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Albert MEMMI
Le racisme
Editions Gallimard Paris 1982
Collection Idées
"Il y a quelque chose de surprenant et de paradoxal dans cette affaire, outre le tragique. Personne, ou presque, ne se veut raciste et pourtant le discours du racisme demeure tenace et actuel. Quand on l’interroge, le raciste se nie et s’évanouit: lui, raciste, absolument pas! Vous l’insulteriez en insistant. Pourtant, si le raciste n’existe pas, les attitudes, les conduites racistes existent. Tout le monde peut en citer … chez quelqu’un d’autre …"
Nul doute, ce début justifie d’emblée le livre – ainsi que mon ambition de vouloir partager la lecture avec autrui! –
L’auteur tunisien, non-musulman, professeur à l’Université de Paris X, nous livre dans un langage dépouillé la synthèse de ses réflexions sur le racisme – en trois temps: description, définition, traitement.
On regrettera peut-être certaines décompositions excessives en chapitres, ce qui implique des répétitions – ainsi qu’une bibliographie peu fournie.
Le terme "race" renvoie à la biologie. C’est plutôt un terme d’élevage – son utilisation par rapport à l’homme remonte au XVIIe siècle. La race pure, biologique, psychologique, n’existe pas. C’est un fantasme de l’homme. Vouloir nier les "différences" serait un leurre. "être, c’est être différent, oui, mais être différent, c’est être autre; donc chacun est différent et chacun est autre"…
Cependant les différences entre les hommes sont dues surtout aux phénomènes de concentration socio-culturelles – et il y a impossibilité de faire coïncider un groupe social avec des figures biologiques. A l’intérieur même des communautés culturelles les différences s’épanouissent en spectre.
Le racisme n’est pas seulement une théorie, c’est d’abord une expérience vécue individuellement, enfin collectivement, notamment par l’intermédiaire de notre bain socio-culturel, notre éducation.
Mouvement International A.T.D. QUART-MONDE
107, Avenue du G. Leclerc – 95480 Pierrelaye
France
Mouvement A.T.D. QUART-MONDE
2, rue du Fort Elisabeth
Luxembourg Tél. 49 67 64
(mardi 14h – 18 h, mercredi 9h – 12h)
APPEL AUX DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME
OBJECTIF: A l’occasion du 35e Anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, obtenir que les chartes et conventions internationales dénoncent la misère et l’exclusion sociale comme violation des Droits de l’Homme, tout comme la torture, le racisme, …
Je joins ma voix à celle du Mouvement International A.T.D. Quart-Monde, Mouvement des Droits de l’Homme et pour la Paix.
Avec les familles du Quart-Monde de tous les pays, j’affirme la dignité de tout Homme, quelles que soient son ethnie et sa religion, sa condition sociale et économique. JE DENONCE LA MISERE ET L’EXCLUSION SOCIALE COMME VIOLATION PRIMORDIALE DES DROITS DE L’HOMME. Ceux-ci seront assurés lorsqu’en toutes circonstances et tous efforts la priorité sera accordée aux plus défavorisés.
C’est pourquoi je demande
- pour tout enfant le droit d’être élevé dans sa famille et d’accéder à l’instruction;
- pour tout jeune le droit d’acquérir une formation professionnelle;
- pour tout homme le droit d’être reconnu comme citoyen utile à la vie sociale, politique, économique, culturelle et spirituelle de sa nation.
Je m’associe à la proclamation de cet appel et invite tous les responsables publics, nationaux, internationaux, les organisations non-gouvernementales et tous les Hommes de bonne volonté à participer aux efforts réalisés pour l’accès des plus défavorisés à ces droits fondamentaux.
DESTINATAIRES: ONU, UNICEF, UNESCO, OIT, OMS, Commission CE, Conseil de l’Europe, Parlement Européen, Assemblée Parlementaire CE, aux gouvernements des pays signataires de l’appel.
"Le racisme est une relation ratée à autrui"
Le moi est en contradiction perpétuelle avec autrui. La différence (couleur, religion, coutumes, etc.) de l’autre engendre la peur, qui elle, déclenche à son tour le mécanisme de l’agression. Le barbare, c’est l’autre … Le racisme commence avec l’interprétation de la différence, c.à.d. avec l’utilisation de la différence réelle ou imaginaire, contre l’autre – le profit de l’un au détriment de l’autre.
Ainsi le terme de différence fonctionne comme pivot de la démarche raciste. Selon Albert Memmi, le racisme à rebours s’installe – exécutant un mouvement de "retour de pendule". On glorifie la différence: être colonisé, juif, femme ou noir … et le racisme du pauvre envers le nanti, quoique réel, est "édenté" en quelque sorte; il est d’opinion.
Finalement le racisme se construit en pyramide – on trouve toujours plus faible que soi – fait largement observé dans des sociétés à fort métissage – tel le Brésil p.ex.
Enfin, le racisme est une globalisation, une généralisation dans le temps et l’espace!
L’individu se dissout dans le groupe – et subit la fatalité avec ce passage à l’absolu. Quoiqu’il fasse il restera juif, arabe, femme, handicapé, noir, allemand … ce qui nous amène à la
Définition
Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences, réelles ou imaginaires au profit de l’accusateur et au détriment de sa victime, afin de justifier une agression ou un privilège.
Traitement – ou vers une philosophie de l’anti-racisme?
Le racisme étant banal, omniprésent – et non une maladie de quelques-uns – on essaiera de découvrir ses racines.
Le rôle de l’agressivité, innée ou acquise, semble déterminant dans la lutte de l’homme – pour assurer la propre survie.
Or, simultanément, l’homme dépend d’autrui. Ainsi la lutte de sa survie s’organise dans le balancement continuel entre les deux pôles, à savoir l’attraction et la répulsion – envers ce qui n’est pas lui-même, mais l’autre.
Albert Memmi préconise le choix moral, en notant toutefois la relativité de la morale. En effet une loi raciste, basé sur le profit de l’un au détriment de l’autre, est violence, n’est donc pas morale!
D’autre part, il faut être vigilant et l’éducation contre le racisme se poursuivra de l’enfance à la mort.
Au niveau "politique" une opinion n’équivaut pas à une action. – Il faudra interdire les actions racistes – en tenant compte du dilemme démocratique, qu’interdire même une opinion – serait-elle raciste – est déjà injustice.
"Pour que le racisme recule, il faut combattre la dominance".
Cependant le vague concept politique d’universalisme pour mettre en oeuvre ce combat contre la dominance ne semble guère convaincre et en attendant, les mouvements régionalistes, autonomistes pullulent un peu partout dans le monde. Ils se prévalent tous d’un même combat contre la dominance – bref, le mouvement du pendule continue et l’éradication du racisme sera oeuvre de longue haleine!
r.d.
J’ai lu l’appel qui figure au verso et j’y adhère pleinement.
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