Dieser Inhalt wurde anhand eines gescannten Dokuments mithilfe von optischer Zeichenerkennung (OCR) und künstlicher Intelligenz (KI) digitalisiert. Er kann Fehler oder Ungenauigkeiten enthalten.

Encore un livre sur les femmes, dira-t-on peut-être avec plus ou moins d’agacement. Il est vrai que de livres "féministes", on n’en manque pas. S’engager, ne serait-ce que par le biais d’un livre dans le mouvement d’émancipation de la femme, est devenu chose courante. Mais qu’est-ce que cela veut dire, l’émancipation de la femme? Même si on ne considère que la réflexion féminine à ce sujet, nous sommes loin de l’unanimité. D’un côté on postule qu’entre la "nature" féminine et la "nature" masculine les différences sont minimes et on s’attaque avec d’autant plus de violence aux mécanismes socio-économiques et socio-culturels de domination qui créeraient l’inégalité à l’avantage du sexe masculin. De l’autre côté des femmes se mettent en quête de leur "nature" et de leur identité féminines, démarche qui leur paraît d’une grande importance, pour que les femmes puissent être vraiment femmes dans une société faite par les mâles. Elles constatent que jusqu’ici les réalités féminines ont été décrites, exprimées et expliquées par des hommes (en cela elles n’ont certainement pas tort) et – ceci est important – qu’elles ont donc été mal exprimées.

Que partout les femmes veuillent se libérer, c’est un fait. Que c’est de la domination masculine qu’elles veuillent se libérer, ne fait pas de doute non plus. On ne peut qu’être d’accord avec elles, lorsqu’elles taxent la plupart des réflexions mâles sur la femme d’idéologiques.

Mais l’idéologie est-elle complètement absente de leurs propres propos? Il m’est arrivé plus d’une fois d’être agacée par des livres féministes, ayant eu l’impression que leurs auteurs y allaient parfois un peu trop vite, que leur regard était trop partiel et/ou partial, qu’elles ne voyaient que ce qui les arrangeait. J’ai donc particulièrement apprécié LE FAIT FEMININ édité par E. Sullerot et la démarche de ceux qui ont fait ce livre. Le "fait féminin" y est éclairé par différents biais: celui de la biologie, celui de la psychologie et celui de la sociologie. Le livre ne prétend pas épuiser le sujet, mais à trois niveaux il constate ce qui est acquis et ce qui ne l’est pas; il est merveilleusement exempt d’idéologie. Tout mouvement féministe sérieux se doit d’y regarder de plus près.

Je relèverai surtout ce qui m’a le plus intéressée. Pour subjective et sélective que puisse paraître cette démarche, elle ne fausse pas, je l’espère du moins, les résultats exposés.

LE FAIT BIOLOGIQUE

Ce que j’ai voulu savoir au plan biologique:

  • Est-ce que les femmes sont désavantagées par rapport aux hommes par leur seule nature biologique? Sont-elles à ce niveau "le sexe faible"?
  • Sont-elles irrémédiablement livrées à leur nature biologique?
  • Est-ce que cette nature biologique peut justifier l’état de subordination sociale dans lequel elles se trouvent?

Nul ne mettra en doute les différences concernant la fonction reproductrice des deux sexes: jusqu’ici ce sont les femmes qui ont un utérus et mettent au monde les enfants, ce sont elles qui sont capables de les allaiter. Si aujourd’hui beaucoup de féministes refusent de s’intéresser à ces déterminations biologiques et de les prendre en compte ou les minimisent, c’est que souvent on a voulu cantonner irrémédiablement les femmes dans leur condition anatomophysiologique et justifier à postériori l’inégalité des statuts masculin et féminin. On se souvient p. ex. de la théorie qui, par référence au gros ovule peu mobile et aux minuscules mais très actifs spermatozoïdes prétendait expliquer la passivité féminine et l’activité masculine.

Il faut dire que, à côté des différences anatomiques évidentes, il y a, et cela dès le départ, différence entre les sexes. D’abord au niveau des gènes portés par les chromosomes, XX chez la femme, XY chez l’homme. Quelle est la signification de cet Y et de ses gènes que l’homme a en plus? Il faut bien dire qu’il les a en plus, vu que le mâle XY possède tous les gènes présents chez la femelle XX. – Le seul

  • Evelyne SULLEROT éd. Le FAIT FEMININ Fayard, Paris 1978

rôle de l’Y est de détourner, vers le 50e jour de la vie embryonnaire, la tendance spontanée de la gonade (glande sexuelle) embryonnaire indifférenciée à organiser un ovaire et de la forcer à organiser un testicule. Ce testicule à son tour produit une hormone mâle, la testostérone, qui va provoquer tout le développement mâle chez le foetus.

A ce stade on ne peut parler ni de supériorité masculine ni de supériorité féminine. Il est vrai que des mouvements féministes ont avancé le fait que "génétiquement le sexe féminin est le sexe premier", vu que la gonade embryonnaire est organisée spontanément vers une organisation sexuelle femelle et que le sexe mâle est en quelque sorte "dérivé". Mais ce fait génétique n’implique aucun jugement de valeur. S’il ne valorise pas la féminité, il permet au moins de démythifier "le primat du masculin" qui hante les esprits depuis la genèse (Eve faite par Dieu d’une côte d’Adam).

Dans le développement sexuel ce sont les hormones sexuelles produites par les gonades qui vont jouer le rôle le plus important. En effet ces hormones véhiculées par le sang à travers tout l’organisme, vont imprégner les structures nerveuses. Ainsi le système fonctionnera soit dans le sens mâle (relativement stable), soit dans le sens femelle (cycles menstruels). La cyclicité est très souvent considérée comme un grand handicap pour les femmes. Elle entraînerait une fragilisation physiologique et une humeur instable et capricieuse. Regardons-y de plus près.

Il est vrai que les investigations à ce sujet font apparaître que les états émotifs des femmes varient avec les 2 phases du cycle menstruel. On a constaté aussi que 36 à 40 % des femmes présentent des troubles aussi bien physiologiques que nerveux au cours de la période qui précède immédiatement les règles. Si les troubles physiologiques (p.ex. congestion des seins et congestion abdominale, les colites …)

semblent faciles à attribuer à des facteurs hormonaux, les troubles nerveux (p.ex. anxiété, troubles du sommeil …) semblent être plutôt sujectifs, c’est-à-dire qu’ils existent bien, mais qu’ils semblent plutôt dus à l’état psychique de la femme qu’à une action hormonale. Prenons l’exemple de la femme qui se demande si elle est enceinte ou non. Il faut dire aussi qu’en ce qui concerne les troubles "objectifs", il est possible de les atténuer ou de les faire disparaître par un traitement de progestérone.

Tout cela étant dit, je vois toujours mal comment ces "handicaps" puissent justifier un handicap social. Des handicaps biologiques, tout le monde en a, les hommes aussi, et il conviendrait plutôt de les corriger que de les considérer comme des limites. Il y a en outre une méthode de contraception qui provoque la suppression totale des règles pendant son administration. La périodicité hormonale de la femme avec ses conséquences possibles sur le comportement et l’activité, peut donc être supprimée. Ceci montre que la femme n’est pas ou du moins n’est plus asservie à sa nature biologique.

Mais citons un autre phénomène biologique qui semble plus propice aux femmes: la ménopause. En effet, le sevrage d’hormones sexuelles qui a lieu alors n’entraîne pas seulement la fin de la fécondité féminine, mais également une atrophie progressive des seins, un amincissement de la peau, les os deviennent plus fragiles, les rapports sexuels peuvent devenir pénibles ou impossibles. Ne dit-on pas que les femmes vieillissent mal? Et n’oublions pas les troubles du caractère et du comportement qui peuvent se manifester à cette époque. Chez les hommes au contraire la production de testostérone reste relativement stable jusque vers la cinquantaine, après elle diminue lentement. L’homme mâle n’est pas exposé au choc assez violent que représente la ménopause féminine et il peut être fécond à tout âge.

ET DIEU CREA LA FEMME A SA PROPRE IMAGE
END GOTT SCHUF DAS WEIB NACH BREIM BILD

Y DIOS CREO LA MUJER A SU PROPIA IMAGEN
AND GOD CREATED WOMAN IN HER OWN IMAGE

Il faut dire que la ménopause n’est pas toujours considérée comme un handicap, ni au plan de la société, ni par les femmes elles-mêmes. Cette connotation dévalorisante, elle la présente seulement dans un type de société qui prône l’éternelle jeunesse, qui glorifie la femme sexy et qui dévalorise les personnes âgées d’une façon ou d’une autre, alors que dans un pays comme la Chine, p.ex. où les ancêtres jouent un rôle social important, les gynécologues considèrent qu’il n’y a pas de problème de la ménopause. On ajoutera que l’administration d’hormones, si elle ne prolonge pas la période de la fertilité, permet de supprimer les éventuels effets secondaires à l’arrêt de la fonction ovarienne.

Les différences hormonales entre hommes et femmes entraînent aussi des différences au niveau de la taille, du poids et de la force masculine: les hommes sont en général plus grands et plus forts que les femmes. Sur ces points les femmes représentent bien le sexe faible. Mais on voit mal comment dans nos sociétés technicisées et industrialisées, où la machine remplace de plus en plus la force humaine et où l’homme gagne de moins en moins son pain à la sueur de son front, cette supériorité de fait pourrait être valorisée. Ce ne sont pas forcément les hommes musclés qui font les leaders, ni ceux qui avancent à coups de poings. Et puis, si elle y tient absolument, la femme peut toujours se faire du muscle en utilisant des produits anabolisants.

Notons quand même un point à l’avantage des femmes: la différence de longévité. Elle est de 6 à 7 ans, c’est-à-dire qu’en général les femmes vivent 6 à 7 ans plus longtemps que les hommes.

Tout au long de ce chapitre il est apparu que ce que les sciences biologiques font voir, ce sont des différences et non des inégalités. En outre ce sont ces sciences-là qui ont le plus révolutionné la vie des femmes, d’abord en nous fournissant des connaissances de plus en plus précises sur les données biologiques, ensuite en agissant sur ces données pour les rendre moins aliénantes (contraception, baisse de la mortalité des femmes en couche …) Aujourd’hui les femmes ne sont plus irrémédiablement livrées à leur nature, elles ont des choix à faire. Quelles femmes veulent-elles être?

LES ASPECTS PSYCHOLOGIQUES

Nous avons vu que le sexe biologique de la femme est incapable de justifier l’inégalité des statuts sociaux de l’homme et de la femme. Mais, dira-t-on, il n’y a pas que le niveau biologique, il y a aussi le niveau psychologique. Et d’insinuer qu’au point de vue psychique la femme est inférieure à l’homme, c’est-à-dire incapable de faire certaines tâches (comme par hasard il s’agit de tâches socialement

valorisées), mais fort bien adaptée à d’autres (donner les soins aux petits, les travaux routiniers…). Il est vrai que cette théorie se trouve corroborée par la répartition des tâches telle qu’elle existe.

Doit-on donc penser qu’il y a une spécificité féminine, non seulement au niveau biologique, mais également au niveau psychologique? Est-ce que les gènes et les hormones ne jouent pas seulement dans la constitution du sexe biologique, mais également dans le sens d’une différenciation des fonctions psychologiques? Si tel est le cas, il faudra voir encore si les différences psychiques sont radicales et infranchissables entre les deux sexes et surtout quelles conclusions on peut en tirer sur le plan social de la répartition des rôles et des tâches. Mais les théories ne manquent pas qui essaient de démontrer que les différences psychiques et de comportements sont nées par des facteurs éducatifs, sociaux et culturels et que la fonction explicative des données biologiques est irrélevante.

Notons tout de suite qu’il y a un phénomène qui met profondément en doute l’explication par la seule biologie: c’est le phénomène du transsexualisme. Le transsexuel a la morphologie reproductrice et la fécondité d’un sexe, et une aspiration constante au rôle et aux privilèges de l’autre. Il est très possible que le transsexualisme ait une base hormonale, prénatale, mais il est certain aussi que la forme ultérieure du transsexualisme ne se développe que par certaines influences socio-environnementales.

Ajoutons que des enfants, dont l’apparence anatomique est assez ambiguë pour induire en erreur et à qui on a assigné, dans la déclaration d’état civil une identité sexuelle qui ne correspond pas à leur sexe génétique et hormonal, adoptent le rôle que leur a été assigné. Ils ’se sentent‘ fille ou garçon selon les modèles qu’on leur propose. Cela prouve que l’identité sexuelle psychique c’est-à-dire le sentiment intime qu’on a d’appartenir à un sexe ou à un autre, ne correspond pas nécessairement avec l’identité sexuelle biologique. Il faut voir que l’éducation, l’environnement jouent dans le processus de l’acquisition de l’identité sexuelle psychique un rôle non négligeable et même primordial.

Il est prouvé que l’enfant se conforme au sexe qui lui est assigné. Dès sa naissance ses parents le voient fille ou garçon, ils mettent des étiquettes et sont eux-mêmes influencés par ces étiquettes, c’est-à-dire qu’ils s’attendent à découvrir dans l’enfant des traits de caractère et des comportements communément assignés à l’un ou l’autre sexe. Et ils vont l’élever en conséquence. Est-il étonnant alors que les comportements auxquels on s’attend, on va les découvrir réellement, peut-être simplement parce qu’on les a créés?

Le plus souvent cet étiquetage est fait dès la naissance de l’enfant, alors qu’il est prouvé qu’on trouve peu de différences morphologiques (à part les différences anatomiques évidentes) et comportementales selon les sexes chez les très jeunes enfants jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans. En effet, vers cet âge-là certaines différences commencent à se dessiner nettement, dans la comportement social de chaque sexe p.ex. Il faut dire tout de suite, quitte à le répéter ensuite, qu’il n’y a pas de caractéristiques psychiques appartenant exclusivement à un sexe. Les différences sont toujours une question de degré.

Quelques exemples de différences comportementales qui apparaissent après l’âge de 2 ans environ: les filles sont plus posées, moins agressives que les garçons, les groupes de filles se préoccupent moins de questions de domination que les groupes de garçons (l’agressivité plus grande des garçons, tout comme leur plus grande force musculaire, étant due surtout au taux très élevé de testostérone), les filles recherchent beaucoup la compagnie des adultes, tandis que les garçons sont plutôt attirés par leurs camarades. Est-ce à dire que pour chaque sexe certaines caractéristiques du tempérament apparaîtront inévitablement quel que soit le milieu social?

On a constaté que dans un environnement où le comportement agressif n’est pas récompensé, les garçons ne se battent vraiment pas beaucoup. Quand il y a prédisposition biologique (ici taux de testostérone) elle n’est donc pas en elle-même suffisante pour entraîner un comportement, il faut encore le stimulus de l’environnement. Par contre un enfant pacifique se métamorphose en un enfant querelleur, si ses actions agressives lui rapportent des avantages, sont récompensées. Les filles se montrent tout à fait capables d’apprendre à être agressives, ce qui montre que tout n’est pas affaire d’hormones.

Sur le point précis de l’agressivité, la prédisposition biologique des garçons ne fait pas de doute. Elle peut expliquer, pourquoi dans des temps reculés, certaines fonctions sociales étaient assignées aux hommes qui par là ont établi leur domination. Elle ne peut en aucun cas, aujourd’hui encore moins qu’hier, justifier cette situation. Dans une culture évoluée, on voit mal en effet comment l’agressivité jointe à la force musculaire justifierait une position de leader.

Mais il n’y a pas que l’agressivité. Ce qui justifierait la répartition des tâches telle qu’on peut la constater, ce ne serait pas seulement le fait que les hommes "sont faits" pour dominer, mais que les femmes "sont faites" pour s’occuper des petits, pour soigner. Puis par un glissement imperceptible on en vient à dire que d’ailleurs elles ne sont pas capables de faire autre chose.

Qu’en est-il exactement du fameux instinct maternel? Est-ce que les femmes sont hormonalement programmées à s’intéresser aux petits et à répondre à leurs besoins? Est-ce qu’elles sont plus douées dans ce domaine que les hommes?

Die Bestimmung der Frau und ihrer einzigen Ruhm liegt darin, die Herzen der Männer schlagen zu lassen. Balzac

PLANTU

(Dessin de PLANTU)

Des observations faites sur les mammifères montrent que la femelle, mise en présence de petits, va s’occuper d’eux rapidement, tandis que le mâle commence par les agresser. Mais une fois ses premières réactions agressives passées, il se montre capable de faire les choses aussi bien que la femelle. En ce qui concerne les hommes et les femmes, on a constaté que le père manifeste envers le nouveau-né un comportement nourricier au moins au même degré que la mère et qu’il est parfaitement capable de manipuler le petit. Plus les hommes sont appelés à s’occuper des petits, plus leur réponse gagne en qualité et en efficacité, tout comme celles des femmes. Le fait de se sentir responsable des petits est un élément extrêmement important dans la constitution de "l’instinct" parental.

On peut alors à juste titre se poser la question pourquoi les fonctions d’élevage des enfants dans nos sociétés modernes, où les femmes ne sont plus attachées à la maison, vu qu’elles ne sont plus contraintes à des grossesses répétées et à de longs temps d’allaitement, devraient revenir presqu’exclusivement aux femmes. Même si on admet que les femmes sont mieux préparées biologiquement à être sensibles aux petits, les hommes sont parfaitement capables d’acquérir cette sensibilité eux aussi. On ne va donc pas à l’encontre de la "nature" masculine, si on souhaite que les structures sociales et les structures de travail soient aménagées de telle sorte que les hommes aient la possibilité de s’occuper des petits, eux aussi.

Mais est-il vraiment souhaitable que les femmes soient à moitié déchargées des joies et des soucis qu’apporte l’élevage des petits? Sont-elles capables de faire autre chose, de s’adapter à des situations nouvelles? Le mâle humain, lui, a commencé par être chasseur et guerrier, cela ne l’a pas empêché de s’adapter à des activités de plus en plus compliquées. Pourquoi la femme n’en serait-elle pas capable, elle aussi? On n’a pas jusqu’à présent constaté chez les femmes de prédisposition biologique qui les empêcherait de s’adapter à des situations nouvelles.

Reste toutefois la croyance qui veut que les femmes ne soient pas aussi intelligentes que les hommes. Or les tests d’intelligence globale ne décèlent au-

ICH BIN EINE FRAU

Warum habe ich mich quälen lassen,
mich anschreien
mich schlagen lassen?
Warum habe ich eheliche Pflichten erfüllt?
Weil ich mich aufopfern wollte?
Weil ich versuchte, eine gute Frau zu sein?
Eine gute, eine christliche Frau,
die für die andern da ist,
die sich selber verleugnet,
die ihr Leben aufopfert,
der man zum Muttertag einen Blumenstrauss schenkt?

Nein und nochmals nein!
Heute bin ich erwachsen,
heute fange ich an zu begreifen
was Leben heisst,
jetzt erkenne ich, dass mein Leben
wichtig ist.

Wenn mich jetzt einer anschreit,
habe ich Worte bereit,
wenn mich jetzt einer schlagen will
werde ich auf der Hut sein,
wenn jetzt einer von mir Liebe verlangte,
und wäre er mir kirchlich angetraut,
liesse ich mich nicht anrühren,
denn Liebe kann man nicht verlangen.

Ich bin eine Frau,
ich bin ein Mensch,
ich wurde, wie ich glaube,
von Gott geschaffen, ganz persönlich

Karin Jahr

cune différence entre les sexes. Ce qu’on constate
ce sont deux tendances: supériorité verbale chez les
filles, supériorité de l’aptitude spatiale chez les
garçons, c’est-à-dire que les garçons ont une meilleure capacité à faire tourner une figure dans l’espace mentalement, qu’il s’agisse d’une représentation plate ou d’un objet à trois dimensions. Cette supériorité des garçons est donc très spécialisée et n’induit pas que les garçons aient des aptitudes analytiques, cognitives, d’abstraction supérieures.

On voit mal comment une supériorité aussi délimitée pourrait avoir des répercussions sur les statuts sociaux de l’homme et de la femme. Mais il ne faut pas oublier que dans beaucoup de professions exercées dans nos pays industrialisés cette aptitude est indispensable, donc valorisée et qu’elle peut donc jouer un rôle dans l’émergence des inégalités de statuts.

Tout ce qui a été dit n’implique pas, et il est important de le souligner, que toutes les femmes atteignent des scores moins élevés que les hommes pour l’aptitude spatiale. Une femme douée peut être aussi douée que le meilleur mâle, mais la proportion de femmes douées est moindre que celle des hommes. Il est évident que l’aptitude spatiale est héritée, c’est-à-dire véhiculée par un gène. Il se trouve que dans le cas précis, par le mécanisme des chromosomes et des gènes, la femme est défavorisée c’est-à-dire qu’elle a moins de chance que le gène se manifeste vraiment.

Il y a en outre les mécanismes cérébraux qui sous-tendent immédiatement la cognition et il est très

probable que les 2 hémisphères du cerveau de l’homme et de la femme ne pas organisés de la même façon. En effet les hémisphères du cerveau mâle forment des systèmes neurologiques assez indépendants l’un de l’autre, tandis que chez la femme les hémisphères cérébraux ne sont pas aussi spécialisés et chaque activité peut concerner les deux hémisphères à un quelconque degré. Nous ne pouvons ici entrer dans les détails, mais il est peut-être intéressant de relever quelques implications de cette organisation cérébrale différente: il peut être plus difficile aux femmes qu’aux hommes de faire deux tâches cognitives en même temps (p.ex. être attentives au chemin qu’elles prennent et parler en même temps); les femmes peuvent être moins capables de séparer leurs réponses émotionnelles de leur conduite analytique (mais est-ce forcément toujours un désavantage?); les filles apprennent à lire plus vite que les garçons; en cas de lésion du cerveau, certains processus cognitifs ne sont pas aussi atteints chez les femmes que chez les hommes.

En voilà pour l’intelligence. Nous avons beaucoup parlé de la supériorité masculine de la vision spatiale, ce qui nous a amenés à relever l’organisation différente des cerveaux mâle et femelle. Mais il faut dire encore une fois que pour toutes les autres fonctions cognitives, on n’a pas pu détecter de supériorité masculine. Dire que les femmes sont moins intelligentes que les hommes relève de l’idéologie plutôt que de la connaissance scientifique.

LES ASPECTS SOCIAUX

Nous avons pu constater dans notre cheminement qu’il y a une nature biologique féminine spécifique, mais qu’on ne pouvait en déduire une infériorité de la femme et un statut social inférieur. Sur le plan psychologique nous avons vu que certaines fonctions cognitives sont favorisées par des prédispositions sexuelles biologiques, sans qu’ils soient déterminés par elles. Des facteurs socio-éducatifs ont une large part dans l’émergence des spécificités masculines et féminines.

Avec cela il n’est toujours pas clair comment on pourrait expliquer les différences de statut entre hommes et femmes. Il faut admettre que ce n’est que

© DRAITE DE PLANTÔ.

combinées à des pratiques culturelles que les différences ’naturelles‘ contribuent à établir l’inégalité sociale des sexes. Les environnements qui amplifient la compétition entre mâles, comme p.ex. les sociétés caractérisées par une intense compétition hiérarchique, valorisent et gratifient également les comportements ‚typiquement masculins‘ et par conséquent pénalisent les femmes. Il y aura un degré d’inégalité très élevé entre les sexes.

Ce qui a été à la base de toutes les pratiques culturelles dans ce domaine, c’est la fonction reproductrice de la femme. Comment aurait-il pu en être autrement, vu que les différences dans les fonctions reproductrices entre les deux sexes sont les plus évidentes? La fécondité de la femme qui lui a souvent été enviée par les hommes, s’est avérée être aussi sa faiblesse. C’était pour très longtemps, la contrainte à laquelle elle ne pouvait échapper. L’alourdissement, l’immobilisation forcée et la fragilisation des femmes pendant la plus grande partie de leur vie aux origines de l’humanité, ont certainement été les causes essentielles de leur inégalité sociale. Mais aujourd’hui, où grâce à une contraception efficace la femme n’est plus asservie à sa nature biologique, que la fécondité est devenue affaire de choix, l’inégalité des sexes dans le domaine social repose sur de bien faibles bases et on ne voit pas pourquoi la femme de notre temps se comporterait de la même façon que ses ancêtres. On ne voit pas non plus pourquoi les hommes ne se déféraient pas de comportements ancestraux et continueraient à mettre l’accent sur une supériorité

s790-rite somme toute assez chimérique.

Il va sans dire que ces changements ne vont pas de soi; on ne se libère pas d’un seul coup et sans que cela provoque des angoisses, d’un type de comportement pratiqué par nos ancêtres depuis des milliers et des milliers d’années et qui est finalement enraciné dans notre corps.

Il ne s’agit pas de gommer les différences entre les sexes, mais de mieux les cerner en gardant toujours à l’esprit que ce qui vaut pour le genre ne vaut pas forcément pour tous les individus qui font partie de ce genre.

J’aimerais assez vivre dans une société où les personnes, les hommes comme les femmes, ne soient pas discriminées ni à cause de leur sexe biologique, ni à cause de leurs comportements, mais soient libres de vivre les choix personnels qu’elles ont faits. Je crois que les femmes n’y réussiront qu’avec l’aide et l’amitié des hommes. Il est vrai que les hommes, faudra les pousser et négocier avec eux, car qui renonce volontiers à une position de force? Cependant on peut se demander si cette position de force signifie toujours pour eux un épanouissement personnel? J’ai l’impression que la plupart des hommes ont eux aussi besoin de se libérer et d’être libérés, car eux aussi vivent sous la pression d’un grand nombre de stéréotypes, bien que le plus souvent leur statut social plus avantageux les empêche d’en prendre conscience. Les femmes sont peut-être mieux placées pour les y rendre attentifs.

Fernande Hausemer-Freymann

Als partizipative Debattenzeitschrift und Diskussionsplattform, treten wir für den freien Zugang zu unseren Veröffentlichungen ein, sind jedoch als Verein ohne Gewinnzweck (ASBL) auf Unterstützung angewiesen.

Sie können uns auf direktem Wege eine kleine Spende über folgenden Code zukommen lassen, für größere Unterstützung, schauen Sie doch gerne in der passenden Rubrik vorbei. Wir freuen uns über Ihre Spende!

Spenden QR Code