Confronter le pouvoir et la sexualité dans l’Eglise

Bischof Geoffrey Robinson, Macht, Sexualität und die katholische Kirche. Eine notwendige Konfrontation

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Bischof Geoffrey Robinson, Macht, Sexualität und die katholische Kirche. Eine notwendige Konfrontation

J’avais eu l’occasion de prendre position face aux manquements de l’Eglise suite aux nombreux cas d’abus sexuels qui avaient été dénoncés un peu partout sur la planète. La main et la parole des autorités ecclésiastiques semblaient guidées par la volonté de sauver ce qui pouvait l’être, de garder la face, sans rien trop changer : j’y voyais surtout un souci de ne pas laisser le scandale prendre encore plus d’ampleur. La démarche me paraissait être celle d’une organisation sclérosée, rigidement hiérarchisée et où l’important était de trouver une communication adaptée. Entre-temps, l’attitude a quelque peu évoluée, mais reste insatisfaisante. J’avais aussi insisté sur le fait que l’Eglise n’avait pas le monopole de l’abus sexuel et que c’était rendre un mauvais service que de cantonner le crime sexuel au seul milieu de l’Eglise. De nos jours encore, de nombreux enfants sont traumatisés par ce type de violence et les auteurs sont, dans leur très grande majorité, des hommes qui font partie de la famille de la victime. En fait, l’attitude de l’Eglise est comparable à ce qui se passe dans une famille lorsqu’un abus est dévoilé. A la différence près que, dans le cas de l’Eglise, l’enjeu est institutionnel. Cela explique, du moins en partie, pourquoi au Luxembourg des politiciens sont venus porter secours à l’Eglise.

Le livre de l’évêque Geoffrey Robinson va plus loin, et j’ai été content d’avoir eu l’occasion de le lire. Écrit par un homme de l’Eglise, ce livre confirme que la critique existe aussi à l’intérieur de cette institution et parmi les personnes investies de pouvoir. Cette critique s’inscrit dans la compréhension qu’un chrétien peut avoir du message du Christ : s’inspirant des textes qui fondent la foi,

c’est un retour aux sources que prône l’auteur. Geoffrey Robinson a été lui-même victime d’un abuseur : il fait partie des 5 %, écrit-il, qui ont été violentés par un étranger, quelqu’un qui ne faisait pas partie de l’entourage dans lequel il vivait. En Australie, il a présidé la commission dont la tâche était de jeter la lumière sur les abus commis par des prêtres sur des mineurs. Ce qui lui aura permis de voir combien l’Eglise avait été complice, sinon des actes eux-mêmes, alors du fait qu’ils aient pu être perpétrés et soient restés dans l’ombre.

Ce livre parle beaucoup d’amour, celui des hommes et des femmes entre eux, et celui qui est délivré par le message du Christ. Cet amour doit servir au développement des individus et les aider dans la recherche du sens, ce qui est le propre de la spiritualité. Le fait de « croire » s’inspire de deux « livres » : celui de la Bible et celui du monde (intérieur et extérieur) dans lequel évoluent les individus. Geoffrey Robinson fait le procès à ceux qui disent tout savoir et se voient comme le bras armé ou la caisse de résonance du bon Dieu. Il rappelle que le II$^{e}$ concile a restitué les droits aux hommes et aux femmes, quoi qu’il arrive et non pas seulement s’ils marchent dans le sillon tracé par l’Eglise.

L’Eglise doit être une institution qui fonde son fonctionnement sur le respect de sa diversité et qui tienne compte du fait que la foi se vit à tous les niveaux. L’Eglise doit tirer profit de ses communautés et non pas seulement aduler la pointe de la pyramide du pouvoir. Si Geoffrey Robinson ne conteste pas la prééminence du pape, il suggère néanmoins que celui-ci ne devrait pas traiter ses croyants comme des enfants munis d’un cerveau qu’il faudrait conditionner et prendre par la main, mais comme des d’individus adultes. Pour ce qui

Gilbert Pregno

Geoffrey Robinson:
Macht, Sexualität und die katholische Kirche. Eine notwendige Konfrontation,
Publik-Forum Edition,
2010, 328 S.

Les abuseurs, même s’ils ont commis un acte criminel, sont des humains investis de dignité. Il faut essayer de comprendre sur quel fond de personnalité ils sont devenus abuseurs.

est de la sexualité, Robinson est en désaccord profond avec l’Eglise, qu’il critique pour s’être distancé de ce qui est écrit dans la Bible. En (très) peu de mots et sans plus s’y attarder, il trouve qu’il faudrait adopter les mêmes principes aussi bien pour les relations hétérosexuelles que homosexuelles. J’aurais souhaité qu’il approfondisse son analyse à ce sujet !

Ce livre aborde la question des abus sexuels dans le cadre d’une analyse plus générale du fonctionnement de l’Eglise. Il pose la question du pouvoir qui joue toujours en matière de transgression sexuelle et aussi du regard qu’il faut apporter aux victimes. Peu de mots sur les abuseurs (tout comme j’ai peu entendu que l’Eglise s’y soit intéressée). De façon générale, on s’est contenté de les condamner et d’adopter une attitude sévère et condescendante. J’ai souvent entendu dire ces derniers temps qu’ils méritaient d’être noyés, une pierre au cou. Or nous savons que les abuseurs, même s’ils ont commis un acte criminel, sont des humains investis de dignité. Il faut essayer de comprendre sur quel fond de personnalité ils sont devenus des abuseurs. J’ai souvent trouvé chez eux une immense pauvreté émotionnelle, coexistant avec une intelligence mise au service d’une prise d’influence sur le psychisme de leurs victimes, et sur leur environnement. L’abus sexuel, c’est s’introduire dans le psychisme et le corps d’une victime, tout en domptant le regard des autres pour qu’ils se détournent de l’acte qui est commis. Dans ce sens, il est primordiale de se rendre compte que ce qui fait le lit de l’abus sexuel, ce n’est pas seulement une relation entre un abuseur et sa victime, mais aussi un environnement propice à générer une sorte d’aveuglement et une mise au secret. La honte qui jette son poids de plomb et la peur des conséquences conditionnent une attitude d’inhibition, comme on la retrouve dans beaucoup de traumatismes. L’Eglise, plutôt que de vouloir soumettre les futurs prêtres à d’incertaines procédures et analyses de leur person-

nalité, ferait bien de s’intéresser sur les méthodes utilisées par les abuseurs pour arriver à leur fin. Et de voir en quoi l’Eglise aurait pu contribuer à la création et au maintien du problème. Mais, de tout cela Robinson ne parle pas.

Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre – et qui a pris une grande importance dans ma vie et dans mon travail – : c’est d’accorder aux individus le droit aux erreurs. Geoffrey Robinson parle de la liberté de se tromper ; dans ce sens, et paradoxalement, c’est une volonté de s’ouvrir aux capacités et aux forces. Il est plus facile de vivre avec un solde de ressources qu’avec un débit de fautes qu’on a commises et de déficiences dont on est pourvues. Les femmes prêtres (qui ont leur place à l’intérieur de l’Eglise), le dogme de l’infaillibilité du pape (qui est un frein), la démocratisation du fonctionnement de l’Eglise (qui doit trouver son énergie en se fondant sur les communautés de base) sont d’autres thèmes abordés souvent par des questionnements. Selon la façon dont ces questions sont posées, elles contiennent le plus souvent une réponse ; on ne saurait poser une question précise s’il n’existait pas déjà une idée de la réponse à donner. C’est pourquoi les meilleures réponses sont souvent les questions.

A ceux qui, comme moi, se souviennent des sornettes et des histoires monstrueuses qui leur étaient racontées par les catéchètes et les prêtres ; à ceux que les propos tenus par des hommes de l’Eglise choquent souvent ; à ceux dont l’esprit s’englue à la lecture des écrits du pape ; à ceux qui gardent une grande méfiance par rapport à l’institution Eglise, préfèrent rester observateur prudent et réfléchi devant la foi des autres, à tous ceux-là, je recommande la lecture de ce livre. Geoffrey Robinson y fait une analyse honnête et authentique. Il me rappelle les personnes que j’ai pu connaître et à qui je voue un profond respect : celles qui vivent la foi comme une rencontre et une recherche personnelles à la lumière d’un lien profond et des écrits de la bible. ♦

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Über die Grenzen Triers hinaus kennt man die Porta Nigra als das Wahrzeichen der ältesten Stadt Deutschlands. Doch dem Besucher, der sich der Stadt nähert, fällt zuerst ein anderes Baudenkmal ins Auge: die Mariensäule, die hoch über Trier am Hang des Markusberges steht. Die Geschichte der Mariensäule sowie der anderen Marienstätten auf dem Trierer Markusberg, die zwischen 1859 und 1884 errichtet wurden, zeichnet die Publikation von Arthur Fontaine nach. Aus den erstmals umfassend gesichteten Quellen rekonstruiert er detailliert die zeitgenössischen religiösen, sozialen und politischen Hintergründe, die das Projekt beeinflussten und widerlegt die These, dass die Mariensäule zur Provokation der protestantischen Preußen initiiert worden sei.

Arthur Fontaine:
Die Marienstätten am Trierer Markusberg
Das Ensemble von Mariensäule, Mariahilf-Kapelle und Stationsweg, Trier 2010.
ISBN 978-3-89890-148-2

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