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Sam Tanson
Un parti à conviction
Sam Tanson, vous êtes une avocate de 30 ans et une des deux porte-parole des Jeunes Verts au Luxembourg. Qu’est-ce qui différencie en fait aujourd’hui les Verts du DP ?
Sam Tanson : Pour moi, les différences sont évidemment claires. Sur le plan politique, nous nous engageons toujours avec une idéologie forte, dominée par la question environnementale, mais aussi par des questions sociales, avec une tendance bien plus prononcée vers la gauche que vers le libéralisme pur et dur. Si nous sommes, ce qui nous est parfois reproché, des libéraux, nous le sommes avant tout en matière de questions de société.
Je pense que nonobstant toute caricature, les gens peuvent très bien situer les Verts sur l’échiquier politique, chose qui, j’estime, n’est pas aussi aisée pour le DP. Nous sommes un parti à conviction et j’espère bien que nous allons le rester.
Au Luxembourg aussi, les Verts sont le parti des personnes instruites entre 40 et 60 ans. Avec quels sujets le parti entend-il à l’avenir intéresser les électeurs luxembourgeois jeunes et riches ?
S. T. : Je pense bien que notre but final ne sera pas d’intéresser les Luxembourgeois jeunes et riches…
Nous sommes un parti qui, bien qu’étant « dans l’air du temps » du fait de notre poids lourd thématique, prend en considération le souci des plus jeunes générations bobo et autres de construire un monde durable. Il a également toujours privilégié les politiques sociales. Je suis convaincue que nous continuerons sur cette voie, que nous nous adresserons toujours non seulement aux Luxembourgeois riches, mais également à ceux, nombreux, qui ne le sont pas et doivent se débrouiller avec le minimum au quotidien, sans oublier les nombreux étrangers
gers qui doivent absolument être intégrés de manière (bien plus) prononcée dans le processus démocratique luxembourgeois.
Je ne conçois pas la politique comme destinée à tel type d’électorat plutôt qu’à un autre. Nous faisons la politique nécessaire à son espace temps et lieu, en essayant de n’oublier aucune catégorie de la population, surtout parmi les plus faibles, dont les jeunes font partie. Nous allons continuer sur les voies entamées,
Je pense que nonobstant toute caricature, les gens peuvent très bien situer les Verts sur l’échiquier politique, chose qui, j’estime, n’est pas aussi aisée pour le DP.
la protection de l’environnement, le développement durable, mais également des réformes de société nécessaires (politique de la famille adaptée à l’époque, mariage homosexuel, vote des étrangers, refonte du système éducatif) et un système social protecteur mais viable. Que de questions qui intéressent aussi, même si pas exclusivement, les soi-disant jeunes.
La thématique de la paix a-t-elle encore une signification pour les Jeunes Verts ?
S. T. : Oui. Même si l’attention est retombée depuis le début de la guerre en Irak et ses manifestations médiatiques, c’est un sujet qui nous concerne, nous suivons les conflits et leur évolution de près. Mais il faut avouer que, sauf à prendre position sur la scène internationale sur laquelle notre voix a un bien faible retentissement, nous sommes au quotidien, en tant que Jeunes Verts luxembourgeois (heureusement) très peu confrontés à la question.
Qui sont vos modèles politiques ?
S. T. : Je ne fonctionne pas vraiment par modèle ou idole. Il y a des femmes et hommes politiques que je respecte ou qui m’impressionnent, sans pour autant m’identifier entièrement à ce qu’ils font/ont fait.
Du côté des femmes, j’ai beaucoup de respect pour Simone Veil, pour son engagement non politicien de femme politique, pour son engagement pour les femmes, pour son engagement européen, mais aussi pour son vécu.
Du côté des Verts, Daniel Cohn-Bendit est un personnage fascinant. Révolutionnaire de la première heure, génial orateur, mais également trop passionné par la vie pour ne faire que de la politique.
D’un point de vue plus personnel, je pense que mon grand-père Roger Schleimer m’a beaucoup marquée. Homme droit dans ses bottes, plutôt en retrait, mais intraitable quant à ses convictions, qui m’a initiée à la politique au rythme de gimmicks électoraux dès le plus jeune âge…
A votre avis, qu’en sera-t-il des Verts dans dix ans ?
S. T. : Je ne sais pas. Il faudrait probablement dire « au gouvernement », mais je n’en suis pas persuadée, vu la constellation politique très particulière au Luxembourg, le système électoral, l’ancrage du CSV, etc. Mais peu importe que ce soit au gouvernement, dans des coalitions communales ou dans l’opposition, au vu du considérable travail de formation en faveur des plus jeunes générations « vertes », les Verts seront toujours là avec force dans dix ans et mèneront encore le même genre de politique constructive, réaliste et progressiste qu’aujourd’hui.
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