Les chargés de cours: une réserve nationale

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Le nombre : Actuellement, 899 chargés d’éducation sont employés dans les lycées. Ceci représente 22 % du corps enseignant.

Le niveau de formation académique minimale : Un bachelor (bac +3) ou un brevet de maîtrise sont requis pour devenir chargé de cours.

La pédagogie : Les chargés passent 60 heures en formation pédagogique durant leurs deux premières années. Durant les premiers mois, les chargés se retrouvent donc souvent devant leurs classes sans que rien ne les y ait préparés.

Les contrats de travail : Les chargés sont des employés d’État. 674 d’entre eux sont actuellement embauchés sous contrat à durée indéterminée (CDI), 225 sous contrat à durée déterminée (CDD). Depuis l’arrêt de la Cour administrative de janvier 2007, les CDD ne peuvent être renouvelés plus d’une fois. Le troisième contrat proposé doit donc être un CDI. Le chargé entre alors dans ce que le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENPF) désigne de « réserve nationale des chargés ».

Les critères d’embauche pour un CDI : Ils sont fixés par le règlement grand-ducal du 15 octobre 2010 : « Le chargé d’éducation à durée déterminée est évalué par le directeur ou son délégué qui lui attribue avant le terme du premier renouvellement de son contrat une note se situant sur une échelle de 0 à 20 points. Une note inférieure à 10 points est éliminatoire. Pour déterminer la note d’évaluation, il est notamment tenu compte des critères suivants : maîtrise de la matière enseignée, maîtrise de la langue véhiculaire, capacité de gérer les apprentissages des élèves par une démarche didactique adaptée, capacité de maintenir la discipline et de gérer la classe dans une atmosphère propice à l’apprentissage, démarche réflexive, intégration dans la communauté scolaire. » Ceci soulève deux questions : le directeur est-il à même d’évaluer le candidat selon ces six critères ? Cette évaluation par le supérieur direct n’institutionnalise-t-elle pas l’arbitraire et le favoritisme ?

Le salaire : Le règlement grand-ducal du 28 juillet 2000 fixe le régime des indemnités des chargés d’éducation des lycées et lycées techniques publics. Les chargés sont payés au rabais : avec un bac +4 (master 1) ou bac +5 (master 2), le chargé gagnera 4 300 euros à temps plein (24 heures de cours par semaine) ; avec un bac +3, il gagnera 3 783 euros, et avec un brevet, le chargé gagnera 3 594 euros (toujours bruts). Autant pour la théorie ; dans le pratique par contre il y a un hic : le plus souvent, les contrats soumis aux chargés prévoient un travail à temps partiel de 10 heures par semaine. Si

plus d’heures se libèrent dans le lycée, le chargé aura plus d’heures ; sinon, son salaire peut très vite tomber en dessous du salaire minimum.

Les épreuves préliminaires : Il s’agit de tests de langues. Si le candidat a étudié en Allemagne, il sera testé en français ; s’il a étudié en France ou en Belgique, il sera testé en allemand. Un chargé ne doit pas réussir ce test pour continuer à enseigner.

Les examens-concours : C’est le billet d’entrée pour le stage. Il s’agit d’épreuves écrites qui testent les connaissances académiques des aspirants professeurs. Cette année-ci, en histoire, les sujets étaient : « Die Entstehung des römischen Kaisertums: Von Cäsars Diktatur zum Prinzipat des Augustus » ; « Papsttum und Kaisertum im Zeitalter der Salier » ; « Les relations internationales en Europe sous la Révolution et l’Empire » ainsi que « Les régimes dictatoriaux en Europe dans l’entre-deux-guerres » Vaste programme… Les copies sont corrigées par des commissaires du gouvernement et par des enseignants de lycée (c’est-à-dire par des futurs collègues ayant le même niveau académique). Le taux d’échec à cet examen se situe en moyenne autour de 30 %. Les compétences pédagogiques ne sont pas testées. Le candidat passe néanmoins une épreuve orale devant un jury.

Le taux d’échec au stage : Selon des informations fournies par le MENPF, pour l’année scolaire 2010/2011, 152 enseignants étaient inscrits en stage pédagogique. Ils étaient cinq à ne pas le réussir.

La politique de rigueur budgétaire : Le ministère établit des plans pluriannuels chiffrant les besoins en matière de professeurs dans telle ou telle matière et le Conseil des ministres donne son accord. « Chaque année, c’est une négociation avec mes collègues », précisait la ministre il y a un an dans une interview accordée au Jeudi. En 2010, Mady Delvaux-Stehres avait déclaré préférer « recruter tout le monde par le concours ». Pourquoi ne le fait-elle pas ? Le ministère répond : « Parce que les candidats n’ont pas le niveau. À la sortie de l’université, les étudiants sont trop spécialisés. Or, au lycée on enseigne des généralités. »

La réforme de l’examen-concours : Début 2011, Mady Delvaux-Stehres l’avait annoncée, tout en refusant d’en dévoiler les détails. D’après nos informations, la réforme piétine : au MENPF, on attendrait la mise en place de la réforme de la fonction publique.

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