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Il a entre 35 et 50 ans, beaucoup de succès dans sa vie professionnelle, une épouse charmante et de beaux enfants… Et pourtant, un jour, il succombe à la tentation: il croque la pomme que lui tend quelque diablesse… C’est la chute, l’expulsion du paradis, l’enfer!
Ce résumé pourrait être celui de beaucoup de films américains qui inondent nos écrans depuis quelques années. Depuis "Fatal Attraction", plus précisément, qui a posé les jalons et défini le canevas d’un récit qu’on nous ressert depuis lors, enrobé de sauces légèrement variables mais avec toujours les mêmes ingrédients.
Rappelons, pour ceux qui l’auraient oubliée, l’intrigue de "Fatal Attraction": au cours d’une soirée, l’avocat Dan Gallagher (Michael Douglas) rencontre Alex Forrest (Glenn Close), une éditrice. Alors que son épouse Beth (Anne Archer) et leur petite fille sont parties pour le week-end, Dan vit une aventure passionnée avec Alex. Pour lui, cette liaison est sans lendemain et il avait prévenu Alex avant de s’y lancer. Elle tente pourtant de s’ouvrir les veines lorsqu’il la
quitte puis commence à harceler Dan dont elle prétend attendre un enfant. La vie de l’avocat va alors devenir un véritable enfer et prendre des tournures dramatiques lorsqu’Alex tue le lapin de la petite fille de Dan puis kidnappe l’enfant pour quelques heures. Fou de rage, Dan se rend à l’appartement d’Alex et la brutalise. Il avoue ensuite sa liaison à son épouse. Alex tente d’assassiner Dan. Elle sera finalement abattue par Beth.
Le film prend soin de bien établir que Dan succombe à un moment de faiblesse, qu’il croit vivre une liaison sans lendemain. Après tout, Dan et Alex sont deux adultes (c’est ce qu’ils disent avant de passer à l’acte) et les adultes devraient être capables de vivre ce genre d’aventures avec un certain détachement. Avant d’en arriver là, nous avons cependant déjà appris plusieurs autres choses:
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toutes les femmes cherchent à plaire (Beth et son amie se demandent quelle robe mettre pour aller à un cocktail, la petite fille de Dan joue avec le rouge à lèvres),
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le sexe est une chose dont on parle avec grossièreté et qui n’est pas sans danger, même pratiquée dans les limites du mariage (lorsque Beth veut savoir ce qui est arrivé à un associé de Dan dont le cou est entouré d’un gros bandage, on lui répond qu’il s’est blessé "en baisant sa femme" et quelqu’un ajoute avec un rire gras: "vous devriez voir sa femme!"),
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la vie sexuelle de Dan n’est pas très affriolante puisque le soir, lorsqu’il veut rejoindre Beth, il découvre que leur petite fille a pris sa place dans le lit conjugal.
Peut-être cela explique-t-il que Dan fasse si peu de manières avant de mordre dans la pomme que lui propose Eve/Alex. C’est en effet elle qui tend l’appât, qui propose de passer la nuit ensemble et qui l’entraîne toujours plus loin.
L’amour qu’ils font ensemble est montré comme une chose malpropre et répugnante au sens littéral du terme: cela se passe au-dessus d’un évier plein de vaisselle sale!
Le film est aussi on ne peut plus clair quant à la nature diabolique d’Alex: alors que Dan habite dans une maison très chic en plein coeur de New York (et plus tard un coin de campagne idyllique), Alex loge dans une espèce de taudis situé près d’un abattoir où des bouchers promènent jour et nuit d’énormes masses de viande sanglantes sous le nez des passants et où brûlent des feux qui plongent la rue dans une lueur rouge du plus bel effet. Bref: c’est l’enfer!
"Basic Instinct"
Comme si cela ne suffisait pas, en allant chez Alex, ils font l’amour dans un de ces vieux monte-charges en forme de cage qui, dans les films américains, mènent toujours droit chez Lucifer (qu’on se souvient de celui qu’utilisait Mickey Rourke dans "Angel Heart"), même quand ils montent!
Au cours du film, Alex est successivement montrée comme une menteuse (elle prétend que son père est vivant alors qu’il est mort), une dépravée qui chasse les hommes mariés ("c’est parce que tu ne peux pas les avoir que les hommes mariés te paraissent plus intéressants que les autres", lui lance Dan), une hystérique (elle se met à frapper Dan quand il veut s’en aller et s’ouvre les veines), une frustrée (elle a 36 ans et pas d’enfant) et enfin une psychopathe (elle tue le lapin, puis tente d’assassiner Beth). Elle est surtout seule, comme le lui fait remarquer Dan, c’est-à-dire sans mari et sans famille. Est-ce pour cette raison que le film semble sous-entendre qu’elle n’est pas tout à fait une "vraie femme"? Son prénom est masculin et son physique assez anguleux. De la femme, Alex n’a que les mauvais côtés.
Face à Alex, il y a Beth, femme maternelle s’il en est, uniquement préoccupée du bonheur de son mari et de sa petite fille, qui passe ses journées à rejoindre la maison et à la remplir de photos reproduisant l’image de son bonheur familial. Quand Alex découvre ce bonheur (elle se trouve à l’extérieur, dans le froid, et observe Dan et sa famille assis devant la cheminée), elle vomit! Plus qu’à l’homme, c’est à la famille qu’elle en veut parce qu’elle n’en a pas. Echouant à s’en créer une (contre nature) en forçant Dan à être le père de son propre enfant, elle s’acharne à détruire la famille de Beth. Aussi n’est-il pas étonnant que ce soit Beth qui abat Alex dans un final qui compte parmi les plus grandguignolesques qu’on ait vu au cinéma. Et le film de se clore sur une ultime photo de famille rassemblant Dan, Beth et leur petite fille!
Le succès de ce film ne parut à l’époque guère rassurant: "… On ne peut que s’inquiéter de l’idéologie qui suinte de cet ode au mariage et à la famille. Les réactions hystériques d’une part du public américain lors des deux scènes où Michael Douglas tabasse violemment Glenn Close, et les menaces de mort reçues par l’actrice sont bien là pour nous démontrer le symbolique malaise de cette première oeuvre post-SIDA, parfaitement représentative d’une morale ultra réac que l’on croyait enterrée depuis longtemps", remarquait Philippe Ross dans la "Saison cinématographique 1988".
Ross n’avait pas tort de s’inquiéter puisque le cinéma américain, encouragé par l’accueil réservé au film d’Adryan Lyne, ne s’est pas gêné pour continuer sur cette belle lancée. Depuis quatre ans, les films se suivent et se ressemblent. Même si le schéma inauguré par "Fatal Attraction" est rarement reproduit aussi fidèlement que dans le récent "Consenting Adults", la morale est la même: le sexe hors mariage est dangereux; en cas d’adultère, c’est l’enfer garanti!
Le titre du film "Consenting Adults" fait directement référence à un passage de "Fatal Attraction". Le héros en est une nouvelle fois un homme d’une quarantaine d’années, compositeur de musique de pub et père d’une fillette, époux heureux d’une charmante femme avec laquelle il habite une banlieue bour-
geoise. L’arrivée d’un nouveau voisin perturbe cette vie tranquille. Celui-ci persuade en effet notre héros qu’il mène une vie trop pépère et que le temps est revenu de prendre des risques et de se lancer dans de nouvelles aventures. Il propose l’échange de leurs épouses respectives! D’abord choqué, le protagoniste se laisse bien vite séduire par l’épouse du voisin, une femme assez mystérieuse qu’il épie la nuit par la fenêtre. Un soir, il craque et convient avec le voisin que chacun ira rejoindre la femme de l’autre.
"You should not covet your neighbour’s wife", avait pourtant prévenu la publicité du film! Les conséquences seront en effet désastreuses: le lendemain, la voisine est découverte morte, sauvagement assassinée avec une batte de base-ball. Pour avoir succombé à un moment de faiblesse, le protagoniste va perdre sa femme (que récupère le voisin, désormais veut), sa famille, sa maison, sa liberté et presque sa vie! Deux femmes mourront par sa faute.
Le film est un thriller et nous apprendrons à la fin que le voisin est en réalité un psychopathe qui avait ourdi une sombre machination pour s’approprier la femme et la maison du malheureux héros. N’empêche que rien ne serait arrivé si celui-ci n’avait pas succombé à la tentation. Au thème de la femme tentatrice et fatale, le film en superpose ainsi un deuxième, également très prisé par le cinéma américain ces dernières années, qui est celui de l’intrus, de l’étranger (voisin, baby-sitter ou "room-mate") qui s’immisce dans la famille et finit par en menacer la quiétude.
"Presumed innocent" a pour héros le procureur Rusty Sabich, "un homme qui a réussi. Sur le plan privé, Rusty, qui est père de famille, est heureux en ménage. Ce qui ne l’a pas empêché quelque temps plus tôt d’avoir une liaison orageuse avec l’une de ses collègues. La vie de Rusty chavira le jour où cette dernière est assassinée" (1) Rusty est soupçonné du meurtre mais son avocat arrache un non-licu au tribunal. C’est plus tard que Sabich découvre par hasard une preuve de la culpabilité de sa femme qui avait donc éliminé purement et simplement sa rivale. Mais Sabich "se refuse à la dénoncer, tournant ainsi le dos aux principes qui ont forgé sa vie…" (1). Et le film, bien entendu, lui donne raison! Après tout, c’est lui qui avait péché le premier!
Dans "Body of evidence", Rebecca (Madonna) est soupçonnée d’avoir prémédité le meurtre de son amant (dont elle hérite plusieurs millions de dollars), trépassé en pleine extase. Elle fait appel à l’avocat Frank Dulaney (W.Dafoe), un brave père de famille qui se laissera totalement subjuguer par Rebecca jusqu’à croire en son âme et conscience qu’elle est innocente. Entre les séances du tribunal, il succombe bien entendu au charme de la diablesse et se laisse initier à des plaisirs jusque-là inconnus. "L’arme du crime, c’est le corps de la femme", avait pourtant déclaré l’avocat général en désignant Rebecca car le brave homme était persuadé (et on apprendra à la fin qu’il avait raison) que cette fausse blonde avait assassinée son vieil amant en lui faisant sauvagement l’amour alors qu’elle le savait cardiaque!
Rebecca mourra par la main d’un de ses anciens complices qu’elle avait abandonné. Ce qui permet à l’avocat général de conclure: "Chacun a eu ce qu’il méritait!" La femme de Frank n’a donc pas à intervenir
La morale est toujours la même: le sexe hors mariage est dangereux; en cas d’adultère, c’est l’enfer garanti!
Le véritable
enjeu de cette
tendance
récente du
cinéma
américain: la
peur de la
femme!
mais du moins arrive-t-elle immédiatement après le
dénouement pour récupérer son mari qui, en compa-
raison avec les héros des films précédemment cités,
l’aura en définitive échappé belle!
L’extase se révèle également fatale dans "Basic Ins-
tinct" dans lequel une femme assassine régulièrement
ses amants au moment décisif en leur enfonçant un
pie de glace (objet phallique s’il en est!) dans le
corps! Le protagoniste (encore Michael Douglas) en-
quête sur l’affaire et finira par jouer avec le feu (si
l’on peut dire en l’occurrence) en devenant l’amant
de la principale suspecte. L’homme n’est pas marié,
il n’est donc ici pas question d’adultère mais l’idée
initiale est la même: toute relation sexuelle pratiquée
hors mariage est dangereuse. La femme fatale incar-
née par Sharon Stone est la tentatrice par excellence:
habillee d’une robe blanche qui n’a rien d’innocent,
cette femme à la sexualité agressive prend un malin
plaisir à exciter les hommes qui l’interrogent. Non
contente de le dévoyer sexuellement, elle encourage
de plus le héros à se remettre à boire et à fumer!
Le mérite de "Basic Instinct" réside dans une certaine
ambiguïté morale: on ne saura jamais si la suspecte
est ou n’est pas la meurtrière et elle ne sera pas punie.
Au contraire, le héros continuera à braver le danger
et restera l’amant de cette femme d’autant plus me-
naçante qu’elle est bisexuelle, c’est-à-dire qu’elle est
susceptible de vivre sa sexualité (et de vivre tout
court) en se passant des hommes.
Parce qu’il ne joue pas la carte des bons sentiments
et de la famille réunifiée, "Basic Instinct" dévoile
peut-être plus clairement que les autres films de la
série le véritable enjeu de cette tendance récente du
cinéma américain: la peur de la femme! Car enfin, le
SIDA, et le danger réel qu’il apporte dans les rela-
tions sexuelles, n’est pas seul en cause. A un collègue
qui lui conseille de se servir d’un préservatif, le héros
de "Basic Instinct" répond que le SIDA est bien le
moindre des dangers qui le guettent! D’ailleurs, les
personnages principaux de ces films sont toujours des
hommes et le danger vient toujours de la femme, ja-
mais le contraire!
Tout se passe donc plutôt comme si le cinéma amé-
ricain, qui s’est toujours méfié des femmes (bonnes,
dans les westerns, elles veulent domestiquer les
hommes; mauvaises, dans les films noirs, elles les
pervertissent), avait trouvé dans le SIDA un prétexte
pour jeter une nouvelle fois l’anathème sur la gente
féminine.
A l’exception de "Basic Instinct", tous les films cités
ci-dessus divisent les femmes en deux catégories bien
connues: la maman et la putain. Toute femme qui
n’est pas l’un est forcément l’autre. Or, alors que la
mère est "une grande institution aux Etats-Unis" (2),
face à elle, la femme sans famille n’a qu’un but dans
la vie: arracher à l’homme son innocence et sa pureté,
ce qu’elles font toutes dans les films cités. Dans ses
"Grands thèmes du cinéma américain", Michel Cieu-
tat conclut: "Hollywood regarde ces filles d’Eve à
travers son filtre machiste, misogyne et puritain, puis
les condamne sans le moindre appel". (2)
Si le cinéma américain sent la famille si gravement
menacée par la simple existence de celles qui vivent
en-dehors de cette institution, c’est sans doute aussi
parce que celle-ci est plus fragile qu’Hollywood ne
veut bien l’avouer. Dans un article sur "Cape Fear"
(où l’infidélité supposée du mari ne déclenche pas
directement le drame mais est l’un des enjeux d’une
histoire dans laquelle la sexualité est toujours mise
au premier plan et le cauchemar que vit le héros pré-
senté comme une "punition" divine), Jacqueline Na-
cache remarque dans la "Revue du Cinéma" que, dès
le début, "la vie bourgeoise des Bowden et de leur
fille, bâtie plus ou moins solidement sur les limites
de l’hypocrisie ordinaire, était condamnée à l’échec"
(3). Cette constatation pourrait s’appliquer aux cou-
ples des autres films cités.
Bien sûr, tous les films ne sont pas aussi schémati-
ques dans leur approche de la sexualité en général et
de l’adultère en particulier. Dans "Jungle Fever",
Spike Lee part par exemple des mêmes bases (un
homme aisé, bon père et bon époux, trompe sa femme
avec une collègue de bureau) mais complique l’his-
toire en y introduisant le problème de l’amour inter-
racial. Cependant, la femme n’est pas condamnée et
le problème sentimental et familial est décrit avec da-
vantage de nuances.
Les cinéastes européens traitent aussi le problème des
relations sexuelles, mais de façon nettement moins
schématique et surtout moins moralisante. "Après
l’amour" de Diane Kurys en est un bel exemple dans
lequel Bernard Gireaudau se partage entre Isabelle
Huppert et Lio. "Damage" de Louis Malle semble en
revanche se rapprocher du schéma américain puisque
le mari infidèle y perd son fils, sa famille, sa carrière
et sa maison, mais Malle tire son film davantage vers
la tragédie tout en jouant sur le thème de la femme
fatale comme sur celui de l’hypocrisie de la vie fami-
liale.
Aux Etats-Unis même, il existe d’ailleurs, face au cinéma qui célèbre la famille et la femme au foyer, un autre cinéma, tout autant orienté vers le grand public, qui met en scène des femmes seules et fortes. Pour des raisons diverses qui les regardent, celles-ci n’ont pas ou plus de famille et elles sont néanmoins décrites comme des héroïnes très positives. On peut citer, dans cette catégorie, des oeuvres telles que "Silence of the lambs", "Thelma and Louise", "Little Man Tate", "Fried Green Tomatoes", "A league of their own" ou "Mortal thoughts". Des actrices comme Jodie Foster, Geena Davis, Susan Sarandon, Whoppi Goldberg ou Sigourney Weaver semblent se spécialiser dans ce genre de rôles. La récente nomination aux Oscars de Catherine Deneuve pour le film "Indochine" dans lequel elle interprète une héroïne de la même trempe, va dans un sens comparable.
On a souvent remarqué que bon nombre de ces femmes s’approprient la violence jadis réservée aux hommes. Dans "Thelma and Louise" Thelma quitte son mari et Louise abat un violeur. Dans "Mortal thoughts", deux femmes se débarrassent du mari machiste et violent de l’une d’entre elles. Pareillement,
dans "Fried green tomatoes", deux amies éliminent le mari de l’une d’elles parce qu’il la battait. A croire que les mâles américains n’ont pas tout à fait tort de se méfier de ces femmes!
Viviane Thill
(1) Yves Alion dans "La Saison Cinématographique 1990"
(2) Michel Cieutat dans "Les grands thèmes du cinéma américain", ed. du Cerf, coll. 7e Art
Films:
"Fatal Attraction" d’Adrian Lyne (USA 1987) avec Michael Douglas, Glenn Close, Anne Archer; scénario de James Dearden
"Presumed innocent" de Alan J. Pakula (USA 1990) avec Harrison Ford, Bonnie Bedelia, Greta Scacchi; scénario de Frank Person et Alan J. Pakula d’après le roman de Scott Turow
"Jungle Fever" de Spike Lee (USA 1990) avec Wesley Snipes, Annabella Sciorra; scénario de Spike Lee
"Cape Fear" de Martin Scorsese (USA 1991) avec Robert de Niro, Nick Nolte, Jessica Lange
"Basic Instinct" de Paul Verhoeven (USA 1992) avec Michael Douglas, Sharon Stone
"Body of Evidence" d’Uli Edel (USA 1992) avec Madonna, Willem Dafoe, Anne Archer; scénario de Brad Mirman
"Consenting Adults" de Alan J. Pakula (USA, 1992) avec Kevin Klein, Mary Elizabeth Mastrantonio
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