On peut distinguer cinq formes de violences à l’école
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1) la violence contre les objets
Le vandalisme, moins fréquent dans notre pays que dans les grandes agglomérations et leurs „quartiers chauds“ ne peut être évité qu’en responsabilisant les élèves, c.-à-d. en créant des structures de participation démocratique et en créant des écoles qui ressemblent moins à des casernes qu’à des lieux de vie accueillants et agréables. Il faut également investir plus dans l’entretien pour éviter l’effet "boule de neige".
2) la violence entre élèves
Comme je viens de le dire, cette violence se passe souvent en dehors de l’école ou dans des endroits mal ou non surveillés. Nous ne disposons pas de chiffres fiables indiquant une augmentation de la violence dans les écoles. L’étude européenne "Violence in schools" a bien démontré que dans aucun pays européen, on constate une augmentation d’actes violents. Le rapport autrichien parle d’une "Wandersage", un mythe qui apparaît là où un fait divers le fait émerger. Ni les statistiques des polices (plaintes), ni celles des établissements d’assurances (demandes de dédommagement) ni les études scientifiques sérieuses ne justifient l’argument d’un climat de violence accrue à l’école.
3) la violence d’élèves contre les enseignants
Inexistante parmi les enfants, la violence contre enseignants se traduit parfois par des événements tragiques allant jusqu’au meurtre commis par des jeunes, souvent avec l’arme de leurs parents. Là encore il s’agit de cas rarissimes qui sont malheureusement gonflés par le presse de boulevard pour démontrer que le monde et le gouvernement au pouvoir sont pourris et qu’il faut appliquer une politique de "tolérance 0′ pour remédier à cette situation intenable.
4) la violence des enseignants contre les élèves
Cette forme de violence est malheureusement beaucoup plus fréquente que l’inverse. Au cours des années, elle a revêtue dans la majorité des cas la forme d’une violence psychique (cynisme, remarques désobligeantes ou dégradantes etc.).
4.1 La violence psychique
Sans entrer dans les détails. Je renvoie aux travaux du professeur Kurt Singer qui a déjà été à Luxembourg à plusieurs reprises pour parler de la manière dont sont amoindris et démotivés les élèves par certains enseignants. Singer ne veut pas seulement être accusateur, il veut également montrer la voie pour un respect mutuel entre élèves et enseignants.
4.2) la violence physique
Bien que la violence physique envers les élèves soit interdite depuis 1845, on constate qu’il y a toujours des enseignants qui se croient autorisés à "corriger" des enfants, parfois même avec le support de leurs parents. Devant les tribunaux, ces personnes sont toujours condamnées, mais il est regrettable qu’elles trouvent dans une première phase presque toujours l’appui de leurs syndicats et de leurs supérieurs.
4.3) Abus sexuel
L’affaire de l’instituteur pédophile de Bissen a montré comment son entourage a essayé de banaliser l’affaire. Dans l’affaire de l’enseignement pédophile alsacien de Cormeilles, "Le Monde" s’étonne du silence du Ministère de l’Éducation Nationale.
5) la violence institutionnelle
Cette forme de violence est immanente aux structures du système scolaire. Je suis d’avis que depuis l’introduction de l’obligation scolaire, les structures de l’enseignement ont été adaptées davantage aux besoins des enseignants qu’aux besoins des enfants. Le malaise dans nos écoles (augmentation du nombre d’enfants troublés du comportement, des enfants avec des difficultés d’apprentissage etc.) montre que l’école n’est plus adaptée à l’évolution du monde extérieur. La solution de facilité consiste à chercher les coupables chez les enfants et leurs parents. Mais les conditions de vie des parents, la pauvreté, le manque d’espace vital, l’influence des médias produisent un type d’enfants radicalement différent de l’élève modèle idolâtré par l’école. Le gouffre culturel entre enseignants et enfants à risque n’a jamais été si profond.
Robert Soisson
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