Les sorcières de Hollywood

"Les délateurs — Le cinéma américain et la chasse aux sorcières" de Victor Navasky

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"Les délateurs – Le cinéma américain et la chasse aux sorcières" de Victor Navasky (éd. Ramsay Poche Cinéma)

"Si j’avais à choisir entre trahir mon pays et trahir un ami, j’espère que j’aurais le courage de trahir mon pays." Cette exclamation de E.M. Forster, citée par Victor Navasky, lui semble l’expression d’une répugnance viscérale à jouer le rôle de Judas, sentiment profondément ancré dans la mentalité américaine. Or, entre 1947 et la fin des années 50, nombreux fu-

furent ceux qui acceptèrent de dénoncer leurs amis, accusés de communisme, devant la Commission sénatoriale d’enquête sur les activités antiaméricaines (House Un-Americain Activities – HUAC), devenant ainsi des délateurs.

Le film "Guilty by suspicion" de Irwin Winkler avec Robert de Niro, qu’on a pu voir cet été à l’Utopia, n’est peut-être pas un grand film mais il a le mérite de rappeler des faits qui ne sont pas si lointains, même s’ils nous paraissent aujourd’hui d’une autre époque.

De Niro y joue un réalisateur en vogue au début des années 50, qui découvre que son nom a été cité parmi ceux d’anciens communistes et qu’en conséquence, il se retrouve sur une liste noire. Harcelé par le FBI, pressé par le HUAC d’avouer ses "fautes" passées et de donner des noms, mis à l’index par ses employeurs et ses proches, il voit sa carrière et sa vie brisées, mais trouvera le courage de résister à la Commission d’enquête, comme l’avait fait Woody Allen qui, dans l’unique autre film que Hollywood a consacré à cette sombre époque (1), finissait par dire merde aux sénateurs qui le poussaient à dénoncer des amis communistes.

Ce courage-là, "à peu près un tiers des témoins qui déposèrent effectivement sur la subversion dans le monde du spectacle" (2) ne l’ont pas eu. Ils ont collaboré, parfois après maintes tergiversations, avec la Commission et trahi leurs meilleurs amis. C’est à ceux-là, ceux qui se sont couverts de boue à l’instar du plus célèbre d’entre eux, Elia Kazan, que s’est intéressé Victor Navasky dans son livre paru en 1980 et devenu un classique dans le domaine: "Les délateurs. Le cinéma américain et la chasse aux sorcières." Car enfin, pourquoi les anticommunistes s’en sont-ils pris prioritairement à Hollywood et surtout pourquoi leurs victimes ont-elles accepté de se couvrir d’oppropre alors que leur vie n’était après tout pas menacée?

La réponse à la première question est assez simple. Les chasseurs de communistes se sont particulièrement intéressés au milieu du cinéma pour deux raisons. D’abord, parce qu’il y avait véritablement des communistes à Hollywood, et notamment un assez grand nombre de scénaristes, sans que ceux-ci aient toutefois jamais été capables, ni peut-être même désireux, d’infiltrer des éléments de propagande dans les films. Ensuite, le HUAC avait besoin de se faire de la publicité (3) et la meilleure publicité qu’il pouvait trouver était de voir associé son nom à celui des stars et des starlettes de Hollywood.

On sait que les premières auditions à Hollywood eurent lieu en 1947. Devant le refus de dix-neuf témoins de déposer devant le HUAC, onze sont invités à comparaître une semaine plus tard. Ils refuseront obstinément de coopérer. L’un d’eux est Bertolt Brecht qui, interrogé s’il a jamais été tenté d’adhérer au PC, répond: "Non, non, non, non, non, jamais" … et quitte précipitamment le pays! (4) Les dix autres, que l’on appellera "The Hollywood Ten", sont John Howard Lawson, Dalton Trumbo, Lester Cole, Alvah Bessie, Albert Maltz, Ring Lardner Jr., Samuel Ornitz (tous scénaristes, Trumbo étant de plus le futur réalisateur de "Johnny got his gun"), Herbert Biberman, Edward Dmytryk (réalisateurs) et Adrian Scott (producteur). Ils sont soutenus au début par le Comité pour le Premier Amendement (amendement condamnant l’atteinte à la liberté d’expression) qui rassemble, entre autres, John Huston, Humphrey Bogart, Lauren Bacall et Gene Kelly. Malgré ce soutien, les Dix sont inculpés d’outrage au Congrès pour avoir refusé de répondre à la question classique: "Etes-vous encore ou avez-vous jamais été membre du Parti communiste?" et condamnés à des peines de prison allant jusqu’à un an. Immédiatement, les dirigeants de Hollywood décident, lors d’une fameuse réunion au Waldorf-Astoria à New-York, de ne plus employer

"sciemment" de communistes. Les listes noires sont nées. De plus, la conduite agressive des Dix envers le HUAC a effrayé les membres du Comité pour le Premier Amendement qui se dissout peu après.

Les Dix jouent de malchance car en 1949, alors que la Cour suprême doit trancher leur cas, deux juges libéraux meurent et sont remplacés par des conservateurs. Les Dix sont emprisonnés et, peu après, la Cour Suprême juge le cas Rogers vs. US, ouvrant la voie à la doctrine de renonciation selon laquelle un accusé peut certes invoquer le 5e amendement ("nul ne pourra, dans une affaire criminelle, être contraint de témoigner contre lui-même") mais, une fois qu’il a accepté de parler de lui, il sera obligé de répondre également aux questions concernant d’éventuels complices.

Le cas des Dix étant réglé, les auditions hollywoodiennes reprennent en 1951. Ceux qui sont cités devant le HUAC comprendront bientôt qu’ils ont le choix entre quatre attitudes: invoquer le premier amendement et être inculpés d’outrage au Congrès; invoquer le cinquième amendement, ce qui dans l’esprit des accusateurs revient implicitement à avouer qu’ils ont quelque chose à cacher et les met presque automatiquement sur une liste noire; avouer qu’ils ont commis des erreurs et accepter de citer les noms de leurs camarades ou bien… partir à l’étranger, solution que choisiront, entre autres, Joseph Losey et Jules Dassin. S’ils collaborent avec le HUAC, ils ont l’espoir de se faire "pardonner" et, en conséquence, rayer des listes, entreprise qui se révèle cependant d’autant plus difficile qu’en théorie ces listes n’existent pas. Elles prolifèrent pourtant, le HUAC et le FBI n’étant pas les seuls à avoir les leurs. Différentes associations, dont la plus redoutable est l’American Legion, en élaborent à leur tour. Contrairement à l’HUAC qui ne s’attaque en principe qu’à des communistes ou d’anciens communistes, ces associations n’y regardent pas de trop près lorsqu’elles accusent quelques-uns. Certaines y trouve d’ailleurs leur compte puisqu’elles acceptent, contre une rémunération, d’enlever des listes des noms qu’elles ont contribué à y mettre.

Pour Navasky, la question centrale est: pourquoi ces gens qui faisaient marcher l’usine à rêves la plus prestigieuse du monde, qui étaient, à priori, des gens responsables et puissants, ont-ils accepté aussi facilement de courber l’échine devant les anticommunistes? En premier lieu, il faut relever que les grands studios hollywoodiens ont pour habitude, en toutes circonstances, de suivre la ligne dictée par le gouvernement. Ils redoutaient bien évidemment aussi le boycottage de leurs films, organisé par les associations anticommunistes (5). Certains studios préféraient même retourner une partie de leurs films sur le point de sortir lorsqu’il s’avérait qu’un des acteurs figurait sur une liste noire. L’anticommunisme se doublant parfois d’antisémitisme (n’oublions pas qu’un certain nombre des prétendus "espions de l’atome", à commencer par les Rosenberg, étaient juifs) et de xénophobie, les producteurs, dont beaucoup étaient juifs ou immigrés tout comme les artistes mis en accusation, ont peut-être voulu prouver leur bonne foi. Les libéraux se sont également rendus complices des maccarthystes. Au lieu de s’attaquer au fond du problème, au lieu de contester le système illégal des

Les chasseurs de communistes avaient besoin de se faire de la publicité et la meilleure publicité qu’ils pouvaient trouver était de voir associé le nom de leur Commission d’enquête à celui des stars et des starlettes de Hollywood.

listes noires, ils se sont battus pour en faire rayer certains noms, au prix de maints compromis avec le HUAC, ce qui signifiait en réalité jouer le rôle de la Commission et reconnaître sa légitimité. Les libéraux avaient surtout peur d’un amalgame possible entre eux et les communistes et voulaient montrer à tous qu’on pouvait être libéral, homme "de gauche" et anticommuniste.

Ainsi s’est créée assez rapidement une conjoncture favorable aux délations. Tout poussait les témoins appelés à comparaître devant le HUAC à donner des noms. Beaucoup des anciens délateurs ont raconté que leur avocat, leur producteur, leur agent, leur époux, leur psychiatre même, leur conseillaient de collaborer avec l’HUAC, sans même parler de la peur générale de la subversion communiste qui était plus ou moins fortement ancrée dans les têtes à l’époque. Les artistes n’avaient rien à espérer non plus de leurs syndicats qui ne se privaient pas de condamner les listes noires mais ne levèrent jamais le petit doigt pour s’y opposer, bien au contraire. Alors qu’il était président de la Screen Directors Guild, Joseph L. Mankiewicz fut pratiquement obligé (grâce à un tour de force assez machiavélique de Cecil B. De Mille) d’accepter le serment de loyauté imposé aux syndicats, alors qu’il s’y était formellement opposé auparavant. La Screen Writers Guild accepta de la même façon que les producteurs enlèvent sur le générique d’un film le nom d’un scénariste ayant refusé de collaborer avec le HUAC (6).

Le plus célèbre de tous les délateurs est sans conteste le réalisateur Elia Kazan, et cela pour plusieurs raisons. Homme de gauche, Elia Kazan, qui avait été membre du PC de 1934 à 1935, avait la réputation d’accorder une grande attention au contenu social de son travail. On attendait donc tout naturellement de lui qu’il résiste à la Commission et certains estiment même aujourd’hui que son refus, symbolique à cause de sa célébrité, aurait pu briser le système des listes noires. Surtout, Kazan ne se contenta pas de donner des noms (après avoir refusé de le faire quelques mois auparavant), il fit de plus insérer une annonce (rédigée par son épouse) dans le New York Times dans laquelle il expliquait qu’à son avis tout citoyen ayant connaissance de faits concernant les communistes, a le devoir de les exposer aux autorités afin de prémunir les USA contre "une conspiration étrangère et dangereuse" (7), à laquelle il semblait croire sincèrement. Par la suite, Kazan tournera "On the Waterfront" qui constitue une sorte de plaidoyer en faveur du mouchard. "The Visitor" (1972) a été interprété dans le même sens. Selon certains critiques, ce thème sous-tend toute son oeuvre, comme il parcourt celles d’autres artistes concernés, délateurs ou résistants. Ironiquement, le plus connu de ces derniers est le dramaturge Arthur Miller, qui était un proche collaborateur de Kazan. Appelé à comparaître, Miller invoqua le premier amendement et s’en tira avec une amende de 500 dollars (mais c’était en 1956, alors que la chasse aux sorcières perdait déjà de son entrain).

Navasky a interrogé un grand nombre de délateurs sur les raisons qui les ont poussés à "jouer le rôle de Judas" dans les années 50. Selon le réalisateur Abraham Polonsky (qui a refusé de jouer le jeu de l’HUAC et s’est retrouvé sur une liste noire), aucun d’eux n’a parlé avant que la Commission ne les y oblige.

Contrairement à ce que prétendent Kazan et quelques autres, ce ne sont donc probablement pas tant des considérations d’ordre politique ou moral qui étaient en cause. "Si vous attendez que l’on vous pose un revolver sur la tempe pour parler, il est trop tard pour prétendre décemment que vous avez agi en accord avec vos principes moraux et politiques." (8)

Rares sont ceux qui, comme Lee J. Cobb ou Sterling Hayden ont avoué avoir dénoncé, après s’être rebiffé plus ou moins longtemps, de peur de ne plus pouvoir travailler. La majorité des délateurs ont souffert toute leur vie d’avoir "craqué" et se sont trouvé des justifications et des excuses. La plupart répètent ainsi: "Je n’ai fait de tort à personne." Ils expliquent qu’ils n’ont cité que des noms qui l’avaient déjà été plusieurs fois. Or, selon Navasky, la plupart du temps, cette affirmation est fausse. Toutes les auditions n’étant pas publiques, les témoins ne pouvaient pas savoir avec certitude qui avait été déjà nommé. D’autres disent: "Ils l’ont bien mérité" et évoquent l’affaire Maltz. Albert Maltz avait écrit dans un journal communiste un article qui n’avait pas plu aux dirigeants du parti. Il avait dû se rebiffer publiquement. Cette affaire avait ébranlé la confiance de beaucoup d’artistes dans le PC et justifiait, selon eux, leur dénonciation des membres de ce parti (Maltz lui-même fut en revanche l’un des "Dix" et alla en prison plutôt que de devenir délateur). "Je n’étais pas responsable", est une troisième excuse souvent invoquée. Les uns avaient des enfants à nourrir, les autres étaient malades, d’autres encore avaient peur qu’on révèle leur homosexualité s’ils ne collaboraient pas, les plus paniqués enfin étaient persuadés qu’on les enverrait dans quelque camp de concentration s’ils n’obtempéraient pas. "Ma conduite était subordonnée à une loyauté supérieure." Beaucoup refusaient de devenir les martyrs de la cause communiste, alors que pour la plupart ils n’y croyaient plus depuis longtemps. Navasky remarque cependant à juste titre, que la cause menacée par les méthodes du HUAC n’était pas la cause communiste mais bel et bien la liberté de parole et de pensée. Enfin, il y avait ceux qui, comme Kazan, ont peut-être cru sincèrement combattre une idéologie subversive, mais comme nous l’avons montré plus haut, les conditions dans lesquelles ils l’ont fait, sont plus que circonspectes. A leur décharge, il faut remarquer que certains délateurs, tout en donnant des noms, s’en prirent sévèrement aux méthodes du HUAC mais jamais cette partie de leur déposition n’apparaissait dans les comptes rendus des journaux.

Navasky consacre également un chapitre aux raisons qui poussèrent le HUAC à exiger de ses témoins qu’ils donnent des noms. Car enfin, le HUAC et le FBI avaient d’autres moyens de se procurer ces informations. S’il ne s’était d’ailleurs agi que d’avoir des noms, les auditions à huis clos auraient pu y suffir. Mais le HUAC obligeait bien souvent les témoins à répéter ces noms dans les auditions publiques qui prennent ainsi l’allure de cérémonies de dégradation. Un ancien communiste pouvait se repentir de son passé, mais, dans l’esprit des membres du HUAC, ce n’est qu’en donnant publiquement des noms qu’il prouvait sa volonté de se racheter. En acceptant de devenir un "mouchard", le délateur s’humiliait lui-même, à tel point que certains essayaient d’alléger leur conscience en demandant à leurs victimes le

"Comment peut-il y avoir innocence là où il n’y a pas culpabilité?"

droit de citer leur nom (9), d’autres allaient leur demander pardon après leur déposition.

On a beaucoup discuté des conséquences de la chasse aux sorcières pour les Etats-Unis en général et pour Hollywood en particulier. On a prétendu, sans doute avec quelque raison, que le muselement de bon nombre d’artistes "de gauche" a empêché dans les années 50 le développement de tout un courant progressiste du cinéma américain qui devra attendre la fin des années 60 pour renaître. Surtout, le système des listes noires a sapé la confiance sans laquelle une société ne peut pas fonctionner. A Hollywood, tout le monde se sentait coupable. Ceux qui ne travaillaient plus parce qu’ils avaient honte des conditions dans lesquelles ils faisaient vivre leur famille, ceux qui travaillaient quand même (sous de faux noms) parce qu’ils étaient un peu mieux lotis que leurs camarades, ceux qui prêtaient leur nom parce qu’on leur attribuait des mérites qu’ils n’avaient pas, ceux enfin, qui travaillaient sans être inquiétés parce qu’ils savaient qu’ils devaient leur carrière aux victimes

des listes noires qui leur avaient abandonné la place. Il est évident que tous ces sentiments, ces culpabilités, ces rancœurs, ces hargnes accumulées n’ont pas disparus du jour au lendemain. Navasky prétend qu’aujourd’hui encore, on a l’habitude à Hollywood de vérifier les listes des invités à une manifestation pour s’assurer qu’on n’y invite pas un délateur et sa victime.

Peu à peu, les listes furent pourtant abandonnées. En 1956, un certain Robert Rich reçut l’Oscar pour le scénario de "The brave One". Il n’apparut pas à la cérémonie pour la bonne raison qu’il n’existait pas, le véritable auteur étant Dalton Trumbo. En 1957, Pierre Boulle reçut pareillement l’Oscar pour le scénario de "The bridge on the river Kwai". Il eut le bon goût de ne pas aller le chercher. Chacun savait effectivement que Carl Foreman et Michael Wilson avaient écrit le film. En 1958, "The Defiant One" valut un Oscar à un certain Nathan E. Douglas qui n’était autre que Ned Young. En 1960, Otto Preminger annonça officiellement que le scénario de "Exodus" avait été écrit par Dalton Trumbo. La même année, Frank Sinatra déclara avoir employé Albert Matz pour rédiger le scénario de "The execution of Private Slovic". Et en 1962, John Kennedy va voir "Spartacus", écrit par Dalton Trumbo (5).

Reste que la chasse aux sorcières est toujours un tabou à Hollywood. On n’en parle pas et en conséquence il n’existe que deux films sur les listes noires dans le milieu du cinéma, "Guilty by suspicion" et "The Front". De façon assez révélatrice, les deux films ont pour héros des hommes qui refusent de coopérer avec le HUAC. Et de façon tout aussi révélatrice, ces deux héros ne sont pas des communistes

"Guilty by suspicion"

alors que la plupart des victimes des listes noires avaient fait partie, à un moment ou à un autre de leur vie, du PC et que "The Front" a été réalisé par des gens dont la plupart, à commencer par le réalisateur, le scénariste et un des acteurs (Zero Mostel) avaient eux-mêmes été victimes des listes. Dans le dossier de presse de "Guilty by suspicion", Irwin Winkler prend même soin de préciser qu’il ne voulait pas faire l’apologie du communisme. Son héros est présenté comme un "innocent" mais comme a dit un jour Dalton Trumbo: "Comment peut-il y avoir innocence là où il n’y a pas culpabilité?"(10)

Viviane Thill

(1) Ne sont comptés ici que les films qui traitent ouvertement de la chasse aux sorcières dans les milieux du cinéma. La télévision a par ailleurs traité quelquefois le sujet et le cinéma lui-même s’est intéressé aux effets du maccartheisme dans d’autres domaines tels que la presse.

(2) "Les délateurs" de Victor Navasky, éd. Ramsay Poche Cinéma, p. 17

(3) Marie-France Toinet démontre dans "La chasse aux sorcières" (éd. Complexe) que l’opinion publique, si elle n’était pas vraiment hostile à la chasse aux communistes, était plutôt indifférente, et ne l’a en aucun cas provoquée.

(4) Les délateurs, p. 105

(5) Encore en 1962, Robert et John Kennedy, ce dernier fraîchement élu président, durent franchir des piquets de grève pour voir "Spartacus" de Stanley Kubrick dont le scénario avait été écrit par Dalton Trumbo, l’un des "Dix" de Hollywood.

(6) C’est ainsi qu’en 1957, un film qui "n’avait été écrit par personne", remporta la Palme d’Or à Cannes. Il s’agit de "Friendly Persuasion" de William Wyler dont le scénariste Michael Wilson, mis sur une liste noire, avait réussi à interdire l’usage d’un prête-nom.

(7) Les délateurs, p. 227; il faut lire également à ce sujet les pages qu’Elia Kazan y consacre dans son autobiographie "Ma vie" (éd. Grasset)

(8) Abraham Polonsky, cité dans "Les délateurs", p. 301

(9) C’est ce qui arrive, dans "Guilty by suspicion", à Robert de Niro auquel son ami demande le droit de le nommer. Elia Kazan dit aussi l’avoir fait.

(10) Les délateurs, p. 134

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