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Un événement impensable se passe sous nos yeux. Tout un peuple est en train de mourir dans l’indifférence plus ou moins grande de l’opinion mondiale. Nous avons tous entendu les nouvelles qui nous disent qu’au moins un quart de la population cambodgienne est condamnée à mourir de faim à brève échéance, si rien n’est entrepris. Nous avons sursauté en apprenant que presque tous les enfants de moins de 5 ans sont déjà morts, que les femmes, affamées et traumatisées, sont devenues stériles, que tous les jours des centaines et des milliers d’hommes tombent et ne se relèvent plus. Mais comme l’écrit Jacques Decornoy (Le Monde: 2.10.79): "Banalité de l’horreur. Cette mort ne dérange pas: les cris, s’il y en a, ne sortent pas des forêts de la chaîne des Cardamones ou de Prey-Vihear. L’"affaire" ne fait aucun bruit. Une information parmi d’autres, qui suscite moins de réarques et de discussions que les pitreries cruelles de Bokassa, l’emballement de l’or ou la météo du week-end. Ils meurent en douce."

tent pas des forêts de la chaîne des Cardamones ou de Prey-Vihear. L’"affaire" ne fait aucun bruit. Une information parmi d’autres, qui suscite moins de réarques et de discussions que les pitreries cruelles de Bokassa, l’emballement de l’or ou la météo du week-end. Ils meurent en douce."

Nous n’aurons même pas la ressource de dire plus tard: Nous l’ignorons car nous savons, nous savons que nous tous, que chacun de nous doit agir, doit apporter sa contribution pour qu’une horreur encore plus grande soit évitée.

Il vient un moment où, face aux regards éteints, les arguties politiques et juridiques, les querelles de procédure, les stratégies d’obstruction et de retardement telles qu’elles ont été employées à profusion (cf. Le Monde: 2.10.79) par les parties qui s’affrontent aujourd’hui dans ce pays dévasté par 10 ans de guerre, ne peuvent être qualifiés que de criminelles et de cyniques. L’Histoire jugera de leurs responsabilités. Nous ne pouvons pas rester indifférents au scandale de la faim. Nous devons agir. Aujourd’hui. Tout de suite. Pour sauver les populations d’un Cambodge qui se meurt, lentement, de faim, de maladie et de désespoir, pour sauver aussi en nous un peu d’humanité si menacée par l’accoutumance à l’horreur.

Nous demandons au gouvernement luxembourgeois de débloquer dans les plus brefs délais une aide matérielle importante ainsi que d’intervenir auprès de ses partenaires européens pour que l’aide de la C.E.E. soit accrue. Nous demandons aux partis politiques, à l’Eglise, aux syndicats, à l’ensemble des groupes et organisations luxembourgeois, aux journalistes, aux simples particuliers de soutenir par tous les moyens possibles l’effort sans précédent de solidarité qui devra être fourni par nous tous dans les mois, dans les semaines à venir pour que survive le peuple cambodgien.

De retour du CAMBODGE Sr Fr. Vandermeersch nous déclare:

"IL FAUT AIDER – AU-DELÀ DE TOUTE DIVERGENCE POLITIQUE"

Tout juste de retour du Cambodge Sœur Françoise Vandermeersch faisait – le lundi 1er octobre – une escale à Luxembourg avant de partir pour Montréal via New York. Nous n’étions qu’un quart d’heure avec Sr Fr. Vandermeersch qui devait encore terminer – pendant ce court laps de temps – une lettre destinée aux enfants français et qui sera distribuée dans toutes les écoles de France.

Lors du très court échange, elle nous a assuré que la situation au Cambodge est très grave et que l’aide doit venir le plus vite possible pour éviter l’extinction du peuple cambodgien.

Sr Fr. Vandermeersch a souligné que tous les Cambodgiens qu’elle a rencontrés ont relevé que le régime

Pol Pot est responsable de la situation catastrophique. Les Cambodgiens saluent l’arrivée des Vietnamiens et regrettent seulement que ces derniers ne soient pas venus plus tôt. La solidarité du peuple vietnamien avec les Cambodgiens semble se concrétiser: chaque village vietnamien a jumelé avec un village cambodgien et chaque Vietnamien est invité à offrir, de quoi manger et vivre à son frère du Cambodge.

En ce qui concerne les informations relatant qu’il n’y a presque pas de Cambodgiens en dessous de cinq ans, Sr Vandermeersch a signalé que ces informations ne sont guère exagérées. Pendant le régime Pol Pot les femmes devaient travailler jusqu’à 16 heures par jour et aider entre autres à déboiser les forêts.

Sous-alimentées, fatiguées, traumatisées, de nombreuses femmes enceintes ont perdu leur enfant, d’autres ont eu des descentes d’organes ou sont devenues stériles.

Le résultat en est que pendant toute cette période il y a eu très peu de naissances et la plupart des nouveaux-nés sont morts. Si l’aide n’arrive pas de suite, les quelques survivants risquent de mourir également.

Sr Françoise Vandermeersch n’a pas cessé de répéter qu’au-delà des divergences politiques et idéologiques il faut agir dans l’immédiat le plus proche

QUE FAIRE?

Envoyer de l’argent

  • pour une aide d’urgence (il faut immédiatement et jusqu’à fin décembre: riz: 160.000 t; huile végétale: 8.000 t; sucre: 15 t; des médicaments; des moyens de transport)

  • pour une aide à moyen terme, dont dépend l’avenir du pays: soutien dans le domaine médical et paramédical, du développement agricole et de l’enseignement.

Vous informer et informer

tous vos proches, les groupes auxquels vous participez, de manière à ne pas en rester à une émotion éphémère, mais à déboucher sur une réflexion et une action collective, en demandant aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités, et exiger que s’exerce la responsabilité de l’ensemble de la communauté internationale.

pour éviter qu’un peuple disparaisse. En ce qui concerne l’aide, elle a dit que pendant longtemps les organisations internationales n’ont pas voulu reconnaître le nouveau régime et que ce serait là l’unique raison du non-acheminement de l’aide aux Cambodgiens dans la misère.

Ayant fait partie de l’équipe d’accompagnement de la cargaison de médicaments et d’aliments transportés par Cargolux au Cambodge, elle a assuré que les produits ont été acheminés en un temps record aux hommes concernés et qu’elle a rarement vu un aussi bon fonctionnement dans un pays du Tiers Monde.

  • Comité Luxembourgeois de Soutien aux populations du Vietnam, du Laos et du Cambodge (CLSPVLC)
    CCP 63 801-72
    ou
    Dr Carlo Steffes
    CCP 62 380-09, avec la mention: ‚Solidarité avec le Cambodge‘

  • Croix Rouge Luxembourgeoise

Mention: ‚Kampuchea‘

Chèque postal: 11-11

Banque Internationale: 3-101/7540

Banque Générale: 370/42200/21

Caisse d’Epargne: 1000/1279-4

Caisse Rurale: 4777/009

Communiqué par l’AFC-Solidarité Tiers-Monde le 9/10/79 à toute la presse luxembourgeoise, ce texte a été publié par le seul ‚Républicain Lorrain‘.

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