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Nombreux sont ceux qui ignorent qu’au Québec vivent toujours des Indiens, que la loi canadienne a traité officiellement jusqu’en 1927 de "Sauvages", et que de nombreux Québécois continuent à désigner par ce nom! Aux 34.000 Indiens "inscrits" (car vivant dans une Réserve), officiellement recensés par les statistiques québécoises, il convient d’ajouter approximativement trois fois plus d’"Indiens sans statut" et de Métis éparpillés dans les villes.
La renaissance des «sauvages»
Quand en 1934 Jacques Cartier "découvre" le Canada, des dizaines de milliers d’"Indiens" (baptisés ainsi par Colomb croyant avoir débarqué aux Indes) y vivent déjà depuis longtemps!
Qu’importe !! Le pays fut nommé aussitôt "Nouvelle France". Après des débuts hésitants, la colonisation française se développe rapidement, et en 1750 la "Nouvelle France" s’étend jusqu’au Golfe du Mexique!
Mais déjà en 1760 c’est la fin: Capitulant face à la supériorité numérique de la "Nouvelle-Angleterre", les francophones ne seront désormais plus qu’une minorité culturelle et politique du "Nouveau-Monde" (décidément!).
Les premiers Américains quant à eux, obligés à servir de chair à canon aux Anglais et aux Français, frôlent
l’extermination totale! Eux qui avaient accueilli les Européens en considérant qu’il y avait bien assez de place pour tout le monde n’étaient plus que quelques-uns à être perchés désormais dans de minuscules Réserves …
Aujourd’hui les 9 Nations amérindiennes qui vivent sur le sol de la "Belle-Province" sont réparties sur 39 Réserves. Dépossédés de leur terre, de leurs langues, de leurs croyances, de leur médecine, de leurs systèmes politiques, juridiques … les Indiens connaissent de nos jours ce que tous les observateurs s’accordent à appeler une véritable Renaissance!
- Renaissance démographique : Un exemple: Les Hurons qui étaient 30 000 au 17e siècle, n’étaient plus que 450 au début de notre siècle! … Aujourd’hui ils sont à nouveau 1050.
Selon le chercheur Yvon Couture il y a aujourd’hui en Amérique du Nord autant de personnes appartenant à la "race rouge" qu’il y en avait au début du 17e siècle.
- Renaissance politique : Les nations indiennes se sont dotés depuis quelques dizaines d’années d’organisations
capables de les représenter face aux gouvernements provinciaux et fédéral.
Elles ont multiplié les actions tant sur le plan national qu’international afin de sensibiliser l’opinion publique à leur situation: c’est ainsi que l’"Assemblée des Premières Nations" (organisation qui représente l’ensemble des associations d’Indiens inscrits du Canada) a été admise à l’O.N.U. avec un statut d’observateur … au même titre que la Suisse ou l’O.L.P.
- Renaissance culturelle : Elle apparaît comme un bouquet de fleurs éclatant de couleurs: évoquons simplement l’éclosion des nombreux artistes-peintres et poètes amérindiens; le développement de radios communautaires dans les Réserves; le succès de grands festivals de musique et de danse indiennes; et surtout le renouveau des langues autochtones, l’intérêt retrouvé pour la spiritualité ancestrale et l’"amérindisation" de l’enseignement dans les Réserves!
Rencontres
A. Une parole rare et précieuse
Fred est instituteur dans la Réserve algonquine de Pikogan en Abitibi dans le "Québec profond". Il nous a invités à partir pendant 2 jours à la chasse et à la pêche avec lui afin de découvrir ce qu’était le mode de vie traditionnel des Indiens.
Durant la première journée, en remontant sur 30 km, les eaux à moitié glacées du majestueux Jarricana, puis en nous installant dans sa cabane isolée dans ces immenses forêts d’épicéas, nous posons des dizaines de questions concernant le mode de vie traditionnel et présent des Amérindiens du Québec.
Fred, qui s’exprime parfaitement en français (il est trilingue et maîtrise l’anglais en plus de sa langue algonquine maternelle), nous répond par des sourires moqueurs ou énigmatiques.
Durant toute l’après-midi et le souper il demeure silencieux. Nous avons renoncé à le harceler de questions quand – après le
repas du soir enfin – Fred, spontanément, se met à parler. Il raconte les visions qui permettaient à son père de prévoir accidents ou décès; il évoque les sorts jetés par le sorcier de son village, il explique la communication qu’établit le chasseur indien avec le gibier qu’il est obligé de tuer pour survivre … et cette fois où, enfant, il était tombé dans l’eau glacée. Son père lui enlève les vêtements et l’enveloppe aussitôt dans la peau d’un orignal (= cerf d’Amérique) qu’il vient de tirer et de dépecer. Le matin il fallait allumer un grand feu pour dégeler cette "couverture de survie" figée par la nuit glaciale autour du corps.
Le lendemain, Fred s’est de nouveau muré dans son silence. Puisque nous étions occupés à faire du feu, à parcourir ces immensités glacées et silencieuses à la découverte d’un cimetière indien enfoui dans les bois; à chasser vison, martre, canards sauvages et castors … il n’y avait plus besoin de paroles!
La parole indienne surgit librement, quand elle est nécessaire. Poser des questions est considéré comme une intrusion dans la liberté de l’autre. La parole indienne, rare et imagée, n’en est que d’autant plus précieuse.
B. Un champion de l’unité indienne.
A 20 km de Québec se trouve la Réserve "Village-Huron". Rien ne la distingue à première vue d’un village de "Blancs" si ce n’est la modestie uniforme de l’habitat préfabriqué. C’est là que vivent les survivants de la grande nation des Hurons et leur chef Max Oné-Onti.
Max tient un magasin d’artisanat indien en forme de tipi. Accrochées aux murs des photos de ses rencontres avec le Pape et avec J. Chirac. Sur le comptoir se trouve en vente son livre de Mémoires: "Le premier des Hurons".
Ce géant au large sourire se veut le porte-parole de son peuple sans langue ni terre, mais aussi des Amérindiens dans leur ensemble.
"Personne chez nous n’accepte l’idée, chère aux Blancs, d’être assimilé. Si la tyrannie de l’esprit des occupants pût pénétrer nos langages et nos coutumes, ils ne surent jamais obtenir l’abandon de nos coeurs!"
A l’âge de 16 ans Max s’était fait renvoyer définitivement de l’école du village voisin parce qu’il réagissait avec colère à l’habitude de ses maîtres de le traiter de "maudit sauvage". Depuis, il n’a cessé de parcourir le Québec pour y réaliser l’unité indienne : C’est qu’il a créé un drapeau qui – contrairement au drapeau provincial – soit vraiment le symbole du mode de vie indienne: "Comment des lis qui n’ont jamais poussé ici pourraient nous servir d’emblème?" Désormais flotte au-dessus de la Réserve un drapeau représentant une peau d’ours noir avec au centre une raquette de neige et en son milieu une tête d’Indien. Et pour souligner l’ensemble, un canot flottant sur des eaux bleues.
Depuis 1965, Max organise à Village-Huron de véritables "Jeux Olympiques" indiens: le POW HOW, avec des disciplines
sportives typiquement indiennes (course en canot, portage, souque à la corde …) réunit des autochtones de toute la Province. C’est à l’occasion de ces Jeux que les Hurons du Québec ont pu fêter – après des siècles de séparation – leurs retrouvailles avec leurs quelques rares frères hurons qui ont survécu aux U.S.A. La devise de Max Oné-Onti: "Aide-toi, Indien, le Ciel t’aidera!"
C. Parole de Cri
Il n’est pas facile d’obtenir un rendez-vous avec Ted Moses, le Grand Chef des Cris.
Ce "Premier Ministre" d’une des grandes nations indiennes est toujours en route pour négocier les intérêts de son peuple. Entre Montréal, Québec, Ottawa, et les visites dans ses communautés villageoises, il ne trouve que rarement le temps de se rendre dans son élégant bureau à Val d’Or. C’est dans cette petite ville minière d’Abitibi que siège le Grand Conseil des Cris dans un bâtiment moderne qui abrite Service Juridique, Centres d’Etude et de documentation, secrétariat et salles de réunion … le tout doté des moyens informatiques les plus performants.
Ted Moses, qui ressemble étonnamment à Felipe Gonzalez – même physique – même look, même dynamisme séducteur – m’explique que si les Cris sont actuellement la nation la plus riche du Québec, c’est – paradoxalement – parce qu’ils habitent depuis toujours les régions les plus inhospitalières de la Province! C’est en effet dans le Grand Nord autour de la Baie James que vivent ces 9000 chasseurs. Et comme ils étaient les seuls à affronter la rudesse climatique de ces latitudes, le
Plancu
gouvernement québécois devait passer par une négociation sérieuse pour acquérir en 1977 les terres énormes dont il avait besoin pour réaliser ses grands projets hydrauliques. La "Convention de la Baie James", portant sur 410 000 miles carrées, était ainsi le premier accord territorial signé entre Indiens et "Blancs" sur le sol québécois.
Q.: M. Moses, vous définiriez-vous d’abord comme Canadien, Québécois, ou Cri?
R.: Je suis bien sûr Indien, mais d’abord Cri. Dans la mesure où le Gouvernement québécois accepte de nous respecter comme un interlocuteur véritable, j’ai du plaisir à me considérer aussi comme un Québécois, d’autant plus que d’après des sondages la population francophone du Canada reconnaît très majoritairement nos revendications d’autonomie comme légitimes.
Q.: Tout comme l’"Assemblée des Premières Nations", le Conseil Cri a été admis – avec un statut d’observateur à l’O.N.U. en février 87. Pourquoi cette présence sur la scène politique internationale? R.: Le Canada fait partout à l’extérieur de belles déclarations concernant les Droits de l’Homme. A l’intérieur par contre la réalité contredit largement ces propos, et la situation faite aux Indiens n’est pas sans rappeler l’apartheid! Désormais nous aurons l’occasion de rétablir aux yeux de l’opinion internationale certaines vérités.
Q.: Pourtant les gouvernements provinciaux et fédéral ne manquent aucune occasion pour déclarer leur volonté de traiter d’égal à égal avec les dirigeants Indiens?
R.: (En brandissant une lettre qu’il vient de recevoir de Brian Mulroney, Premier Ministre canadien, qui y affirme sa "bonne volonté" de régler les problèmes des autochtones): "Tout ça, ce ne sont que des beaux mots. Le jour où les gouvernements blancs auront respecté tout ce qu’ils nous ont déjà promis par écrit ou à travers leurs discours, j’aurai rempli mon mandat au-delà de toute espérance!"
Q.: Vous avez l’expérience des négociations avec les gouvernements. J’imagine qu’au-delà des divergences d’intérêts, ces discussions posent des problèmes de culture, de communication
R.: Il nous a fallu beaucoup d’efforts et de patience pour apprendre à négocier à la manière des Blancs.
D’abord ils imposent leur rythme qui n’est pas du tout le nôtre! Nous avons l’habitude de rechercher entre nous l’unanimité avant toute décision, et nous ne connaissons jamais cette pression du temps si typiquement blanche.
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Ensuite, les mots n’ont pas la même signification pour eux que pour nous: par exemple, la terre, pour nous, ne peut "appartenir" à l’homme, au contraire c’est nous qui lui appartenons.
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Enfin, nous avons nos propres systèmes de droit, de fonctionnement politique, de justice mais ce sont toujours les systèmes et les significations des Blancs
dont il est question dans les négociations.
Q.: La convention de la Baie James a mis beaucoup d’argent à la disposition des Cris. Quelle influence cette relative richesse subite aura-t-elle sur votre avenir?
R.: Elle servira prioritairement à développer des projets économiques nés de la base et en lien étroit avec la nature, tels des pêcheries, industries de bois, art et artisanat. La priorité c’est le développement et l’emploi des ressources humaines dans le respect de l’environnement.
Cohabitation ou Apartheid?
A. La situation actuelle
Il n’est toujours pas facile d’être un "Peau Rouge" au Québec aujourd’hui.
Malgré le fait que plus de 40 % des habitants de la "Belle Province" portent en eux une part de sang indien, les préjugés et le mépris racial survivent chez de nombreux Québécois.
Par ailleurs, le peuple indien qui vivait traditionnellement de la chasse et de la pêche souffre de son manque cruel d’espace dans les Réserves. Dans certaines le taux de chômage dépasse les 80 % de la population active! De plus les conditions de logement y sont déplorables: matériel de logement de mauvaise qualité, humidité, manque d’installations sanitaires.
Les conséquences de cette situation sont terribles: Le taux de mortalité infantile est le double de la moyenne nationale; et l’Indien vit en moyenne 24 ans de moins que le Canadien blanc!
Mais c’est sans doute le problème de l’identité qui est le plus difficile à supporter. Certes une minorité d’autochtones se dépense sans compter pour permettre à ce "Printemps Indien" que nous avons évoqué, de s’épanouir, mais malgré cette Renaissance de l’"indiennité" de très nombreux jeunes et adultes autochtones désemparés sombrent encore dans l’alcoolisme et le désespoir. Conscientes de cette autodestruction dévastatrice, les organisations indiennes ont pris elles-mêmes en charge des campagnes contre l’abus de l’alcool, ce fléau apporté par l’homme blanc!
B. Stratégies "blanches"
Au départ, alors que certains colons et explorateurs fraternaient naturellement avec les Indiens, la politique officielle s’appelait "extermination". Selon la devise: "Le seul bon Indien, c’est l’Indien mort!" il convenait de "résoudre le problème indien" en éliminant ces gêneurs.
En 1829 mourait le dernier Beothuk (nation indienne); et certains historiens ont calculé qu’en 200 ans de colonisation française la population autochtone avait diminué jusqu’à 95 % "grâce" aux maladies importées, aux guerres, et aux massacres délibérés.
- Au 19e siècle, le slogan a changé : Désormais "le seul bon Indien, c’est le non-Indien", celui qui accepte de s’assimiler au point de devenir un gentil
Blanc-Bronzé!
- Au cours du 20e siècle c’est l’idée d’intégration qui prévaut. Celle-ci se distingue en principe de l’assimilation par la reconnaissance d’une spécificité culturelle.
Ainsi le "Livre Blanc" écrit en 1969 par le Premier Ministre E. Trudeau proposait l’intégration des Indiens dans la "Société Juste" des libéraux canadiens de l’époque, en jouant sur cette distinction: Les Indiens dont on vantait d’une part le "riche patrimoine culturel" devaient par ailleurs disparaître en tant que collectivité distincte, susceptible de revendiquer quelque statut particulier.
Un an plus tard, suite à l’opposition unanime des Indiens, Trudeau était obligé de retirer son "Livre Blanc" de la circulation!
Aujourd’hui, grâce au développement des organisations autochtones, les notions d’Indienneté et d’autonomie gouvernementale tendent à remplacer dans les discours celle d’intégration.
Selon un sondage publié le 10 mars 87 par le quotidien "Le Devoir", 77 % des Canadiens approuvent le principe de l’autonomie gouvernementale pour les nations indiennes. Il faut signaler que le Québec se trouve parmi les Provinces où le niveau d’appui aux revendications autochtones est le plus élevé.
C. Vers l’autonomie gouvernementale?
Mais que signifie exactement cette notion d’"autonomie gouvernementale des autochtones"? Pour les Indiens eux-mêmes il s’agit là d’un droit ancestral et donc "inhérent" et indiscutable puisque – organisés en Nations autonomes avant l’arrivée des Européens – ils estiment n’y avoir jamais renoncé, malgré l’oppression dont ils ont fait l’objet. Ils demandent donc que ce principe soit enchâssé dans la Constitution canadienne ouvrant la porte à un 3e palier de pouvoir à côté de la Confédération et des Provinces.
Le contenu de cette "autonomie gouvernementale" devrait selon eux rester très souple étant donné la variété extrême des conditions de vie et d’organisation des différentes communautés autochtones. Dès lors, ce droit pourrait prendre des expressions aussi différentes que l’autogestion d’un Centre communautaire par un groupe de Métis dispersés dans une ville; l’administration des écoles et des hôpitaux dans les Réserves; ou même un gouvernement "national" disposant de terres, des ressources du sol, de finances propres …
En avril 87 une Conférence des Premiers Ministres, en présence des représentants autochtones, a échoué dans sa tentative de trouver un accord politique sur ce principe. Ce sera désormais devant les tribunaux et devant l’opinion publique internationale que les Indiens essaieront de faire valoir leurs droits.
Sur les 10 Provinces canadiennes, seul le Québec avait refusé de participer à cette Conférence; le gouvernement de Mr. Bourassa prétextant de ne pas vouloir cautionner par sa présence l’entente
constitutionnelle de 82 dont le Québec ne fait toujours pas partie pour des raisons qui concernent son propre statut dans la Confédération. Cette absence a été vivement critiquée par les autochtones, mais aussi par les Evêques et par les syndicats québécois: Comment le Québec peut-il ainsi mépriser l’appel à l’autodétermination d’une communauté minoritaire, alors que les Francophones réclament pareil droit à l’écrasante majorité anglophone?!
La spiritualité améridienne
Spiritualité plutôt que religion, car contrairement à la tradition judéo-chrétienne fondée sur l’écrit et la parole, la tradition amérindienne ne connaît ni dogmes, ni prédication, ni livres sacrés, ni codes moraux …
L’Homme y est en communication permanente avec la nature, et le culte est une affaire personnelle entre l’individu et le Grand Esprit. Tout acte est célébration de la vie. Dans cette spiritualité de l’unicité – symbolisée par le Cercle – le monde est une maison où tout est vivant: animaux, végétaux, minéraux
Symbole de l’unité, rond comme la Terre et le Ciel, le soleil et la lune, le Cercle est également la forme du tipi et du vent en fureur qui tourbillonne. Et c’est aussi le cercle, et non pas comme pour l’Occident la pyramide, qui représente aux yeux de l’Indien la société humaine.
La Conférence d’Ottawa sur l’Autonomie gouvernementale a été riche en symboles, car les Indiens ne distinguent pas un domaine politique d’un domaine spirituel. Deux exemples simplement:
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Accompagné par le rythme d’un tambour, un "Vieux" a proposé au début de la Conférence le calumet de la paix à tous les chefs de délégation, en commençant par Mr. Mulroney.
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Le second jour les Indiens offraient une plume d’aigle au Premier Ministre canadien: Image étonnante que celle de ces "marginaux de la société" remettant à un des "Grands" de ce monde leur symbole du pouvoir et de la force spirituelle.
Dans cette conscience universelle, symbolisée par le cercle sacré, tout est en relation et en communication avec tout, et l’Homme est une partie indissociable de la Nature. Par tout son être l’Homme peut capter les innombrables messages du Grand Esprit: la direction d’un vol d’oiseaux, les mouvements d’un castor, l’aspect d’une pierre peuvent être des signes envoyés par la "conscience cosmique". La "sorcellerie" indienne avec sa relation intense à l’ETRE rappelle à la culture occidentale sa propre dimension "paienne" perdue, et pourrait se révéler comme un remède à la "sorcellerie" dévastatrice des apprentis-sorciers du productivisme sauvage et conquérant.
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