DEBOUT contre la pauvreté 2009
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Christiane Giovannoni, Kristel Pairoux et Norry Schneider
DEBOUT contre la pauvreté 2009
« Tout ce que vous faites pour moi sans moi,
vous le faites contre moi. » Gandhi
La Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre 2009
est une occasion de porter un message de solidarité avec celles
et ceux qui vivent dans des situations de pauvreté, de partager
des témoignages. Une marche de la solidarité est organisée
au centre-ville, ainsi qu’un projet de chant hors du commun,
intitulé Voix unies contre la pauvreté.
Le 17 octobre
Cette journée en l’honneur des personnes victimes de la pauv-
reté doit leur permettre de s’exprimer dans la dignité, de
mieux se faire comprendre, de faire reconnaître leur refus de la
misère. Elle doit être l’occasion, pour tous les citoyens, d’en-
tendre le message de ceux qui vivent dans le dénuement et
l’exclusion et de s’engager avec eux.
Se mettre DEBOUT contre la pauvreté, c’est rappeler que l’ex-
trême pauvreté et l’exclusion sociale au Luxembourg et dans
le monde sont des injustices inadmissibles et des atteintes à
la dignité humaine. Il importe de souligner l’indivisibilité des
droits humains : au-delà de la faim et du dénuement, les per-
sonnes vivant en pauvreté sont souvent privées de leurs droits
civiques et politiques.
Le 17 octobre est depuis de nombreuses années la Journée
mondiale du refus de la misère, reconnue par l’ONU depuis
1992. Le 17 octobre 1987, Joseph Wrśinski, lui-même issu
d’une famille très pauvre et fondateur du Mouvement interna-
tional ATD Quart Monde (fondé en 1957), inaugurait à Paris
une dalle en l’honneur des victimes de la misère, là où en
1948 avait été signée la Déclaration universelle des droits de
l’Homme. Ce jour-là, 100 000 défenseurs des droits humains,
de toutes conditions et de toutes croyances, ont affirmé leur
soutien au combat contre la pauvreté et la misère.
Pauvreté : état des lieux
En 2000, l’ONU s’était fixé huit objectifs du Millénaire pour
le développement (OMD) pour éradiquer la pauvreté dans le
monde de moitié jusqu’en 2015. À moins de six ans de là, le
monde est plongé dans une grave crise économique à dimen-
sion planétaire. Victimes des crises financière, climatique et
alimentaire, dont ils ne sont pas responsables, les habitants des
pays pauvres sont les premiers à en subir les conséquences.
Aujourd’hui, le nombre de personnes vivant en dessous du
seuil de pauvreté avec moins d’1,25 dollar par jour est de
1,4 milliard, soit l’équivalent de plus d’un quart de la popu-
lation du monde en développement. Évidemment cette ma-
nière de définir la pauvreté n’est pas exhaustive, car elle voile
des valeurs non matérielles qui se basent sur des facteurs hu-
mains, culturels, sociaux et écologiques dans la compréhen-
sion de richesses.
Si les phénomènes de pauvreté matérielle au Luxembourg
ne sont pas directement comparables avec les réalités vécues
dans les pays du Sud, ils entraînent souvent également stig-
matisation et exclusion sociales. Au moins une personne sur
dix résidant au Grand-Duché est menacée de pauvreté. Le
pourcentage de ménages dont le revenu disponible équivalent
est inférieur au seuil de pauvreté était de 14 % en 2006, donc
avant « la crise » (il était de 13 % en 2005 et 12,4 % en 2004).
17 octobre 2009
Journée mondiale du refus de la misère
DEBOUT contre la pauvreté
Programme
11h00 Stands d’info et animations, Place d’Armes à
Luxembourg-Ville
15h00 Témoignages, Place d’Armes
16h00 Marche de la solidarité, départ Place d’Armes /
arrivée CarréRotondes à Luxembourg-Hollerich
17h00 Concert Voix unies contre la pauvreté
CarréRotondes, salle Traffo
Direction musicale : Camille Kerger et Stephany Ortega
Composition : Ernie Hammes,
Images : VJ Melting Pol
Infos sur : www.bandeaublanc.lu et www.oct17.org
Photo : vcardile@gmail.com
Ces pourcentages correspondent au taux de risque de pauvreté. Tout prête à croire que suite à la dernière crise ce chiffre augmentera.
La misère est une violation des droits humains fondamentaux, d’autant plus qu’elle n’est pas inévitable, puisque le monde dispose des moyens techniques, scientifiques, humains et financiers pour éradiquer la pauvreté.
Nos voix contre la pauvreté
Le jour du 17 octobre, nous unissons nos voix pour réclamer plus de justice sociale et la reconnaissance de la dignité humaine. Une possibilité d’unir nos voix, c’est de chanter dans un chœur.
La démarche participative est au centre du projet Voix unies contre la pauvreté, avec pour objectif principal de donner accès à l’expression culturelle à des personnes qui en sont habituellement privées. Un chœur est constitué spécialement pour ce projet : des personnes du grand public, des chanteurs de chorales confirmés et des personnes vivant dans des situations de pauvreté au Luxembourg y participent. Aucune connaissance musicale n’est nécessaire pour s’associer au chœur, toute personne est donc invitée à nous rejoindre. La direction musicale du projet est assurée par Camille Kerger, directeur de l’INECC, sur une composition de Ernie Hammes.
Les quelques répétitions qui réunissent une centaine de chanteuses et de chanteurs forment un espace de rencontre temporaire, où des personnes de milieux très différents travaillent sur un projet commun : chanter d’une voix contre la pauvreté. Imaginons un instant que ce que ces personnes réussissent à réaliser pour une heure de concert soit possible toute l’année, l’exclusion et la solitude feraient partie du passé.
Thème 2009 : le droit et l’accès à la culture
En 2009, l’accent de cette journée sera mis sur le droit et l’accès à la culture. L’initiative Cultur’all, créée en 2008, lancera à cette occasion un « pass culturel » pour les personnes socialement et économiquement défavorisées. Reconnaissant que toute personne est « sujet de culture », l’association Cultur’all a pour objet de sensibiliser la société et les responsables politiques, de promouvoir l’accès à toute forme de culture pour
des personnes qui en sont éloignées, d’encourager la participation, de promouvoir la diversité culturelle, et de promouvoir la médiation culturelle et le développement de synergies entre le politique et le social. Si les plus démunis participent à la vie culturelle, il est important de les voir non seulement en tant que consommateurs mais aussi en tant qu’acteurs.
La pauvreté culturelle est plus discriminatoire que la pauvreté économique, car elle touche non pas à l’avoir mais à l’être. Elle empêche l’individu de comprendre les causes expliquant sa position sociale, de prendre conscience par lui-même et de valoriser aux yeux des autres les expériences que lui, sa famille, son milieu ont acquises, en faisant face dans la durée à des conditions de vie difficiles. Elle touche l’être humain dans son être, dans sa dignité personnelle, dans sa signification pour autrui.
La culture est fondamentalement liée à la participation et à la citoyenneté. Elle donne à la personne les moyens de comprendre la société qui l’entoure et de jouer un rôle dans son fonctionnement. Il s’agit donc d’un des fondements de la démocratie. Être privé de l’accès aux savoirs, c’est être soumis au regard des autres ou à la plume des autres sans même pouvoir protester, on pense pour la personne ce qui est bien ou ce qui est mal et elle ne peut que se conformer au jugement porté à son encontre. Si ces dernières réflexions sont fondées pour les personnes en situation d’exclusion sociale, elles le sont aussi pour les personnes de cultures dites minoritaires. C’est pourquoi l’association a pour objectif de promouvoir tant le dialogue interculturel que le dialogue interculturel.
Un premier pas
Certes, les journées mondiales ont le défaut de n’être que des journées, alors que des hommes et des femmes luttent chaque jour contre la pauvreté. Dans ce sens cette action du 17 octobre est un premier pas à franchir… ♦
Voix unies contre la pauvreté a été initié par Caritas Luxembourg, avec la participation de Amnesty International, Action solidarité tiers monde (ASTM), ATD Quart Monde Luxembourg, Caritas Accueil et Solidarité, Comité de liaison des associations d’étrangers (CLAE), Croix-Rouge luxembourgeoise, Cultur’all, European Anti Poverty Network (EAPN) Lëtzebuerg, Femmes en détresse, Foyer de nuit AbriSud, Mission catholique des migrants de Esch-sur-Alzette, Stémm von der Strooss.
Ce projet est réalisé en collaboration avec l’Institut européen de chant choral (INECC), le CarréRotondes/Traffo et Disparter, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères – direction de la Coopération au développement.
Photo : Levygraphie
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