Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.

Voilà un titre bien prétentieux! Qui sommes-nous pour oser parler d’Eglise nouvelle? Nous étions au point de départ quelques chrétiens se trouvant dans la situation particulière d’avoir reçu la charge de combler un fossé très profond, que certains disposant de moyens autrement plus puissants que les nôtres s’emploient encore aujourd’hui à élargir. Il s’agit du fossé qui sépare douloureusement l’Eglise du monde très complexe des travailleurs.

Au début nous étions encore très confiants en les structures existantes de notre Eglise, connaissant le grand dévouement de beaucoup de prêtres et de laïcs des paroisses et des mouvements. Avec le temps cependant et après certaines expériences déterminantes nous avons dû nous résigner à constater que l’Eglise dans ses structures actuelles, si elle peut encore être bonne nouvelle pour des particuliers faisant surtout partie des classes moyennes, est incapable ( et je le dis avec une grande tristesse) d’évangéliser le monde des travailleurs, et surtout ceux parmi eux qui sont les plus démunis et les plus exposés à être poussés hors du "circuit de l’avoir et du pouvoir".

Je viens d’employer le terme "évangéliser". Il faut dès maintenant nous entendre sur sa signification. Quand je dis évangéliser je ne le dis pas en tant que possesseur d’une vérité à imposer à d’autres ou en tant qu’envoyé de Dieu pour convertir. Quand je dis évangéliser, je ne dis pas récupérer, endoctriner. Je dis proposer la bonne nouvelle de libération de l’homme en Jésus-Christ mort et ressuscité. Cela commence par l’écoute. Cela exige beaucoup de temps. Cela se fait par des gens pétris par l’Évangile.

Or, je le répète, nous avons fait et faisons l’expérience, que l’Eglise dans ses structures territoriales actuelles est, malgré tous les efforts et toutes les bonnes volontés, incapable d’évangéliser le monde des travailleurs. Amorçons une courte analyse, qui ne se veut pas scientifique. Nous avons constaté que malgré toutes les innovations en liturgie et en organes de cogestion (conseils, équipes de préparation), ce sont encore les curés qui sont considérés par la plupart des paroissiens comme étant l’Eglise ("Il est payé pour faire cela") et selon les dires de certains curés il devient de plus en plus difficile de trouver des chrétiens qui s’engagent. Malgré le Concile Vatican II, malgré un Synode diocésain qui a duré huit ans, nous nous trouvons de plus en plus en situation d’Eglise-service-station où souvent le curé seul reste investi des rôles nouveaux et multiples prônés par le Concile Vatican II. Rôles

qu’il ne saurait supporter à la longue sans défaillir à moins d’être un héros. Je prends le risque de prétendre qu’on ne peut plus être aujourd’hui curé de paroisse en même temps qu’évangélisateur. Les jeunes recrues pour le sacerdoce semblent d’ailleurs pressentir cette impossibilité: je pense que bon nombre d’eux se destinent plus à une tâche de service intérieur qu’à une mission tournée vers le monde.

Je pense que beaucoup de prêtres travaillent avec courage, mais dans un climat plus défaitiste parfois qu’optimiste. Ceux parmi eux qui investissent à long terme en essayant de trouver des réponses sérieuses connaissent de graves difficultés. D’autres veulent se sécuriser et n’osent aborder que les problèmes à court terme (donc sans véritable solution): ils ont peur de voir la situation en face. C’est pourquoi ils vont continuer à faire fonctionner le système écclésiastique, malgré la conscience croissante qu’il est de plus en plus inopérant ou en essayant de se convaincre qu’un jour va venir où il se produira un miracle, un événement nouveau qui changera la situation. Qui pourrait les juger? D’autres recherchent la sécurité auprès de l’autorité-refuge; sous prétexte de ne pas troubler la population, on ne lui explique pas la situation. Je cite à ce propos un passage tiré d’un entretien de Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris avec T.C. (No 1850/24.12.1979)

"Je ne pense pas que les prêtres soient la cause de la crise présente. Ils en sont plutôt le révélateur. A travers eux se lit l’épreuve du corps écclésial tout entier: ils ressentent en première ligne les grandes déchirures de l’Eglise, celle de l’incroyance, celle d’une culture qui bouge. Ils vivent une épreuve de mort, ayant le sentiment d’être les derniers du corps social qu’est le clergé. Leurs problèmes ne sont pas de faux problèmes, mais les symptômes de l’épreuve mortelle de stérilité qu’affronte l’Eglise d’Occident.

Je le dis aux prêtres: nous n’échapperons pas à cette épreuve par un coup de baguette magique. Mais nous pouvons la vivre comme corps symbolique de l’Eglise, malgré nos contradictions, nos déchirements dans la foi et l’amour. Et cela introduit une donnée nouvelle dans un problème insoluble."

Nous avons de plus en plus l’impression de faire partie d’une Eglise stagnante fermée sur l’avenir, coupée des remous et des crises du monde ambiant et qui survit en se cramponnant à des modèles révolus. Nous la voyons pris dans l’engrenage de la sacramentalisation et de la religiosité dite populaire, espérant contre vents et marées que par l’accumulation et la meilleure préparation aux sacrements surviendra l’Evangélisation. Il y a certainement beaucoup de positif et personne ne niera les bons côtés et certains bons résultats de toutes ces démarches.

Mais les travailleurs qui par les aléas de l’histoire et happés comme ils le sont par un monde dominé par l’esprit d’efficacité, de rentabilité et de profit ne peuvent trouver dans l’Eglise ainsi structurée ni une lumière pour leurs interrogations, car cette Eglise est pratiquement étrangère à ce qui domine leur vie, ni un point de départ pour cheminer vers la découverte d’une vie libérée en Jésus-Christ mort et ressuscité. (Il faudra reparler de ce que cela signifie!)

Et nous dont précisément ceci est le but dernier que nous poursuivons, nous n’avons pas trouvé, dans les paroisses, la communauté chrétienne, qui nous porte, nous guide et nous conseille dans nos efforts pastoraux avec lesquels nous essayons de dépasser la "pastorale de rattrapage" (qui consiste à rattraper le baptisé infidèle ou mal croyant aux différentes étapes de sa vie).

Pour continuer à faire le travail pastoral que nous jugeons important et nécessaire, il est pour nous essentiel et vital d’appartenir à un groupe de chrétiens partageant nos interrogations, animant notre recherche par la prière et l’Eucharistie et engagés comme nous à une oeuvre d’évangélisation. C’est de cette nécessité, de ce besoin fondamental qu’est né notre début de petite communauté. Elle se réunit tous les quinze jours dans la chapelle du Centre Joseph Cardijn. Nous orientons notre vie et notre engagement par une recherche commune à partir de l’Evangile, nous célébrons l’Eucharistie et ceux qui veulent restent ensuite ensemble pour une agape.

Les constatations faites plus haut et les expériences que nous faisons ensemble dans notre communauté nous animent aussi à chercher dans la direction des communautés nouvelles pour les travailleurs. Dans notre recherche déjà concrète et nos tâtonnements nous pouvons nous appuyer sur le phénomène des communautés de base en Amérique Latine. Nous avons d’ailleurs fait la rencontre d’évêques, de prêtres, de travailleurs et de syndicalistes qui vivent cette nouvelle façon d’être Eglise à partir du vécu des gens. Ces rencontres nous ont donné beaucoup de courage et ont fortifié notre foi et notre espérance. Ce-

Zeichnung: Isomäki

pendant leur cheminement reste lié à l’histoire et la situation pastorale de l’Amérique Latine, où beaucoup de gens des couches populaires sont pétris de l’intérieur par une foi populaire profonde sur laquelle les animateurs de la foi ont su greffer l’Evangile qui libère. Nous devons nous-mêmes, dans le même esprit inventer nos cheminements vers des communautés d’Eglise nouvelles en monde du travail. Car nous avons la conviction que c’est là pour nous la seule voie pour atteindre le but que nous espérons.

Pour terminer je voudrais très fortement insister sur le fait que toutes les démarches à entreprendre vers des communautés d’Eglise en monde du travail doivent nécessairement être greffées sur le tronc actuel de l’Eglise et devront, une fois réalisées, vivre en communion avec les structures territoriales. C’est l’Eglise même qui va à la recherche "de nouveaux modes d’être église" capables de rejoindre et d’évangéliser un monde qui est en train d’opérer des mutations technologiques entraînant des changements profonds à tous les niveaux de la vie humaine. En disant cela je suis tout à fait conscient que les structures et les fonctionnements actuels de l’Eglise sont si fortement ancrés dans les mentalités de nos gens et si mêlés à la vie même de notre société, qu’il serait utopique de songer à des changements majeurs. Cependant je pose la question suivante: une Eglise peut-elle se permettre d’investir impunément toutes ses forces dans la survie et la reproduction d’un modèle d’Eglise manifestement inapte à rejoindre le monde actuel? Ou autrement formulé: notre Eglise ne devrait-elle pas de toute urgence libérer des forces en grand nombre pour inventer sa présence d’avenir dans le monde?

Jos CADE

NACHKONZILIARE Definition von "Priester": Ein Christ, dem das Charisma des Laien mangelt.

"Haben Sie denn auch als treue Katholikin die richtige Partei gewählt?" fragt der Pfarrer nach dem Wahlsonntag ein altes, schon halb erblindetes Mütterchen. "Ja, ja", sagte die, "ich hab’s schon recht gemacht und mein Kreuz dort hingemalt, wo ‚Kommunion‘ stand."

Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.

Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!

Spenden QR Code