuis plusieurs années. Il est de notoriété publique qu’au temps des recettes fiscales opulentes qui suivirent la «ruée vers l’or», chaque municipalité, aussi petite fut sa taille, inaugura sa maison socioculturelle de quartier, son nouveau centre sportif et afficha, sous une multitude d’autres formes, sa prospérité. Aucune décision d’investir ne fut remise en question et, par conséquent, plusieurs projets furent concrétisés malgré l’absence de fonds en caisse et le Luxembourg fut bordé de bâtiments de prestige et d’infrastructures excessivement chères. Cela crée de l’emploi et accélère la conjoncture. Moins d’égard est accordé aux investissements, plus coûteux, plus vastes et, pourtant, nécessaires en vue de réformer l’enseignement et l’aide aux défavorisés.
Par ailleurs, prévaut la conviction communément admise que l’inégalité sociale et la concurrence – comprenez l’existence des pauvres et des riches – sont, à long terme, porteuses du développement économique et de la compétitivité. Selon le même raisonnement, l’injustice sociale (à savoir, idéalement, la coexistence de la prospérité et de l’assis-
tance publique dans un Etat providence) devient une condition préalable fondamentale de l’activation et de l’utilisation du capital humain. Cette répartition inégale des richesses grossit le nombre des bénéficiaires du salaire minimum désireux de travailler, qui, presque par définition, doivent être considérés parmi ce qu’on appelle aujourd’hui les travailleurs pauvres et qui, en dépit de leur emploi, doivent vivre sous le seuil de pauvreté (60% du revenu moyen).
C’est précisément ce postulat – la coexistence des pauvres et des riches – qui érode le profil du Luxembourg, terre d’investissement économique, où les travailleurs étrangers décrochent les nouveaux emplois grand-ducaux, au détriment des demandeurs d’emploi défavorisés et le vivier local ne peut, en raison de l’égalité sociale existante et de l’accès inéquitable à l’enseignement, au logement et à la santé, avoir accès à un marché du travail orienté vers les services.
Au mois de novembre 2005, 20,3% des jeunes luxembourgeois étaient sans emploi.
Au Luxembourg, nous observons aujourd’hui qu’en dépit d’une progression de l’emploi, les chiffres du chômage ont fortement augmenté au cours de cinq dernières années et que des individus sont stigmatisés. L’égalité d’accès aux biens matériels (par exemple à un logement décent) et immatériels (tels que l’enseignement, etc.) stimule le développement économique et la productivité et offre des possibilités d’intégration et de participation.
On peut en conclure que cette maxime de la coexistence des pauvres et des riches continue de se payer au prix fort, tout particulièrement au Luxembourg. D’une part, les statistiques d’emploi pour la population résidente demeurent trop basses en comparaison des données dans l’Union européenne et, d’autre part, un nombre croissant de personnes succombe à la passivité et sous-
Klaus Schneider
La répartition inégale des richesses grossit le nombre des bénéficiaires du salaire minimum désireux de travailler, qui, presque par définition, doivent être considérés parmi ce qu’on appelle aujourd’hui les travailleurs pauvres.
alimente les systèmes de protection sociale. C’est, dès lors, manquer de perspicacité de penser qu’une seule réforme du système d’enseignement traditionnel servirait à garantir l’égalité des chances pour tous les citoyens, puisqu’un tel effort ne porterait ses fruits qu’après une à deux générations.
D’aucuns affirment également que les transferts sociaux sont trop élevés. A ce propos, le Luxembourg se positionne dans le tiers inférieur du classement des Etats membres de l’Union européenne. Pendant ce temps, les Etats membres prospères dans l’Union européenne (tels que la Finlande) conservent, alors qu’ils procèdent eux aussi à de généreux transferts sociaux, leur attrait économique. La faiblesse des transferts sociaux, comme observée en Angleterre, n’est pas l’indicateur d’une économie florissante.
En outre, nous savons que les bonnes conditions de vie, tout comme les mauvaises, se transmettent (tel un «héritage») aux générations suivantes et qu’une nouvelle génération grandit dans l’exclusion sociale. Comme chacun le sait, la question de l’activité professionnelle des parents est souvent posée et la réussite professionnelle d’un parent donne toujours un coup de pouce à la carrière. Deux mille jeunes (à savoir 38% de l’ensemble des jeunes sortants) ont quitté entre novembre 2003 et novembre 2004 l’école sans avoir décroché un diplôme et attendent désormais un emploi. Très sélectif, le système scolaire traditionnel est centré sur la promotion des élèves motivés, talentueux, effacés et doués pour les langues.
Les concepts et les méthodes d’intégration des défavorisés et des élèves faibles font défaut. Par conséquent, une politique scolaire inclusive devrait, en un même concept, soutenir tant les parents que les enfants et garantir l’égalité des chances.
Les enfants issus de familles défavorisées ne surmontent qu’avec difficulté leurs conditions de vie précaires et sont souvent les victimes d’une répartition inéquitable des ressources et d’une absence d’assistance aux défavorisés. De plus, le poids de cet héritage transmis aux générations suivantes ne cesse de croître. Le fossé entre les pauvres et les riches ne se comble point, mais se creuse.
En outre, la dépendance vis-à-vis des prestations sociales et le transfert de responsabilité vers l’Etat s’intensifient. Des fractures sociales s’ouvrent ainsi dans l’Etat providence. L’équité sociale demeure toutefois un devoir pour tous les citoyens et non l’affaire des seules personnes concernées.
Une action à court terme, sans coordination des politiques de l’emploi, des affaires sociales et de l’enseignement ne résout en rien les questions de plus en plus pressantes de l’exclusion et de l’inégalité sociales. Des interventions globales dans l’enseignement et une coordination à long terme des
politiques de l’emploi et des affaires sociales s’imposent en l’espèce. L’ensemble des acteurs (élus, syndicats, patrons, représentants de la société civile, responsables d’institutions sociales, sans oublier les personnes concernées) doit œuvrer à l’élaboration de solutions. Le modèle conventionnel de la tripartie ne suffit pas à résoudre ces graves problèmes et doit être élargi afin de permettre la participation active de tous les protagonistes. Les solutions élaborées en commun sont toujours les meilleures.
Petition gegen das neue Asylgesetz
Am 20. Dezember 2005 hat die Abgeordnetenkammer ein Asylgesetz verabschiedet, gegen das der Staatsrat Einspruch erhoben hat. Das Gesetz muss somit ein zweites Mal im Parlament diskutiert und verabschiedet werden, um rechtsgültig zu sein.
Außer dem Staatsrat haben nichtstaatliche Organisationen sowie auch die Anwaltskammer ihre Bedenken zu dieser Gesetzesvorlage geäußert. Diese würde gegen Basisprinzipien der Demokratie und der Menschenrechte verstoßen.
Folgende Punkte erscheinen uns problematisch:
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Die Abschaffung der doppelten Rechtsprechung bezüglich des Urteils des Verwaltungsgerichtes sowie der Entscheidung des Ministers im Falle der beschleunigten Prozedur stellt einen rechtlichen Grundsatz in Frage und schafft einen Präzedenzfall.
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Der Freiheitsentzug (bis zu 12 Monaten) ohne jegliches Gerichtsurteil ist mit der luxemburgischen Verfassung (art. 14: «Nulle peine ne peut être établie et appliquée qu’en vertu de la loi») kaum zu vereinbaren.
Der Brand im Schrassiger Gefängnis hat Missstände aufgezeigt und deutlich gemacht, dass Asylbewerber nicht in eine Strafanstalt gehören. Geeignete Empfangsstrukturen, die juristischen Beistand, psychosoziale Betreuung und Kontakt zur Außenwelt ermöglichen, erscheinen uns dringend nötig. Der im Gesetz vorgesehene centre de rétention kann diesen Anforderungen nicht gerecht werden.
Unser Aufruf möchte alle Abgeordneten dazu bewegen, nicht für das Asylgesetz in seiner jetzigen Form zu stimmen. Wir hoffen, dass die Entscheidung des luxemburgischen Parlaments in dieser wichtigen Frage nicht durch parteipolitische Zwänge bestimmt wird.
Sonja Kmec (sonja.kmec@uni.lu), Christian Dessouroux (cdessouroux@yahoo.com), Benoît Majerus (benoitmajerus@yahoo.com), Anne Schiltz (aschiltz@ulb.ac.be)
Wenn Sie diesem Aufruf ihre Stimme geben wollen:
http://petition.networld.lu oder Fax unter der Nummer 42 08 71.
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