Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.
ce n’est pas qu’une question d’argent
La Confédération Caritas a décidé d’approfondir l’étude des problèmes de la cohésion sociale et de la pauvreté. Dès lors, en septembre 2001, une Cellule Cohésion sociale/pauvreté a été créée au sein de Caritas afin d’étudier, d’analyser des situations de pauvreté vécues au Luxembourg et de promouvoir un discours sur la cohésion sociale. Les travaux de la cellule se basent essentiellement sur des statistiques de la pauvreté et sur l’expérience de terrain de Caritas. C’est dans ce cadre que cet article a été rédigé, en rapprochant les données d’instituts statistiques avec l’expérience des travailleurs sociaux opérant directement avec la population résidente.
Approche théorique
Le concept de pauvreté est difficilement définissable car il couvre un large éventail de situations. La pauvreté est multidimensionnelle et se veut "multi domaines". Dans les textes actuels sur le sujet (notamment Banque Mondiale, PNUD), deux concepts de pauvreté peuvent être mis en évidence : la pauvreté économique et la pauvreté humaine. De ces deux préceptes découlent diverses dimensions de la pauvreté : économique, sociale, culturelle, politique et éthique (Dubois 2001).
1. La dimension économique
Cette dimension fait habituellement référence à trois formes de pauvreté :
-
La pauvreté monétaire ou de revenu : insuffisance de ressources engendrant une consommation trop faible. Référence à un niveau de vie représenté par un seuil de pauvreté.
-
La pauvreté des conditions de vie : insuffisance de satisfaction par rapport aux besoins essentiels au niveau de l’alimentation, de la santé, du logement, de l’éducation…
-
La pauvreté de potentialités : insuffisance de capital pour développer des potentialités permettant de sortir de situations de précarité.
2. La dimension sociale
Cette dimension se rapporte au réseau social des personnes. C’est dans cette dimension qu’on retrouve les notions d’exclusion sociale et de cohésion sociale. Cette forme de pauvreté est marquée par une rupture du lien social.
3. La dimension culturelle
Elle est caractérisée par une insuffisance de reconnaissance identitaire et/ou de modes d’expression.
4. La dimension politique
Ce type de pauvreté se distingue par l’absence de pouvoir de décision ou de participation aux décisions.
5. La dimension éthique
Cette dimension se réfère au capital éthique, c’est-à-dire aux valeurs partagées. La pauvreté "éthique" est marquée par le manque de valeurs partagées et reconnues par la société. Cette pauvreté peut engendrer des comportements violents et de corruption.
En conclusion, on comprend que la pauvreté peut se traduire de différentes façons, qu’elle n’est pas toujours visible aux premiers abords et qu’elle peut être vécue de manière très diverse par les personnes.
La pauvreté au Luxembourg
A. Cadre de la pauvreté économique
Nous allons dans un premier temps nous pencher sur la pauvreté économique au Luxembourg, via l’aspect monétaire de la précarité. Nous allons nous référer aux statistiques récentes publiées par le CEPS/INSTEAD et à un seuil de pauvreté¹ défini internationalement.
18% des moins de 15 ans vivent dans un ménage à bas revenu. Soit près de deux enfants sur dix vivent dans la précarité.
1. Taux de pauvreté monétaire en 1999
En 1999, 11,2 % des ménages résidant au Luxembourg et affiliés à la sécurité sociale luxembourgeoise vivaient dans une situation de pauvreté. Ces ménages en situation précaire sont ceux dont le niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie$^{2}$ médian de la population résidente. Concrètement, cela signifie que pour l’année 1999, 11,2% des ménages disposent d’un niveau de vie mensuel inférieur à 1141,92 Euro. Rapportée aux individus, cette proportion passe à 12%. En termes d’évolution dans le temps, la proportion de ménages ou d’individus vivant en situation de pauvreté est restée relativement stable entre 1994 et 1999.
2. Taux de pauvreté par classe d’âge
Si on s’intéresse au taux de pauvreté en fonction de l’âge, on s’aperçoit que c’est dans la catégorie des plus jeunes que la proportion de personnes vivant dans la précarité est la plus importante. Ainsi, on voit que dans la population des enfants, 18% des moins de 15 ans vivent dans un ménage à bas revenu. Soit près de deux enfants sur 10 vivent dans la précarité. Après 25 ans, cette proportion diminue.
3. Taux de pauvreté monétaire selon l’activité
Parmi les différentes activités des individus, c’est au sein de la population active à la recherche d’un emploi qu’on trouve le plus de personnes vivant dans un ménage au niveau de vie inférieur à 60% de la médiane. Concrètement, plus ou moins 4 personnes sur 10 cherchant un emploi sont concernées par la pauvreté monétaire. Notons que c’est également le cas pour 1 personne active ayant un emploi sur 12.
4. Taux de pauvreté monétaire selon les caractéristiques du ménage
Dans ce graphe, la taille des bulles représente la répartition du type de ménage au sein de la population totale. Par exemple, on voit que la famille nucléaire avec 2 enfants à charge est le type de ménage le plus présent dans la population résidente luxembourgeoise (19,2%). L’axe vertical représente le taux de pauvreté au sein d’un type de ménage. Donc, plus la bulle est vers le haut, plus la proportion de ménage pauvre de ce type de famille est grande. On constate donc, que les familles nucléaires avec 3 enfants ou plus
et les familles monoparentales ont des taux de pauvreté monétaire (22,5%) plus élevés que les autres types de ménages. En d’autres termes, sur quatre familles monoparentales, une d’entre elles vit une situation de pauvreté monétaire, le rapport étant identique au sein des familles avec 3 enfants ou plus à charge. Notons encore que les familles monoparentales représentent 4,1% des ménages et que les familles nucléaires avec 3 enfants ou plus représentent 11,5 % des ménages luxembourgeois.
5. Pauvreté monétaire persistante
Parmi les individus vivant dans un ménage à bas revenu en 1999, 32,3% sont dans cette situation depuis 6 années consécutives.
JE RÊVE DE MINIMUM.
6. Conclusions
Approcher la pauvreté au Luxembourg via les statistiques reflétant la pauvreté monétaire dans le pays, permet de mettre en évidence certaines catégories de personnes plus sensibles aux risques de vivre des situations monétairement difficiles :
- les enfants et jeunes de moins de 25 ans ;
- les élèves / étudiants et les personnes à la recherche d’un emploi ;
- les familles monoparentales et familles nombreuses (3 enfants et plus) .
Ces chiffres publiés par le CEPS/INSTEAD nous permettent également de souligner qu’environ un tiers des personnes vivant dans un ménage à bas revenu sont dans cette situation depuis 6 années consécutives.
B/ Cadre de la pauvreté humaine
Comme nous l’avons relaté dans l’approche théorique, la pauvreté a de multiples facettes et ne couvre pas seulement l’aspect monétaire mais également d’autres dimensions moins quantifiables, moins visibles et que les statistiques ne parviennent pas toujours à refléter. Pour tenter d’expliciter quelque peu ces dimensions sociales, culturelle, politique et éthique, nous nous référons à l’expérience de terrain de Caritas. Ainsi, 32 entretiens ont eu lieu avec les travailleurs sociaux du réseau de Caritas et grâce à leur témoignage nous
pouvons aborder la pauvreté humaine au Luxembourg sous son aspect plus qualitatif.
1. Dimension sociale de la pauvreté
La solitude est aussi une forme de pauvreté, elle peut engendrer l’exclusion dans son sens le plus extrême : l’isolement total de la personne. Cette forme d’exclusion n’est pas prévisible, dans le sens où elle peut toucher n’importe quelle personne à n’importe quelle période de sa vie. La solitude n’est pas quelque chose qui arrive soudainement, suite à un événement marquant mais c’est le résultat d’un processus plus ou moins long de mise à l’écart volontaire ou non de sa personne par rapport à la société.
A titre illustratif³, une étude d’EUROSTAT, datant de 1996, révèle que ce sont les personnes considérées comme pauvres (moins de 60% du revenu médian annuel national), et ce depuis plusieurs années (pauvres chroniques), qui rencontrent le moins d’autres gens. De ce point de vue, le Luxembourg dépasse de loin la moyenne européenne : pour la catégorie pauvre chronique, la proportion de personnes rencontrant d’autres gens moins d’une fois par mois ou jamais est de 19%, alors que la moyenne européenne se situe à 8%.
Les chercheurs du CEPS/INSTEAD ont, dans le même esprit, montré, qu’en 1996, ce sont, d’une part, les personnes estimant vivre difficilement et très difficilement avec leurs ressources monétaires, qui ressentent le plus le sentiment de solitude. D’autre part, concernant la pauvreté sociale, ce sont des personnes seules – veuves, divorcées ou séparées – qui en souffrent davantage. Quant au niveau de l’activité, ce sont les chômeurs et les retraités qui ressentent le plus ce sentiment (26 % des chômeurs déclarent se sentir souvent, voire très souvent, seuls). L’âge est par ailleurs facteur aggravant, plus elles sont âgées, plus les personnes ont un sentiment de solitude (CEPS/INSTEAD, données concernant 1996)⁴.
Ces notions de liens sociaux brisés, de solitude et d’isolement se retrouvent au travers des différents entretiens que nous avons menés auprès des travailleurs sociaux du réseau Caritas. Voici quelques extraits, réflexions exprimées lors de ces interviews :
" (…) il ne faut jamais oublier qu’on est des êtres humains et qu’il y a des choses qui peuvent arriver à tout le monde et qui sont difficilement vivables ! Et si on n’a pas le bon entourage, si on n’a pas un cercle d’amis, un cercle de famille, de points de repère, ça peut aller très vite ! Et tout le monde dans notre société n’a pas un réseau de repères sociaux, tout le monde n’a pas des vrais amis. Tout le monde n’a pas
les bons repères quand cela ne va pas. Moi je dirais que ça peut aller très vite quand on est seul ! Alors, on peut très vite tomber dans une dépression et même sans le savoir ! (…) ils vont travailler comme ça et en définitive, ils se retirent et se ferment sur eux-mêmes. Finalement, de par leur maladie ils perdent leur travail et quand on perd son travail cela va très vite ! Et quand on tombe malade (…)
“ (…) c’est surtout la maladie qui amène la pauvreté, pauvreté monétaire et solitude (…) ”
“ (…) il y a beaucoup d’exclusion : les personnes vivent dans une solitude absolue (…) Pour moi un des vrais problèmes, c’est la solitude, tout l’aspect social, les situations familiales, l’isolement des personnes âgées et tout l’aspect psychique des personnes. Je trouve que ce n’est pas assez pris en compte (…) Le vrai problème c’est qu’on ne construit pas cette relation de confiance avec les personnes (…) ”
“ (…) Pour moi, la pauvreté au niveau des personnes âgées c’est : l’isolement, le délaissement, l’oubli, en fait c’est souvent une pauvreté non matérielle (…) ”
“ (…) ces jeunes dans la vie réelle sont très exclus, personne ne veut plus les écouter parce qu’ils énervent les gens. (…) là, on sent très fortement l’exclusion ! Chez les jeunes il y a aussi le phénomène d’auto-exclusion, ils se murent dans leur monde à eux, il n’y a plus de communication et là, je crois qu’ils sont en danger (…) ”
“ (…) Pour ces personnes étrangères, c’est souvent des histoires de solitude, des gens qui n’arrivent pas à rentrer dans la société et qui se retrouvent tout seuls ! Ils ont atterri ici tout seuls, ils n’ont pas su faire un cheminement normal à cause de ce phénomène de racisme, ils n’ont pas de liens sociaux (…) ”
“ (…) Dans le secteur de l’handicap, pauvreté veut dire pauvreté sociale, cela va avec exclusion sociale. Parfois, j’aimerais que les membres de la société viennent voir comment sont ces gens et comment ils vivent ! (…) ”
2. Dimension culturelle de la pauvreté
La dimension culturelle de la pauvreté se reflète par une absence de reconnaissance d’une identité propre ou de ses modes d’expression. C’est pour ainsi dire une insuffisance de cadre culturel commun. On peut retrouver ce type de manque chez les immigrés mais aussi par exemple chez les jeunes qui ne se reconnaissent pas au travers de la société. Dans ce cas aussi, nous pouvons illustrer cette problématique à travers des extraits de témoignages :
“ [ à propos de jeunes] (…) leur difficulté, c’est d’avoir le sentiment de ne plus avoir de racines, quand on quitte la famille, on se sent tout de même
déracinés, ce sentiment de n’avoir personne à qui se confier (…) ”
“ (…) Toute cette incompréhension, toute cette confusion de valeurs matérielles et morales se révèle pendant l’adolescence dans la plupart des cas car c’est la phase où le jeune doit apprendre par lui-même à affronter la société et dans laquelle il se retrouve un peu perdu, il n’a plus de point de repères (…) ”
“ (…) tout cela fait que l’enfant imprime des messages qu’on peut appeler négatifs et cela va engendrer que l’enfant va porter un masque, une image qui n’est pas la sienne, qui ne correspond pas à sa personnalité. Il va jouer un rôle (…) ”
“ (…) je prépare, ça m’occupe, on se met assis autour d’une table en famille, on mange un peu à notre manière plus de laitage ou je fais de la pita, enfin des spécialités cela nous rappelle notre culture, notre façon de vivre (…) De toute façon, c’est très clair, ici on ne nous aime pas, on ne voudra pas nous intégrer, même si je reste, on ne sera jamais accepté (…) ”
“ (…) ils disent avoir le sentiment d’être mal traités par les autres, par la société. Il y a toujours “ eux ”, “ eux ils ne veulent pas, eux m’ont pris… ”…C’est quelque chose qu’ils ne savent pas nommer concrètement. Souvent, ils sont désillusionnés et ils ne veulent plus faire partie de cette société (…) ”
3. Dimension politique de la pauvreté
Rappellons que ce type de pauvreté se distingue par l’absence de pouvoir décisionnel ou de participations aux décisions. Dans une société, cela peut se traduire par le non-droit au scrutin ou le non-accès aux droits fondamentaux (exemple le non-accès au travail). Les situations de pauvreté politique révélées dans les entretiens sont nombreuses. Mais on retiendra ici essentiellement la situation des sans-papiers et celles des parents déchus de l’autorité parentale exercée sur leurs enfants :
“ (…) ils doivent peut-être faire leurs preuves plus longtemps, ils doivent surtout démontrer qu’ils ne font pas partie de bandes. En effet, quand ils se sentent paumés, qu’ils n’ont pas de copains, ils se rassurent en se regroupant, seulement de l’extérieur on les perçoit plus comme une bande qui peut être dangereuse. D’un côté c’est un peu le rôle qu’ils jouent parce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir les mêmes droits que les autres (…) ”
“ (…) ils s’organisent autour de leur vie qui est propre au Luxembourg et surtout qui est propre à leur statut puisqu’ils n’ont pas le droit de travailler, c’est une manière d’ailleurs d’aborder la misère, mais je parlerai dans ce cas plus de misère psychologique, d’image de soi (…) c’est flagrant, les pères de famille effectivement sont là chez eux à la maison à traîner.
"Pour moi, la pauvreté au niveau des personnes âgées c’est : l’isolement, le délaissement, l’oubli, en fait c’est souvent une pauvreté non matérielle."
(…) Il y en a un qui m’avait dit une fois et cela résume assez bien : " À force d’être là dans le fauteuil à regarder la TV, on finit par grossir ". C’est dire quelle image ils ont d’eux. Ils se sentent inutiles, incapables, indésirables, de trop sur terre … on a vite fait de se sentir de trop, " voilà personne ne veut de nous, on est de trop "
" (…) Au tribunal on ne juge que la situation négative du moment, on ne regarde pas les efforts déployés et on n’essaie pas de voir pourquoi c’est arrivé. Les parents se sentent mal à l’aise et meurtris parce qu’on ne les a pas écoutés. Pourtant je leur dis souvent qu’ils ont le droit de dire ce qu’ils pensent. Souvent il y a eu des situations de ruptures familiales ou des problèmes d’endettement ou d’alcool. Alors s’ajoutent la dépression et les problèmes psychiques qui troublent le comportement. Lorsque le placement se fait par le tribunal, les parents ont vraiment le sentiment qu’on a pris leurs enfants de force (…) Du point de vue des lois, je prends la position de vouloir faire changer ce fameux article de la loi sur la protection de la jeunesse qui dit que du moment que l’enfant est placé par le tribunal de la jeunesse, l’autorité parentale est transférée au centre d’accueil. Dans des cas d’abus sexuel et de violence, là je suis d’accord parce que c’est autre chose ! (…) "
4. Dimension "éthique" de la pauvreté
Ici ce sont les valeurs qui sont prises en considération. La dimension éthique de la pauvreté peut engendrer des comportements violents. La personne se retrouvant isolée au niveau de ses croyances et de ses valeurs, ne comprend pas que ces dernières ne soient pas partagées par le reste de la société. Pour se protéger, elle préférera l’offensive et pourra ainsi devenir violente. Ceci se retrouve également dans les interviews effectuées avec les travailleurs sociaux de Caritas.
" (…) A un moment donné la révolte est trop forte et ils deviennent violents alors, soit ils détournent leur agressivité sur les autres, soit sur eux-mêmes, les drogués c’est une violence qu’ils se font à eux-mêmes, c’est une autodestruction, mais c’est pour essayer de survivre. Et ça c’est la voie ouverte à tous les débordements et à tous les malheurs (…) Je trouve que dans la société, on manque de cadre, de repères (…) Or je pense qu’on a besoin d’une autorité proche de nous, pas d’une autorité qui nous commande, mais qui nous reconnaisse, qui nous guide (…) C’est vrai que dans le temps, il y avait des normes de l’église catholique qui formaient un cadre et maintenant tout a sauté et il faut cadrer tout soi-même (…) "
" (…) Ce sont les pubs, les discours qui disent que si tu veux être valorisé, tu dois t’habiller comme cela, si tu veux faire partie de la communauté alors fait comme ceci. Donc la valeur participative des gens est souvent réduite à leurs habits, à des valeurs plutôt
matérielles (…) On rencontre aussi une plus grande violence, c’est-à-dire le seuil de tolérance, de frustration a diminué. Si on ne répond pas tout de suite à leurs demandes, les gens réagissent tout de suite de façon violente et agressive ! " J’ai droit à cela et tu vas me donner ça, sinon je te casse la figure ". Tout cela c’est une somme de comportements (…) "
" (…) mais on a tout de même oublié ceux qui n’ont pas de revenus. On les a oubliés et l’écart est déjà grand, et peut-être qu’un jour, il y aura un danger, une révolte… Il n’y a qu’une minorité qui s’occupe des pauvres, qui s’intéresse encore à eux (…) "
5. Conclusions
La pauvreté humaine est composée de différentes facettes dont on ne s’imagine pas toujours quels rôles elles jouent dans le mécanisme de paupérisation. Toutefois, au travers des interviews effectuées auprès des travailleurs sociaux de Caritas et d’autres études sur le sujet, on perçoit que la pauvreté humaine est également présente au Luxembourg.
La notion de pauvreté se définit donc au travers de multiples aspects : économique (monétaire, conditions de vie, potentialités), social, culturel, politique et éthique. Toutes ces formes de pauvreté sont évidemment interdépendantes. Plusieurs de ces dimensions sont souvent présentes dans la réalité quotidienne des personnes en difficulté : un type de pauvreté en entraîne un autre. On retiendra, par exemple, au travers des interviews, que la maladie entraîne une insuffisance de revenus et un sentiment de solitude. Il y a, donc, au départ une situation problématique au niveau des conditions de vie qui enclenche un mécanisme de pauvreté monétaire et qui s’accompagne souvent, à long terme, d’une pauvreté sociale (diminution du capital social de la personne). Ceci constitue une façon d’entrer dans la pauvreté, mais d’autres interviews permettent d’élaborer des modèles différents. Il sera donc indispensable d’approfondir notre travail, d’une part avec les travailleurs sociaux mais aussi avec des personnes directement concernées par la problématique de la pauvreté.
Cellule Cohésion sociale / pauvreté – Confédération Caritas Luxembourg asbl
Responsable de la cellule: Manuel Achten
Chargées d’étude : Nathalie Georges et Véronique Pelt
Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Nathalie Georges par téléphone (40 21 31-270) ou par mail (nathalie.georges@caritas.lu).
Pour plus d’informations: www.caritas.lu
1 Le taux de 60% de la médiane est le seuil en-dessous duquel les personnes sont dites " pauvres " selon les instituts statistiques nationaux et internationaux. C’est une définition internationale de la pauvreté monétaire.
2 Niveau de vie : le niveau de vie, qui permet de comparer le revenu disponible net des ménages de compositions démographiques différentes, est mesuré en divisant le revenu disponible net du ménage par le nombre d’unités de consommation qui y sont recensées. Le nombre d’unités de consommation d’un ménage est obtenu en comptant une unité de consommation pour le chef de ménage, 0,5 unités pour toute autre personne âgée de 15 ans ou plus et 0,3 unités pour chaque personne de moins de 15 ans (échelle OCDE modifiée).
3 in forum n° 207, avril 2001, p. 27.
4 Berger, Frédéric, Le sentiment de solitude: quelle population est la plus concernée ?, Population et Emploi, Differdange, 1999.
Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.
Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!