La face cachée du Lion rouge
Analsye secondaire d'un sondage sur l'identité nationale
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Fernand Fehlen
La Commission héraldique de l’État qui devait aviser la proposition de loi n° 5617, déposée le 5 octobre 2006 par le député Michel Wolter visant à remplacer le drapeau tricolore, vient à la conclusion suivante : « Plus que le drapeau national, le Lion rouge évoque la grandeur du passé, le mythe national, la différenciation par rapport aux ‚autres‘. […] Il ressort que le changement de drapeau serait un signe identitaire et symbolique très fort, dans le sens d’une accentuation de l’identité nationale – même si ceci ne serait perçu qu’implicitement et indistinctement par les protagonistes de ce changement. »¹.
La plupart des 26 500 signataires en faveur de la proposition de loi, tout comme son instigateur, ne seront pas d’accord avec cette interprétation. Leurs principaux arguments sont d’ordre pragmatique (la ressemblance avec le drapeau des Pays-Bas) ou esthétique (le Lion serait plus beau, plus dynamique, etc.). Les thèses xénophobes et nationalistes sont rares dans les nombreuses lettres à la rédaction publiées dans les quotidiens ; sur Internet par contre, le ton est beaucoup plus relâché et la prise de position en faveur du Lion rouge semble souvent liée à la peur d’une présence trop massive des étrangers, l’inquiétude pour la survie de la langue luxembourgeoise ou la crainte d’une perte de souveraineté due à la construction de l’UE. Ce sentiment est tellement viscéral qu’il n’a pas besoin d’être explicité par des arguments, comme dans cette brève intervention sur le forum Internet de DNR : « Moien dnr, eh si ganz doffer well am fong ass de roude leif nach daat eenzegt waat letzebuerg wirklech bleift. Mier hun keng eegen währung mei, eis sprooch naja a sooss… sonja. »². Sur un autre forum, le Lion est présenté comme symbole contre la soumission sans que, là non plus, il ne soit pas fait d’effort pour spécifier celle-ci : « Fir mech weißt de rouden leif, dass mër eis wieren an net méi ënnerdrécken loossen. »³.
Pour cerner les motivations inavouées ou inconscientes des partisans du Lion rouge, nous allons nous tourner vers une approche quantitative. Deux sondages commandités par Michel Wolter lui-même nous permettent de décrire le profil socio-démographique des supporters du Lion rouge : 55 % de l’échantillon représentatif de la population résidente sont en faveur du nouveau drapeau, 19 % s’y opposent, tandis que 21 % n’ont pas de préférence particulière. 50 % des Luxembourgeois soutiennent l’initiative. L’enthousiasme pour le Lion rouge est particulièrement élevé chez les jeunes (76 % des 15 à 25 ans) et les moins instruits (71 % de ceux qui indiquent n’avoir fréquenté que l’instruction primaire). Avec le niveau de formation, l’adhésion au Lion diminue ; seulement 35 % des universitaires s’expriment en sa faveur. La déniégation du caractère nationaliste et xénophobe du mouvement permet aux étrangers de s’y rallier (74 % des Portugais et 55 % des autres étrangers sont en faveur du Lion)⁴.
Un autre sondage qui fait le lien entre le changement du drapeau et l’identité nationale permet de pousser plus loin l’analyse des motivations.
Un sondage exacerbant le vertige identitaire
À l’occasion de la fête nationale en 2007, le Jeudi a publié un sondage réalisé auprès de 524 résidents nationaux sur « l’identité luxembourgeoise⁵ ». L’éditorialiste tire « la sonnette d’alarme », car, selon lui, le « discours de xénophilie ambiant et l’accord tacite d’une très grande majorité sur la nécessaire présence des étrangers résidents et frontaliers pour faire tourner l’économie nationale sont tout à coup écornés » par les résultats de ce sondage⁶. Ainsi, 60 % des Luxembourgeois interrogés estiment que les résidents étrangers ne respectent pas leur identité nationale. Ils sont
Si le projet de loi pour introduire la double nationalité […] n’avance pas, c’est probablement aussi parce que tant le gouvernement que le parlement regrettent leur audace, sachant très bien que le principe même et les détails de son application sont fortement controversés.
| Le drapeau du Roude Léiw renforcerait le sentiment d’identité nationale | | | | | | | |
| — | — | — | — | — | — | — | — |
| | vraiment tout à fait d’accord | tout à fait d’accord | d’accord | pas tellement d’accord | pas du tout d’accord | non-réponse | N |
| très fier | 29% | 16% | 14% | 21% | 14% | 6% | 325 |
| fier | 15% | 11% | 16% | 18% | 26% | 13% | 137 |
| pas fier | 8% | 8% | 11% | 14% | 47% | 12% | 61 |
Tableau 1 : La position par rapport au drapeau selon la fierté d’être Luxembourgeois
même 72 % à voir leur identité bafouée par les frontaliers. La rédaction du Jeudi ne semble pas s’apercevoir qu’elle joue à l’apprenti sorcier, car par les formulations mêmes de son sondage, elle contribue à attiser les craintes dont elle se dit étonnée. Demander si l’identité nationale est bafouée présuppose l’existence d’une telle identité bien définie, c’est escamoter que la définition de celle-ci – qu’elle soit appelée Leitkultur ou culture de référence – est un enjeu permanent entre différents groupes d’intérêts et que celle qui domine n’est que le résultat, toujours provisoire, d’un rapport de forces historique$^{7}$.
Certaines personnes de la vie publique priées de commenter le sondage$^{8}$ et quelques lecteurs du Jeudi ont d’ailleurs réagi dans ce sens. Ainsi un lecteur demande : « Est-ce vraiment l’identité du Luxo que les étrangers et les étrangères ne respectent pas ou pas assez? N’est-ce pas leur personnalité, leur tempérament, leur flegme, leur parler, leur situation sociale et matérielle souvent beaucoup plus aisée que celle des étrangers, leur système politique et syndical, leur histoire, leurs fantasmes, etc. »$^{9}$.
En focalisant son questionnement sur l’identité nationale, la rédaction du Jeudi néglige les autres identités sociales et individuelles dont la somme constitue la personnalité de tout un chacun. Sans le vouloir et probablement sans s’en apercevoir, elle se range ainsi dans le camp de ceux qui dans la foulée de l’idéologie néoconservatrice et d’intérêts géopolitiques inavoués cherchent à attiser le « choc des civilisations » (Samuel P. Huntington). Or dans le contexte luxembourgeois, encore plus qu’ailleurs, le refus de ce combat est de mise : les cultures ne se combattent pas, elles se mélangent$^{10}$. Redire cette évidence, c’est s’inscrire dans un courant de pensée qui depuis le début du XX$^{e}$ siècle – avec Batty Weber et Nicolas Ries – a fait de la « Mischkultur » la clé de voûte de la culture luxembourgeoise. La grand-ducalité qui alors consistait en un « délicat exercice d’équilibre entre germanité et francité » (F. Wilhelm) ne peut aujourd’hui être que multiculturelle.
Le portrait des partisans du Lion
Le sondage du Jeudi comportait parmi toute une batterie sur l’identité également une question se
rapportant au Lion rouge, formulée de la façon suivante : Dites-moi si vous êtes d’accord avec la phrase suivante : « L’introduction du drapeau du Roude Léiw comme drapeau national renforcerait le sentiment d’identité nationale. » Cette question a le mérite de donner un sens clair au changement du drapeau, ce que Michel Wolter s’est toujours refusé à faire : c’est bien du renforcement de l’identité nationale qu’il s’agit, fortement liée à la fierté nationale comme le montre le tableau 1, croisant les cinq positions sur le Lion rouge – allant de « vraiment tout à fait d’accord » à « pas du tout d’accord » – avec la question sur la fierté d’être Luxembourgeois.
Nous allons regrouper ceux qui croient aux vertus identitaires du nouveau drapeau et les appeler les partisans du Lion. Ceux qui ont manifesté une opinion négative et qui résistent donc aux charmes du Lion seront appelés les Lion-sceptiques$^{11}$. Les 8 % des répondants qui ne se sont pas exprimés sur cette question ne seront pas pris en compte dans nos calculs. Parmi ceux qui se prononcent, 56 % sont des partisans du Lion et 44 % des Lion-sceptiques (en abréviation dans les tableaux : Lion+ et Lion-).
En analysant les opinions de ces deux sous-groupes, nous allons essayer de cerner de plus près les motivations des partisans du Lion. En effet, nous trouvons pour de nombreuses questions des différences significatives entre les deux groupes. Ainsi, les Lion+ sont plus nombreux à être persuadés que « les résidents étrangers ne respectent pas leur identité » (66 % contre 56 %), que « l’identité luxembourgeoise est en train de se perdre » (73 %
There are a great variety of categories to which we simultaneously belong. I can be, at the same time, an Asian, an Indian citizen, a Bengali with Bangladeshi ancestry, an American or British resident, an economist, a dabbler in philosophy, an author, a Sanskritist, a strong believer in secularism and democracy, a man, a feminist, a heterosexual, a defender of gay and lesbian rights, with a non-religious lifestyle, from a Hindu background, a non-Brahmin, and a non-believer in an afterlife (and also, in case the question is asked, a non-believer in a "before-life" as well).
Amartya Sen, Identity and violence. New York, Norton, 2006, p. 19
contre 55 %), que « l’on doit parler luxembourgeois pour être luxembourgeois » (91 % contre 84 %).
Selon le sondage du Jeudi, 88 % des Luxembourgeois sont fiers d’être Luxembourgeois. Ce résultat correspond pratiquement aux 90 % du dernier
Eurobarometer$^{12}$ comportant une telle question et dans lequel les Luxembourgeois se situaient légèrement au-dessus de la moyenne des 25 pays de l’Union européenne (87 %). Sur cette question, la différence entre les deux groupes est très marquée : 94 % des partisans du Lion, contre seulement 82 % des Lion-sceptiques sont fiers d’être Luxembourgeois. Le graphique 1 montre les écarts pour les différentes réponses de l’échelle.
Graphique 1 : Fiers d’être Luxembourgeois
Graphique 2 : Avis sur l’introduction de la double nationalité
Graphique 3 : Être Luxembourgeois, c’est…
Parmi ceux qui sont « vraiment tout à fait d’accord » avec le pouvoir identitaire d’un nouveau drapeau, 55 % sont aussi « vraiment très fier » d’être Luxembourgeois ; ce pourcentage diminue pour ceux qui sont « tout à fait d’accord » à 39 %, et pour ceux qui sont « d’accord » à 26 %.
Si le projet de loi pour introduire la double nationalité, figurant au programme électoral de tous les grands partis et dans l’accord de coalition de 2004, n’avance pas, c’est probablement aussi parce que tant le gouvernement que le parlement regrettent leur audace, sachant très bien que le principe même et les détails de son application sont fortement controversés. Parmi les partisans du Lion, 46 % sont carrément opposés à cette mesure (contre 34 % des L-), ceux qui approuvent la loi souhaitent au moins prolonger la durée de séjour préalable. Ainsi, seulement 20 % jugent un séjour de cinq années ou moins suffisant (contre 35 % des L-) (graphique 2). Ceux qui se disent « vraiment tout à fait d’accord » avec le caractère identitaire du Lion rouge sont encore plus récalcitrants vis-à-vis de la double nationalité : parmi eux, 49 % sont contre son introduction.
À la question sur ce que signifie « être Luxembourgeois », 27 % de l’ensemble de l’échantillon répondent par « parler le luxembourgeois ». Le sondage donnait la possibilité d’ajouter un deuxième et un troisième choix et en cumulant ces trois réponses$^{13}$, on obtient le résultat que nous allons d’abord présenter pour l’ensemble des Luxembourgeois interrogés. Pour 71 %, la langue nationale fait partie des trois caractéristiques principales de la nationalité. En deuxième lieu suit, loin derrière, « l’appréciation de la qualité de vie au Luxembourg » (50 %), puis « être né au Luxembourg » (44 %), « être né de parents luxembourgeois » (30 %), « vivre au Luxembourg depuis plusieurs années » (26 %), « avoir un passeport luxembourgeois » (23 %), « connaître l’histoire luxembourgeoise » (19 %), « avoir un parent luxembourgeois » (10 %), « connaître les institutions luxembourgeoises » (7 %) et « travailler au Luxembourg » (6 %). Pour pallier les faibles effectifs du sondage, nous avons regroupé certaines réponses très proches (p.ex. avoir un parent et avoir deux parents luxembourgeois) et laissé de côté les non-réponses pour arriver à sept caractéristiques que nous recoupons avec la position face au nouveau drapeau. Ainsi, parmi ceux qui pensent qu’être Luxembourgeois, c’est être né au Luxembourg, 60 % croient
au pouvoir identitaire du Lion rouge. Rappelons que ce pourcentage était 56 % pour l’ensemble de l’échantillon. Le graphique 3 montre que les partisans du Lion sont surreprésentés parmi ceux qui insistent sur la naissance au pays et sur la filiation de parents luxembourgeois (60 %). L’exigence d’être né au Luxembourg ne peut pas être interprétée comme une acceptation du droit du sol, en opposition au droit du sang, comme le pensent les commentateurs du Jeudi dans une interprétation trop optimiste de cette réponse. En effet, 77 % de ceux qui sont d’avis « qu’être Luxembourgeois, c’est être né au Luxembourg », disent aussi « qu’être Luxembourgeois, c’est avoir un ou deux parents luxembourgeois ». La naissance sur le sol luxembourgeois n’est donc pas pensée comme une condition suffisante – un droit du sol –, mais plutôt comme une condition nécessaire mais pas suffisante, donc un refus larvé de donner la nationalité aux immigrés. Les Lion-sceptiques sont surtout surreprésentés parmi les personnes qui prônent des caractéristiques moins ethnoculturelles : comme le fait de vivre au Luxembourg et de le connaître.
On ne sera pas étonné d’apprendre que les partisans du Lion se sentiront plutôt luxembourgeois qu’européen. Comme le montre le graphique 4, les deux groupes sont peu enclins à se dire pleinement et uniquement européen (6 % pour les L+ et 8 % pour les L-), mais l’ampleur de la différence entre les groupes vient du fait que le sentiment d’une double appartenance à l’Europe et à la nation est peu représenté auprès des partisans du Lion : 61 % (contre 40 % des L-) se sentent seulement luxembourgeois.
Une autre question permet de mieux cerner le sentiment patriotique : « Vous sentez-vous particulièrement luxembourgeois dans des endroits ou à des moments particuliers ? »
On se sent surtout luxembourgeois à l’étranger, c’est ce que 29 % indiquent en premier lieu, 20 % n’indiquent pas d’occasion particulière. Les partisans du Lion se sentent surtout Luxembourgeois pendant la fête nationale et lors de victoires sportives ; les Lion-sceptiques surtout lors d’événements politiques comme la Présidence luxembourgeoise ou en période de crise politique ou économique. Faut-il y voir une approche plus citoyenne de la nationalité qui s’oppose à une exaltation plus patriotique à caractère festif et folklorique ?
Graphique 4 : Sentiment d’appartenance au Luxembourg ou à l’Europe
Réaction au sondage sur l’identité d’un lecteur francophone vivant « depuis bien longtemps » au Luxembourg et qui par ailleurs caricature les Luxembourgeois comme « conducteurs des énormes 4×4 avec les plaques d’immatriculation sans lettres et l’autocollant "Ech sin dofir" à l’arrière » : « Mes interlocuteurs luxembourgeois sont préoccupés par la nationalité des gens : ils semblent avoir besoin de mettre une étiquette avec un drapeau sur les gens. A leurs yeux, peu importe qui je suis, je n’existe que par ma nationalité. Ça doit être rassurant pour eux, c’est frustrant pour moi ! »$^{15}$.
Conclusion
Comme l’économie luxembourgeoise a besoin de la main-d’œuvre étrangère et comme le pays doit se montrer ouvert et accueillant pour attirer les investisseurs étrangers, la xénophilie et l’esprit d’ouverture deviennent un facteur productif, au même titre que la paix sociale et le monnayage de niches fiscales ou réglementaires. La majorité des nationaux est d’autant plus préparée à accepter cette vue dominante qu’elle profite largement des retombées du boom économique. Les plus vulnérables de la société, ceux qui ne profitent pas du bien-être insolent, qui ne peuvent plus se loger décemment, ceux qui ont la maîtrise de la langue luxembourgeoise comme seul atout contre la concurrence des nombreux travailleurs des trois pays voisins attirés par les salaires élevés, ceux-là
Tableau 2 : Moments où l’on se sent luxembourgeois
| Moments où l’on se sent luxembourgeois: 1er cité | | | | | | | | | |
| — | — | — | — | — | — | — | — | — | — |
| | fête nationale | victoire sportive | évén. politiques | période de crise | lieu de travail | à l’étranger | autres occasions | aucune occasion | N |
| R+ | 16% | 13% | 5% | 6% | 10% | 28% | 4% | 17% | 268 |
| R- | 7% | 9% | 11% | 8% | 9% | 30% | 5% | 21% | 212 |
ont de bonnes raisons pour valoriser leur citoyenneté luxembourgeoise et leur langue nationale et ériger les deux en remparts protectionnistes. Dans l’opinion publique, ces relents xénophobes ne peuvent se déclarer ouvertement – faute de relais politique – et s’articulent donc dans un sentiment diffus de groupe, un « nous contre eux » qui prend des formes hautement euphémisées, et dont fait partie l’engouement pour l’animal héraldique des ducs de Luxembourg.
Le portait des partisans du Lion rouge brossé à travers les deux sondages cadre bien avec notre hypothèse¹⁴ que ce mouvement est l’expression d’une xénophobie larvée dans une société qui n’a d’autre alternative que l’ouverture économique et sociale.
¹ Commission héraldique de l’État : Avis. URL http://www.gouvernement.lu/salle_presse/communiques/2007/04/27avis_heraldique/Avis_Comherpdf.pdf (consulté le 2 janvier 2008). Le préjugé répandu que la tricolore luxembourgeoise serait dérivée du drapeau des Pays Bas s’y trouve réfuté.
² http://www.dnr.lu/acceuildet/156
³ http://www.sokrates.lu/?q=node/65&page=3
⁴ N°1000. Cumul de deux sondages commandités par l’initiative pour un nouveau drapeau. Je remercie Michel Wolter d’avoir permis l’utilisation des données et TNS ILRES d’avoir fusionné les deux vagues.
⁵ Tel est le titre officiel du sondage dont les principaux résultats peuvent être téléchargés sur le site de TNS ILRES. Je remercie le Jeudi d’avoir permis l’analyse secondaire de ce sondage et TNS ILRES pour avoir fourni les données de base.
⁶ Jacques Hillion, « Sonnette d’alarme », Le Jeudi, 21.6.2007, p. 7.
⁷ Cf. F. Fehlen, « Identité nationale et immigration, Quelques réflexions sur les enjeux conceptuels d’un débat politique », in : Serge Allegrezza, Mario Hirsch et Norbert von Kunitzki (éd.), L’immigration au Luxembourg, et après? Luxembourg : Institut d’études européennes et internationales du Luxembourg, 2007, pp. 97-112.
⁸ P.ex. Victor Weitzel, Carte blanche : « Tombeau du lien social », Le Jeudi, 21.6.2007, p. 6.
⁹ Michel Raus, « Matière à réfléchir », Le Jeudi, 28 juin 2007, p. 45.
¹⁰ Nous empruntons la formule à un récent livre qui vient de sortir en Allemagne : Trajanow, Ilija ; Hoskoté, Ranjit ; Kompabsage, Kulturen bekämpfen sich nicht, sie fließen zusammen, Verlag Blessing, München 2007.
¹¹ Nous ne les désignons pas comme opposants au Lion rouge, pour bien marquer que nous ne voulons pas réduire la question du Jeudi à une prise de position sur la proposition de loi de M. Wolter, comme le fait le journaliste du Jeudi qui interprète une réponse positive comme adhésion à cette initiative. Ceci correspond probablement à la réalité dans la très grand majorité des cas, même si l’on peut imaginer de rares répondants qui croient à la capacité identitaire du nouveau drapeau et, justement pour cette raison, disent non à l’initiative Wolter. Parmi ceux qui pensent que le Lion aura peu d’incidence sur l’identité nationale, certains seront en faveur de l’initiative dans une perspective purement folklorique ou par pure opposition.
¹² Eurobarometer 64 : http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb64/eb64_en.pdf
¹³ En tout cinq choix parmi douze propositions étaient possibles.
¹⁴ Cet article est issu d’une recherche sur les discours identitaires au Luxembourg. Cette hypothèse est développée et étayée par d’autres arguments dans Fernand Fehlen, « A National Flag for Luxembourg », in : Mats Andrén, Thomas Lindkvist, Ingmar Söhrman, Katharina Vajta (eds), Cultural Identities and Cultural Borders, Göteborg 2008.
¹⁵ Louis Bisson, « Ici je me sens citoyen du monde », Le Jeudi, 28 juin 2007, p. 42
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