Deux ouvriers italiens parlent

Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.

R., 31 ans, serrurier, père de deux enfants et L. 39 ans, carreleur, également père de deux enfants ont voulu répondre à nos questions. Ils sont tous les deux engagés à la Mission Catholique Italienne dans des groupes de pastorale familiale et de pastorale ouvrière. Ils ne représentent donc pas ‚les‘ ouvriers en général … En fait ils ne représentent qu’eux-mêmes, ils ne prétendent même pas parler au nom des ouvriers chrétiens.

Vous êtes engagés dans des mouvements d’Eglise. Vous êtes donc croyants. Qu’est-ce qui vous fascine le plus dans la personne de Jésus, dans cet homme qui a vécu il y a deux mille ans?

R.: Plusieurs aspects de sa personnalité. Entre autre je vois en lui le défenseur le plus sincère des droits du travailleur et de l’opprimé.

L.: J’admire son humilité; le fait que, tout en étant fils de Dieu, donc Tout-puissant, il soit devenu petit entre les petits. Le contraire de ce que nous avons souvent envie de faire.

Quelles idées associez-vous avec le terme ‚Eglise‘?

L.: La première impression est celle d’une Eglise-institution qui cherche à appuyer et à être appuyée par les plus forts du moment. Elle a été souvent comme ça dans le passé et quelque fois je la suspecte de la même attitude aujourd’hui. L’ouvrier ne se sent pas attiré par cette Eglise. En premier lieu parce qu’il est souvent pris par le problème de survivre au jour le jour. Quand il a dépassé ce stade, il court pour monter les échalons, pour une sorte de revanche: il se sent méprisé, il n’a pas confiance en soi-même, il n’est pas sûr de son avenir, il compense tout ça par l’argent, le standing qu’il peut gagner … Pourquoi serait-il moins que les autres?

En plus le langage de l’Eglise est fait par et pour des intellectuels, pour tous ceux qui ont pris nettement conscience de problèmes plutôt philosophiques et théoriques. L’ouvrier cherche le concret, pas les grandes idées; il cherche l’exemple, pas les beaux discours.

R.: Le mot Eglise me dit au premier abord ‚diplomatie-ambiguïté‘. Dans l’idéal il me dit ‚multitude‘. Je vois souvent l’Eglise dans ce jeu de diplomatie-ambiguïté: pour éviter de blesser certains, pour ne pas créer des discordes, elle peut être tellement diplomatique, qu’elle devient ambiguë. Mais peut-être, elle ne peut pas faire autrement…

Pensez-vous qu’un parti et un syndicat chrétiens soient justifiés? Quelle est leur spécificité à vos yeux?

R.: Le syndicat et le parti chrétiens, dans ce pays notamment, sont justifiés parce qu’ils défendent des valeurs fondamentales pour une société chrétienne; mais pour la défense pratique des droits socio-économiques des travailleurs, le syndicat de gauche me semble plus efficace. Et pourtant ce dernier n’est pas parmi les meilleurs en

Europe. Le mouvement syndical a fait des pas de géant ces dernières décennies, dans de nombreux pays. Il ne s’intéresse plus seulement aux contrats collectifs, aux salaires etc., mais à tous les problèmes concernant la vie du travailleur. Je ne sais pas pourquoi, mais là aussi je vois dans le Christ le meilleur exemple: il est pour moi le ’syndicaliste‘ par excellence.

L.: A mon avis, un bon chrétien devrait pouvoir jouer son rôle dans n’importe quel parti ou syndicat, pourvu que ceux-ci ne nient pas d’avance les valeurs chrétiennes. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas: le chrétien se sent souvent attaqué (et il l’est peut-être) hors de son ‚cercle‘. Je crains aussi autre chose: certains, qu’ils se disent chrétiens ou non, militent purement et simplement parce qu’ils briguent le pouvoir. Ils veulent être des ‚patrons‘ sans en porter le nom. C’est plus dangereux encore … Cela n’exclut pas que nous ayons besoin de leaders, mais nous oublions que ‚diriger‘ est aussi ’servir‘. C’est difficile d’en rester là …

Faites-vous une différence entre Eglise et Foi?

R.: Pour moi ma conscience de chrétien est plus importante que les indications particulières de la hiérarchie. L’Eglise-institution ne correspond pas nécessairement à l’idéal évangélique. Elle devrait pourtant …

L.: Je ne peux pas totalement séparer Eglise et foi. Premièrement parce que j’ai reçu ma foi à travers l’Eglise; secundo, parce que l’Eglise c’est moi aussi et donc je pense devoir participer me battre, contester, si nécessaire, pour que l’Eglise soit vraiment ce qu’elle doit être. La foi n’est pas une idée individuelle, elle doit être vécue ‚ensemble‘.

Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.

Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!

Spenden QR Code