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Caroline Milbert-Bové
Profil à risque ?
Je me permettrai dans ce contexte de faire référence à Johanne Lemieux qui emploie le terme d’enfant « à particularités » et qui explique que le fait pour un enfant d’être adoptable lui donne certaines « options ».
Voici l’énumération des plus fréquentes:
- avoir été abandonné
- être d’une couleur ou d’une ethnie différente de ses parents
- avoir eu plusieurs personnes maternelles
- devoir répondre toute sa vie à des questions idiotes
- être un survivant
- avoir 40 % de risques de naître prématuré ou avec un poids en dessous de la normale
- ignorer son bagage génétique et tous les détails de son histoire
- avoir 4 fois plus de chances d’avoir des problèmes d’apprentissage
- avoir reçu peu ou pas de nourriture affective et/ou physique en pré-adoption.
Il s’agit de traumatismes psychologiques dus à des ruptures, à un vécu de situations très douloureuses qui engendrent une fragilisation du petit en pré-adoption.
En effet, ces « options » rendent l’enfant adopté plus vulnérable. Il souffre de manière plus ou moins intense selon son vécu, selon ses blessures invisibles.
Se lancer dans l’aventure de l’adoption, c’est prendre en compte cette réalité, car le comportement de l’enfant en sera fortement influencé. Les parents devront apprendre à décoder ses réactions, acquérir les moyens pour faire
l’amour instantané souvent n’existe pas, mais la relation et les sentiments intenses sont le fruit d’un long travail, de remises en question et de joies successives tout au long des années qui suivent l’accueil de l’enfant. Il est par
conséquent important de comprendre que les parents progressent grâce à leur enfant et s’ils restent dans cette humilité, ils ne seront pas tentés de penser que leurs enfants leur sont redevables de ce qu’ils font pour eux. Prendre la responsabilité d’éduquer un enfant, c’est l’aimer de manière inconditionnelle pour ce qu’il est et non ce qu’il fait. L’enfant et le jeune adolescent ont besoin de faire cette expérience, de sentir que les parents les aiment, même si leur comportement est exécrable. C’est justement pour tester cela que les jeunes tentent par tous les moyens de blesser leurs parents. Ils ont besoin de
faire cette expérience nouvelle qui leur a tellement fait mal à l’origine, l’expérience de l’amour inconditionnel. Quel challenge que de garder son propre équilibre, rester ferme en respectant junior dans ses besoins et garder son sang-froid en attendant que lui trouve son équilibre à son tour !
face à l’enfant souffrant de troubles de l’attachement. Pour ce faire, une bonne dose de patience, de savoir-faire acquis grâce à une préparation conséquente et des capacités et ressources personnelles sont nécessaires. Au fur et à mesure, les parents apprendront à connaître leur enfant, à gérer le quotidien et à décoder les aléas de son comportement. Ainsi, l’enfant sera mis dans de bonnes conditions pour que son attachement soit favorisé. Nonobstant, les parents eux aussi doivent apprendre à aimer et à s’attacher à leur enfant. Le mythe de
- Par Johanne Lemieux, bcaq@bellnet.ca
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